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dimanche 9 mai 2010

Merkel est NRW ?

Ce dimanche 9 mai avait lieu dans le Nordrhein-Westfalen (ou NRW) les élections régionales. Cette région était gouvernée depuis 5 ans par la droite, après 40 ans de domination à gauche. C'est donc plus ou moins un « retour à la normale » qui s'est opéré aujourd'hui avec la défaite des conservateurs et libéraux.

Une fois de plus, la chute de la CDU (droite conservatrice, parti de Merkel) ne s'est pas traduite par une remontée du SPD (socialistes). Les verts sont les grands gagnants, ils doublent leur résultat précédent avec plus de 12%. Et l'extrême gauche, Die Linke, confirme son implantation partout en Allemagne en rentrant dans un parlement régional supplémentaire. Cependant, l'entrée de Die Linke ne semble pour l'instant (les résultats ne sont pas définitifs) pas empêcher une coalition « rouge verts » (SPD et vert) pour gouverner.

Ce scrutin régional a une forte influence nationale. D'abord parce qu'un allemand sur cinq habite en NRW... Ensuite parce que le NRW, c'est 6 voix (sur 69) au Bundesrat, la chambre haute allemande. Et ce n'est pas proportionnel, les partis au gouvernement emportent l'ensemble de la mise. Cela fait perdre la majorité aux conservateurs et libéraux, et le Bundesrat a le pouvoir de bloquer énormément de lois (tout ce qui touche de près ou de loin aux revenus des régions, ou à leurs domaines de compétences qui sont définies dans la loi fondamentale allemande).

Ça sent donc le sapin pour de nombreuses réformes prévues, en particulier la réforme de la fiscalité. Il faudra que le gouvernement arrive à trouver des compromis avec une partie de l'opposition. La « bonne nouvelle » c'est que contrairement à ce qu'on peut lire dans les journaux français, il ne sera pas nécessaire à la droite de se mettre d'accord avec le SPD. Les voix des verts, qui gouvernent avec la droite en Sarre et à Hambourg, suffiront (parce que oui, le Bundesrat c'est compliqué...).

Et maintenant, c'est reparti pour un an. Les prochaines élections se dérouleront en 2011, avec le renouvellement de six parlement régionaux sur les seize que compte l'Allemagne.

dimanche 27 septembre 2009

Plouf plouf le SPD

La soirée électorale en Allemagne commence à être bien avancée et cette fois-ci pas de surprise ni de suspens comme les deux premières élections (il y a 8 ans le candidat de droite se déclarait vainqueur vers 20h avant d'être finalement vaincu, en 2005 la grande inconnue était le nombre de sièges exacts de la CDU/CSU et du SPD pour savoir le plus grand groupe à l'assemblée, à qui reviendrait la chancellerie (la CDU de Merkel avait finalement gagné, d'un siège, entraînement la retraite de Gerard Schröder). En bref, le SPD s'est effondré et la droite revient complètement seul au pouvoir avec une alliance des libéraux et des conservateurs.

La CDU n'a pourtant pas de quoi pavoiser, perdant elle aussi des voix. Elle gagnera cependant des sièges mécaniquement, du fait du système allemand à deux voix par électeur. Une voix pour un candidat de circonscription élu au suffrage uninominal à un tour, la seconde pour une liste à la proportionnelle. La première moitié des candidats est donc habituellement soit SPD, soit CDU, aucun autre parti ne pouvant prétendre à être premier sur une circonscription. La débâcle du SPD fait passer en tête la CDU à de nombreux endroits (exemple à Leipzig, bastion de gauche, avec 65% des voix SPD+Linke+Verts. La CDU gagne, première avec 28% des voix...), voir même à Die Linke dans l'Est.

Pour les deux « grands » partis, c'est la suite d'une chute qui semble sans fin, alors qu'ils avaient environ 80% des voix il y a 10 ans à eux deux, ils en rassemblent moins de 60% désormais.

Ces élections étaient l'occasion pour la presse française de parler énormément d'Allemagne (et on en reparlera certainement avec la chute du mur). J'ai vu beaucoup de sottises, d'informations fausses, mais aussi quelques articles qui méritent à mon avis qu'on y jette un œil. Le premier sur la loi Hartz IV, symbole de la droitisation du SPD qui le paie certainement encore aujourd'hui. Le second sur la Saxe, et surtout les libéraux en fait. Le Zastrow dont il est question en fin d'article était candidat dans ma circonscription aux municipales puis régionales à Dresde quand j'y étais encore. Enfin, une courte introduction au Piraten Partei (qui n'entrera pas au parlement cette fois-ci, avec 2% des voix. Ils sont cependant le plus gros des partis non représentés au parlement).

Ce qui me semble inquiétant c'est la diminution de la participation, qui tombe à 71%, perdant 6% (et battant le record d'abstention de 2005...). Avantage par rapport à la France, on est automatiquement inscrit sur les listes électorales, ce chiffre représente donc l'ensemble des votants potentiels. Mais tout de même, cette chute n'est pas belle à voir. Espérons que la fin de la grande coalition redonne un peu de vie à tout ça.

dimanche 15 février 2009

Petit complément

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Bundesrat, sans jamais oser le demander.

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Un peu de politique

Bon c'est pas forcément intéressant pour grand monde, mais après quelques discussions sur l'extrême droite, voici un peu de culture générale sur le système politique allemand.

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dimanche 28 septembre 2008

Nouvelles du front

Aujourd'hui c'était les élections régionales en Bavière, premier Länder allemand en superficie et second en population (c'était aussi l'OktoberFest, mais c'est une autre discussion). Pour la petite histoire, la CSU, sœur de la grande CDU dans tout le reste de l'allemagne, est le parti de droite local. Il avait à lui seul la majorité au parlement de Bavière depuis 1962.

Et là le moins qu'on puisse dire c'est qu'il s'agit d'un grand revers électoral, avec seulement 43% des voix (contre 60% aux dernières élections), la CSU est en perdition. Et cela ne profite même pas à la gauche (SPD) qui continue de faire un score catastrophique et habituel dans ces contrées (en fait j'actualise : même s'ils ne volent souvent pas haut, c'est leur plus mauvais résultat de l'histoire). Cette élection est donc une très mauvaise nouvelle pour la grande coalition au niveau national, ça ne risque pas d'aider le gouvernement à trouver des compromis avant les élections législatives (et européennes) de l'an prochain. Seule consolation pour eux certainement, Die Linke, parti d'extrême gauche, ne parvient pas à entrer au parlement, ce qui aurait été une grande première dans un Länder comme la Bavière. Ils échouent de peu avec 4,7% (contre 5% nécessaire), ce qui change déjà énormément la donne électorale.

En bref les résultats pour ceux qui ça intéresse (avec en parenthèse les résultats d'il y a 5 ans) :

Les partis qui restent au parlement :

  • CSU 43% (60,7%)
  • SPD 18,8% (19,7%)
  • Verts 9,1% (7,7%)

Les partis qui entrent (qui reviennent en réalité) au parlement :

  • Freien Wähler 10,3% (4,0%) (un groupe qui se veut sans clivage politique. Je n'ai pas vraiment trouvé leur programme, l'idée générale est qu'ils interviennent pour améliorer la gestion locale. Ils n'ont aucune ambition nationale).
  • FDP 8,1% (2,6%). Les libéraux sont les alliés traditionnels de la CDU/CSU. Cependant ils sont dans l'opposition du fait de la grande coalition. Il est probable qu'ils entreront au gouvernement de Bavière.

Le reste qui n'est pas au parlement :

  • Die Linke, 4,7% (pas représentés aux dernières élections, le parti n'existait pas encore. Et pas de traces de leurs "ancêtres" non plus.)
  • 6,0% de voix à des partis divers (5,5% au total aux dernières élections)

Les enjeux politiques de cette élection concernaient aussi l'élection du président d'Allemagne, élu au suffrage indirect (et n'ayant que peu de pouvoirs). En effet le SPD a décidé de présenter un candidat contre le président sortant, et les quelques voix perdues par la CSU pourraient faire la différence l'an prochain. C'est la première fois qu'un président sortant se représente sans être certain d'être réélu.

jeudi 26 juin 2008

Clichés du coin

Hier soir, c'était vous le savez peut-être (nous on a pas vraiment le choix d'être au courant) la demi finale de la coupe d'europe de football. Turquie contre Allemagne, une jolie affiche dans un pays ou les Turques représentent la première communauté avec plus de deux millions de résidents. Bref plein de mondes dans les rues, et une ambiance en théorie sympathique. Malheureusement la Saxe ne s'est pas vraiment illustrée pour sa bonne humeur avec la participation à la fête de quelques groupes néo-nazis (heureusement ultra ultra minoritaires, mais il en suffit toujours de quelques uns) .

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dimanche 8 juin 2008

Résultats des élections

Je vous parlais récemment du fait que j'avais été convoqué pour les élections. Comme j'étais à Leipzig (et que j'avais peur qu'il soit compliqué de faire comprendre qu'il était normal que ma carte d'identité soit périmée) je n'y ai pas participé (mais ça m'a permis d'avoir une bonne raison de m'intéresser à la vie politique locale). Et bien en voici les résultats. On peut admirer l'implantation locale de la CDU dans ce coin de pays, et les scores qui font vraiment peur du SPD, qui lui fait les plus mauvais scores du pays en Saxe (respectivement les partis principaux de droite et de gauche du pays). Cela reste cependant un très bon score pour la CDU, même ici, ils n'avaient cumulés que 21 sièges sur les 70 que compte l'hôtel de ville aux dernières élections.

Second tour dans deux semaines, dont je n'ai pas encore vraiment compris les conditions de maintien (a priori tout le monde sauf les trois petits candidats).

Ajout : je suis impressionné par la facilité de trouver les résultats officiels complets. (et pour information mon bureau de vote aurait du être le Südvorstadt-West(Schnorrstr-West) (81400))