La soirée électorale en Allemagne commence à être bien avancée et cette fois-ci pas de surprise ni de suspens comme les deux premières élections (il y a 8 ans le candidat de droite se déclarait vainqueur vers 20h avant d'être finalement vaincu, en 2005 la grande inconnue était le nombre de sièges exacts de la CDU/CSU et du SPD pour savoir le plus grand groupe à l'assemblée, à qui reviendrait la chancellerie (la CDU de Merkel avait finalement gagné, d'un siège, entraînement la retraite de Gerard Schröder). En bref, le SPD s'est effondré et la droite revient complètement seul au pouvoir avec une alliance des libéraux et des conservateurs.

La CDU n'a pourtant pas de quoi pavoiser, perdant elle aussi des voix. Elle gagnera cependant des sièges mécaniquement, du fait du système allemand à deux voix par électeur. Une voix pour un candidat de circonscription élu au suffrage uninominal à un tour, la seconde pour une liste à la proportionnelle. La première moitié des candidats est donc habituellement soit SPD, soit CDU, aucun autre parti ne pouvant prétendre à être premier sur une circonscription. La débâcle du SPD fait passer en tête la CDU à de nombreux endroits (exemple à Leipzig, bastion de gauche, avec 65% des voix SPD+Linke+Verts. La CDU gagne, première avec 28% des voix...), voir même à Die Linke dans l'Est.

Pour les deux « grands » partis, c'est la suite d'une chute qui semble sans fin, alors qu'ils avaient environ 80% des voix il y a 10 ans à eux deux, ils en rassemblent moins de 60% désormais.

Ces élections étaient l'occasion pour la presse française de parler énormément d'Allemagne (et on en reparlera certainement avec la chute du mur). J'ai vu beaucoup de sottises, d'informations fausses, mais aussi quelques articles qui méritent à mon avis qu'on y jette un œil. Le premier sur la loi Hartz IV, symbole de la droitisation du SPD qui le paie certainement encore aujourd'hui. Le second sur la Saxe, et surtout les libéraux en fait. Le Zastrow dont il est question en fin d'article était candidat dans ma circonscription aux municipales puis régionales à Dresde quand j'y étais encore. Enfin, une courte introduction au Piraten Partei (qui n'entrera pas au parlement cette fois-ci, avec 2% des voix. Ils sont cependant le plus gros des partis non représentés au parlement).

Ce qui me semble inquiétant c'est la diminution de la participation, qui tombe à 71%, perdant 6% (et battant le record d'abstention de 2005...). Avantage par rapport à la France, on est automatiquement inscrit sur les listes électorales, ce chiffre représente donc l'ensemble des votants potentiels. Mais tout de même, cette chute n'est pas belle à voir. Espérons que la fin de la grande coalition redonne un peu de vie à tout ça.