Ce dimanche 9 mai avait lieu dans le Nordrhein-Westfalen (ou NRW) les élections régionales. Cette région était gouvernée depuis 5 ans par la droite, après 40 ans de domination à gauche. C'est donc plus ou moins un « retour à la normale » qui s'est opéré aujourd'hui avec la défaite des conservateurs et libéraux.
Une fois de plus, la chute de la CDU (droite conservatrice, parti de Merkel) ne s'est pas traduite par une remontée du SPD (socialistes). Les verts sont les grands gagnants, ils doublent leur résultat précédent avec plus de 12%. Et l'extrême gauche, Die Linke, confirme son implantation partout en Allemagne en rentrant dans un parlement régional supplémentaire. Cependant, l'entrée de Die Linke ne semble pour l'instant (les résultats ne sont pas définitifs) pas empêcher une coalition « rouge verts » (SPD et vert) pour gouverner.
Ce scrutin régional a une forte influence nationale. D'abord parce qu'un allemand sur cinq habite en NRW... Ensuite parce que le NRW, c'est 6 voix (sur 69) au Bundesrat, la chambre haute allemande. Et ce n'est pas proportionnel, les partis au gouvernement emportent l'ensemble de la mise. Cela fait perdre la majorité aux conservateurs et libéraux, et le Bundesrat a le pouvoir de bloquer énormément de lois (tout ce qui touche de près ou de loin aux revenus des régions, ou à leurs domaines de compétences qui sont définies dans la loi fondamentale allemande).
Ça sent donc le sapin pour de nombreuses réformes prévues, en particulier la réforme de la fiscalité. Il faudra que le gouvernement arrive à trouver des compromis avec une partie de l'opposition. La « bonne nouvelle » c'est que contrairement à ce qu'on peut lire dans les journaux français, il ne sera pas nécessaire à la droite de se mettre d'accord avec le SPD. Les voix des verts, qui gouvernent avec la droite en Sarre et à Hambourg, suffiront (parce que oui, le Bundesrat c'est compliqué...).
Et maintenant, c'est reparti pour un an. Les prochaines élections se dérouleront en 2011, avec le renouvellement de six parlement régionaux sur les seize que compte l'Allemagne.
Pas de murs pour tourner à chaque longueur, mais on a vu pire comme désavantages.
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