Petit retour sur le résultat des élections européennes

Les élections européennes c'était maintenant il y a bien longtemps, mais je propose un bref retour sur le résultat comparé des élections en Allemagne et en France. Pour rappel, les allemands pouvaient élire un député européen avec bien peu de suffrages. En France au contraire, le découpage en grandes régions et la méthode de calcul des sièges à la proportionnelle rend très difficile la vie des petits partis.

Pour l'Allemagne, le premier fait notable est la participation. 30 millions d'électeurs allemands étaient aux urnes (soit 48% de participation). C'est bien mieux que les années 2009 et 2004 (43%), mais aussi que 1999 (45%). De mon point de vue, il y a au moins deux raisons à ça. D'abord, la suppression de la barre des 5% motive l'électeur, il a la garantie que son vote sera utile. Ensuite, l'affichage des têtes de listes pour la présidence de la commission était un vrai débat en Allemagne. Le fait que le candidat des sociaux démocrates soit allemand y contribuait probablement.

Au delà de la participation, l'Allemagne est probablement le pays ayant envoyé le plus de partis au parlement. Grâce à la suppression de la barre, ce sont en effet pas moins de 14 partis qui seront représentés au parlement européen. Les arrondis sont très favorables aux plus petits partis. Ainsi, le parti représenté avec le moins de suffrages plafonnait à 0,63% des voix, soit 184 525 bulletins. À comparer avec le million de voix et les trois députés des libéraux.

Parmi ces petits partis, la presse française a très largement relayé l'élection du député néo-nazi. Ils auraient aussi pu noter le député de « Die Partei », un parti qui se veut humoristique. Ils ont prévenu qu'ils ne siégeraient pas, et que le principe sera de démissionner tous les mois pour faire tourner le salaire de député à l'ensemble de la liste. On a aussi le parti des familles, le parti de protection des animaux, les pirates, un petit parti écologiste, et les électeurs libres (qui est en réalité un parti de droite, implanté surtout en Bavière).

Sur les gros partis, pas de grosse surprises. Les libéraux sont une nouvelle fois KO à 3,3%. La CDU/CSU de Merkel recule, mais reste tout de même à 35% des voix. Et c'est surtout la CSU qui est en cause, ce qui est presque une bonne nouvelle pour Merkel. Le SPD se refait une santé en remontant à 27% des voix. Au total, la « grande coalition » au pouvoir aura donc obtenue 62% des voix. La seule nouveauté est la confirmation de la force des euros-sceptiques, avec 7% des voix. À voir s'ils parviennent à garder ce rôle de parti contestataire, qui change régulièrement en Allemagne. Ils pourraient être aidés par le calendrier : les élections régionales en Saxe sont en fin d'année, et la Saxe est un terreau fertile pour eux.

Et ensuite, ces députés, que sont-ils devenus ? Ils ont finalement un comportement très allemand... Si dans certains pays, il est difficile d'imaginer que plusieurs partis soient dans le même groupe au parlement, ça ne dérange personne en Allemagne. Le groupe des verts européens contient donc trois partis différents. L'extrême gauche en aura deux, tout comme les libéraux. Seuls deux députés n'ont pas rejoints de groupes (le néo-nazi, et l'humoriste).

Pour rire un peu, une petite évaluation des résultats en sièges avec le système allemand appliqué à la France. On a bien évidemment les perdants :

  • Front national : 20 sièges (contre 24)
  • UMP : 17 sièges (contre 20)
  • PS : 11 sièges (contre 13)

Les petits gagnants :

  • UDI/Modem : 8 sièges (contre 7)
  • Verts : 7 sièges (contre 6)
  • Front de gauche : 5 sièges (contre 4)

Les partis sans élus passeraient :

  • Debout la république : 3 sièges
  • Nouvelle donne : 2 sièges
  • Nous citoyens : 1 siège

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