lundi 21 janvier 2013

Basse-Saxe, mauvaise nouvelle pour Merkel

Cette année, c'est les élections fédérales en Allemagne, et Angela Merkel remettra en jeu son poste de chancelier à la fin de l'année. Les éventuelles élections intermédiaires sont donc scrutées de près, mais il y en a peu. En gros, sauf chute de coalition (qui peut toujours se produire), il y a cette année la Basse-Saxe et la Bavière, et peut-être la Hesse. Pour la Bavière, ce sera probablement juste avant les élections fédérales (car « la région de Bavière est trop importante pour organiser le vote la même journée que le fédéral », en gros). Pour la Hesse, ce sera après.

On a donc notre scrutin de Basse-Saxe qui sert de test à six mois des élections fédérales, avant un gros vide. Et c'est pas un petit morceau, avec 8 millions d'habitants c'est le quatrième état le plus peuplé. En plus, il a le bon goût de récemment toujours voter comme l'Allemagne le fait au niveau fédéral.

En coalition sortante, on avait une classique alliance Noire-Jaune, à savoir les libéraux et les conservateurs d'Angela Merkel. Je vous ai déjà écrit plusieurs fois ici dans quel état pouvaient être les libéraux, et leur nouveau chef jouait sa tête sur le scrutin. S'ils ne dépassaient pas les 5% (comme l'annonçait tous les sondages ou presque), on pouvait s'attendre à une nouvelle crise (le président actuel du FDP venant de Basse-Saxe).

Et bien entendu, les traditionnelles voix du Bundesrat étaient en jeu. Merkel a déjà perdu depuis longtemps la majorité dans la chambre haute, mais ce n'était pour autant pas encore une situation de majorité pour les verts et le SPD (on peut être "neutre" quand les coalitions régionales ne sont pas d'accord sur un texte de loi). Avec 6 voix de plus, l'opposition sera en situation de majorité constructive.

Et pour les résultats, ça donne :

  • CDU :36,0% (-6,5%), 54 sièges
  • SPD : 32,6% (+2,3%), 49 sièges
  • Verts : 13,7% (+5,7%), 20 sièges
  • FDP : 9,9% (+1,7%), 14 sièges
  • Die Linke : 3,1% (-4,0%)
  • Pirates : 2,1%

Le SPD et les Verts arrachent donc d'une voix la majorité. La gauche de la gauche sort du parlement, ils n'auront pas réussi à y rester plus d'un mandat. Les pirates ne parviennent pas à transformer non plus la vague qui les portait depuis quelques élections, ce qui profite très certainement aux verts.

Dans le détail de la droite, on pourrait se dire « tout est de la faute de la CDU », avec des libéraux qui parviennent à un score historique de presque 10%. Mais tous les journaux semblent dire l'inverse. Ce qui s'est probablement passé en réalité, c'est qu'une partie de la droite a eu peur que le FDP disparaisse de nouveau d'un parlement régional, empêchant toute chance de coalition. Les électeurs de la CDU se sont donc portés massivement sur le FDP pour qu'ils dépassent les 5%, avec un effet assez impressionnant. D'ailleurs en première voix, pour l'élection directe des candidats, ils dépassent à peine les 3%. On est probablement beaucoup plus dans le coup de bol et l'effet sondage qu'une véritable adhésion.

Pour Merkel, c'est donc une mauvaise nouvelle. Elle perd encore un parlement régional. Elle va avoir un Bundesrat encore plus emmerdant qu'avant. Elle ne peut pas compter sur les libéraux, qui ne s'en sortent qu'en prenant des voix temporairement à la CDU. Le SPD s'en sort requinqué, après quelques semaines difficiles de critiques de leur candidat à la chancellerie. La CDU reste encore et toujours le premier parti, mais le manque d'espoir de former une coalition risque de peser le 22 septembre.

mardi 15 janvier 2013

Munin, retour à la normale

J'avais critiqué la nouvelle version de Munin car elle supprimait la possibilité de générer des graphiques par cron. Je n'étais probablement pas le seul à considérer que c'était une régression, car :

  • Il est maintenant de nouveau possible de générer les graphiques par cron
  • C'est redevenu le mode par défaut du paquet Debian, avec la justification : « switching back to cron graphing (as it better for small setups) ».

Je ne peux qu'applaudir des deux mains. J'ai de nouveau mes graphiques en direct quand je vais les voir, je ne suis plus obligé d'attendre un temps assez important qu'ils se génèrent (sur une machine avec un petit processeur, ça se sent vraiment). Et la configuration est bien plus simple en cron qu'en CGI, notamment car ça fonctionne très facilement avec n'importe quel serveur Web.

Edit : c'était évidemment trop beau pour être vrai. On commence par rire devant ce bug, qui provoque l'écriture de milliers de lignes toutes les 5 minutes pour ne rien dire. On continue avec celui-là. Essayer d'écrire à la racine du système de fichier, c'est tout de même peu courant.

lundi 7 janvier 2013

Nouvel an

Pour la première fois, j'étais en Allemagne pour le changement d'année. Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était très impressionnant. Nos voisins du Rhin ont une tradition : tirer des fusées d'artifices, en grand nombre. Nul besoin pour les autorités d'en organiser un, l'ensemble de la ville devient un immense champ de tir.

J'ai pu en profiter depuis un toit permettant d'avoir une vue à 360 degrés sur la ville. Et nul besoin de réfléchir à la direction du regard, les explosions provenaient de partout. Ça commence avant minuit, et se poursuit pendant une bonne heure en ralentissant très doucement. Je n'avais vraiment rien vu de ce genre dans ma vie, avec un nuage se générant petit à petit au fil des explosions. En redescendant dans la rue, ça sentait la poudre.

L'inconvénient, c'est que le cliché de l'allemand respectueux de son environnement en prend un coup. Les cartons des fusées, des pétards, et tous les emballages qui vont avec, sont tout simplement laissés sur place. Les rues ressemblent à une énorme poubelle, et rien n'est épargné. Les bords de l'Elbe comportaient encore de nombreux déchets quelques jours plus tard. Autre inconvénient, j'ai pu lire dans les journées que les pompiers passent vraiment une mauvaise nuit.

En tout cas, je recommande de le faire au moins une fois dans sa vie, ça en met vraiment plein la vue.

jeudi 6 décembre 2012

Les feux tricolores

La vie de cycliste à Rennes offre bien des surprises, et ceci même si ça fait des années que je pratique assidûment. Aujourd'hui cependant était vraiment particulier : je me suis fait arrêter et prendre de haut par un bonhomme d'une soixantaine d'année, car « t'as pas honte de prendre le feu au rouge ! ». Le tutoiement dans le texte, comme si j'étais un méchant galopin.

L'un des problème, c'est que j'ai pris le feu au vert. La feinte c'est que je n'avais pas été tout droit, mais que j'avais tourné à gauche, en toute légalité. Comme toujours dans ce genre de cas, impossible de faire entendre raison, il est parti en bougonnant sans jamais reconnaître son tort (qui prend un feu rouge est un menteur, probablement).

Je me demande s'il ne s'arrête jamais dans les sas vélos aux feux rouges, respecte toujours les bandes cyclables, et vérifie ses angles morts en tournant à droite. Vraiment, j'aimerai le savoir.

samedi 22 septembre 2012

Des librairies

Au hasard du net, je suis tombé sur cet article décrivant les conditions commerciales d'Amazon. Vu leurs pratiques concernant le Kindle (pour en rester aux domaines que je connais...), je dois avouer que ça ne m'étonne pas.

Par contre la fin de l'article me laisse un peu bouche bé. Je cite la citation :

« Maintenant, les lecteurs veulent tout, tout de suite. Je suis sidéré lorsqu’un habitué de librairie sort du magasin sans prendre la peine de commander le livre qu’il n’a pas trouvé en rayons... sous prétexte que la livraison est plus rapide sur Amazon.

Lire est une activité lente, non rentable, qui devrait échapper aux logiques de vitesse et de production actuelles. Les lecteurs doivent laisser une chance aux acteurs indépendants, qui représentent l’avenir de la littérature. »

Effectivement, lui et moi, on est vraiment pas fait pour se comprendre. Voilà les quelques raisons qui me font aller en libraire (en plus du côté pseduo-politico-consommateur-responsable) :

  • Je viens acheter un cadeau. C'est souvent. Et dans ce cas, j'en ai besoin pour aujourd'hui, demain, voir après-demain. Mais si je ne trouve pas ce que je veux, la réponse « dans une semaine » est une mauvaise réponse
  • Je viens flâner sans trop savoir ce que je cherche, car une librairie c'est tout de même plus convivial qu'un site Web. Là je me dis que les cafés-librairies ont vraiment tout compris. Dans ce cas, si je repars sans rien, je n'irais pas pour autant commander sur Internet, c'est juste que rien ne m'a inspiré. À noter que pour ça, je trouve les bibliothèques municipales avec souvent un bien meilleur accueil que de nombreuses librairies.
  • Je sais ce que je veux, et si je viens dans une librairie c'est bien que je le veux maintenant. Si je le voulais dans une semaine, je commanderais sur Internet, ce qui m'évite de me déplacer. C'est bien l'avantage d'une librairie physique : je perds du temps à me déplacer, mais je peux lire immédiatement ce que je suis venu chercher. La "commande" du libraire est plus lente qu'Internet, et en plus m'oblige à repasser. Mauvaise pioche.
  • Je viens chercher un truc vraiment spécifique. Mon exemple le plus récent c'était des livres sur la Suisse Saxonne, non-vendus sur Internet. Par contre, il y avait une liste de librairies qui étaient censés contenir le livre. La première me répond par « euh, je sais pas » Et va lancer une recherche sur Amazon... Merci de sa participation... (j'ai trouvé les livres dans la seconde librairie de ma liste. Le vendeur ne connaissait toujours pas, mais pendant qu'il farfouillait Internet j'ai trouvé sur l'étagère moi-même).

Je pense être un gros lecteur. Je n'oserais pas pour autant dire que lire est une « activité lente ». Je ne sais pas trop ce qu'il entend par là. « Non-rentable », euh, soit. Comme tous les loisirs, en fait (même si ce loisir lui fournit un travail, à vue de nez. C'est donc pas non-rentable pour tout le monde). Le clou c'est un peu « devrait échapper aux logiques de vitesse ». En gros, pour avoir le privilège de lire, il faudrait que j'aligne mon rythme de vie sur les libraires, et que je perde du temps à aller les voir plutôt qu'à lire ce que j'ai envie.

J'ai tendance à avoir un ordre de priorité pour mes achats de livres. Petite librairie de quartier, puis grande libraire locale (Rennes et Brest en ont une par exemple), puis chaînes (Virgin, Fnac), et enfin Internet. Je le fais un peu par habitude, et aussi dans l'ordre de ce que j'apprécie comme lieux. Mais j'adhère vraiment pas à l'idée que seuls les libraires sont qualifiés pour vendre des livres, et que l'acheteur devrait se sentir honteux quand il va voir ailleurs pour des raisons pratiques. Si la clientèle se détourne d'eux, ce n'est probablement pas seulement pour des raisons de vitesse (je l'ai dit, je pense au contraire que le fait de pouvoir fournir instantanément le livre est un énorme avantage), et ce n'est pas ce genre de discours moraux à deux euros qui les feront revenir.

vendredi 3 août 2012

Le droit électoral allemand

J'ai déjà parlé ici même des mandats supplémentaires pour les élections législatives allemandes. J'ignorais cependant que c'était un vrai sujet de débat et de critiques en Allemagne.

En 2008, la cour constitutionnelle de Karlsruhe a en effet déclaré le code électoral fédéral inconstitutionnel. La faute à un petit effet pervers des mandats supplémentaires : en gagnant des voix sur la seconde voix (la partie proportionnelle), un parti peut perdre des sièges. Un équivalent du paradoxe de l'Alabama, qui n'est pas très agréable pour l'électeur (que voter pour un parti puisse lui faire perdre des sièges étant assez compliqué à accepter...) Le code électoral devait donc être revu, avant juin 2011, sous peine de se retrouver sans loi.

C'est ce qu'a fait la coalition conservatrice/libérale au pouvoir, à la fin de l'année 2011, soit avec cinq mois de retard. L'idée était de changer la méthode de calcul des répartitions des sièges avec la seconde voix pour diminuer cet effet de "vote négatif", tout en continuant d'attribuer des sièges supplémentaires (la coalition en question ayant le pouvoir uniquement grâce à ces mandats, on peut imaginer qu'elle souhaite les conserver...). Le calcul des sièges ne se ferait ainsi plus au niveau des länders, mais au niveau fédéral, diminuant l'effet négatif par un unique calcul et non plus 16 différents. Un avantage de cette réforme, défendu par les libéraux, est que les petits partis ne seraient plus défavorisés dans les petits länders (à Brème par exemple, il n'y a que deux circonscriptions. Si la théorie dit qu'on peut y obtenir un siège à partir de 5% des voix, il en faut en réalité plus. Les voix de ce parti obtenant 5% sans obtenir un siège sont ainsi "perdues" (un peu comme les élections européennes "proportionnelles" en France, découpée en plein de régions pour favoriser les grands partis)).

Cette réforme était loin de satisfaire tout le monde, elle n'a d'ailleurs pas été votée par l'opposition. Le premier argument est que l'effet des "voix négatives" n'était pas corrigé. Certes diminué, mais le problème de fond restait. Le second était l'augmentation des mandats supplémentaires. Une projection en siège d'un institut de sondages donnait ainsi 36 sièges supplémentaires contre 25 actuellement en prenant les résultats des dernières élections. Un autre effet "pervers" était aussi d'augmenter le poids électoral des länders qui ont une participation plus élevée que la moyenne (et en gros, diminuer l'influence des länders de l'ex-RDA)

L'opposition des sociaux-démocrates et des Verts a donc déposé un recours, considérant cette loi comme étant non-constitutionnelle, introduisant un biais de plusieurs millions de voix (le SPD parle d'un avantage de 1,6 millions de voix pour la CDU, auquel il faut ajouter l'avantage que le SPD lui-même peut en retirer...).

C'est ce recours qui vient de conduire à la décision de la semaine dernière : la nouvelle loi est refusée, elle favorise trop les grands partis. La cour ne remet pas en cause le principe des mandats supplémentaires, mais considére qu'un nombre supérieur à 15 est une anomalie (la cour considère que plus de la moitié d'un "petit" parti ayant tout juste 5% (soit environ 30 sièges) déséquilibre le vote) . L'Allemagne est donc dans une situation peu pratique, elle n'a plus de loi électorale valide. Le législateur va devoir se dépêcher pour trouver une solution avant les élections à l'horizon automne 2013...

lundi 23 juillet 2012

Raccourcir les commandes sur Weboob

Dans l'utilisation quotidienne de Weboob, il peut parfois devenir lassant de taper des commandes, qui sont relativement longues. Quelques exemples, taper "subscriptions" dans boobill, "transfer" dans boobank, "forecasts" dans wetboobs. Bien sur on peut activer l'auto-complétion, mais ça reste relativement peu optimal.

Suite à des discussions sur IRC, une nouvelle méthode pour réduire la longueur des commandes a été ajoutée. Le principe est de ne taper que les premières lettres de la commande, comme peut le permettre la commande "ip" (une ou deux lettres sont habituellement suffisantes pour supprimer les ambiguïtés). Si plusieurs solutions existent, une erreur est renvoyée à l'utilisateur avec une liste de suggestions de commandes possibles commençant par le préfixe indiqué.

Du coup, on peut maintenant faire des choses comme :

$ boobill su
* (0177-XXXXXX@nettokom) 0177-XXXXXX - 27,33 € - 14.06.2013 - Einheitstarif
* (06XXXXXXXX@freemobile) 06XXXXXXXX - Forfait 60mn/60SMS à 2 euros

$ wetboobs fore dresde
* Aujourd'hui:    (27C - 27C) Nuit claire
* Mardi 24:       (29C - 29C) Soleil
* Mercredi 25:    (30C - 30C) Soleil
* Jeudi 26:       (23C - 23C) Soleil

$ boobill d
Unknown command: "d"
Do you mean: download, details?

Comme les alias peuvent changer lors d'ajouts de fonctions aux applications, il n'est pas recommandé de les utiliser dans les scripts. Mais au quotidien, ça permet d'utiliser plus rapidement Weboob.

Cela va d'ailleurs dans le même sens qu'une autre optimisation, cette fois-ci dans boobill uniquement, qui permet de ne pas taper l'identifiant de compte dans les commandes usuelles si le compte est unique. On peut ainsi taper :

$ boobill de

Plutôt que :

$ boobill details 0177-XYGHZF@nettokom

vendredi 22 juin 2012

L'effet sandale

Pour le coup, je crois que deux images parlent bien plus que de longs discours :

thumb-IMG_0147.JPG

thumb-IMG_0148.JPG

Je crois que j'avais jamais eu de marques de bronzage sur les pieds...

mercredi 30 mai 2012

Faire marcher Munin 2.0 avec Ocsigen

La nouvelle version de Munin vient d'arriver dans les dépôts testing de Debian. Cette version à le mauvais goût de désactiver la génération des graphiques par cron, seul le mode « CGI » marche encore.

J'utilise un serveur Web un peu alternatif, Ocsigen, dont j'ai d'ailleurs déjà parlé ici. Pour faire marcher le mode CGI de Munin il faut :

  • Rajouter le module CGI dans la configuration d'ocsigen si ce n'est pas encore fait :
<extension findlib-package="ocsigen.ext.cgimod"/>
  • Rajouter la configuration qui va bien dans la déclaration des sites :
        <site path="">
           <cgi regexp="munin-cgi/munin-cgi-graph/" dir="/usr/lib/cgi-bin/" script="munin-cgi-graph"/>
        </site>
  • Mettre les droits en écriture pour l'utilisateur Ocsigen sur le dossier /var/lib/munin/cgi-tmp
  • Vérifier les droits sur les logs du CGI, situés dans /var/log/munin/munin-cgi-graph.log

J'ai mis un peu de temps à réussir à le faire marcher, notamment car la documentation sur le module CGI d'Ocsigen est relativement incomplète (j'ai été obligé d'aller voir le code pour comprendre comment ils définissaient les variables d'environnement au script CGI). Autre point noir, le mode FastCGI n'existe pas.

Je suis assez déçu de cette évolution de Munin, la méthode par cron étant très pratique pour éviter des temps de chargement de pages longs. Les fichiers étaient générés de temps en temps en arrière plan, et le serveur HTTP ne transmettait que des fichiers statiques. Maintenant, il faut patienter que les graphes veuillent bien terminer de ce régénérer. Mais il y a l'air d'avoir des bonnes nouveautés, j'espère qu'elles compenseront à l'usage.

Mise à jour le 9 novembre 2012 : remplacement de "cgi-bin/munin-cgi-graph/" par "munin-cgi/munin-cgi-graph/"

mercredi 23 mai 2012

Cette drôle de campagne des législatives

Depuis environ deux heures, les français établis hors de France sont invités à voter pour les législatives, pour la première fois. En effet, l'introduction de députés représentant les « expatriés » a été introduit durant la législature précédente. Auparavant, les français à l'étranger étaient déjà représentés au parlement par les sénateurs de l'étranger (élus au suffrage indirect, par l'assemblée des français établis hors de France). Je pense parler un jour ici du vote par Internet, spécifique à ces onze circonscriptions. Mais avant, parlons un peu de la campagne.

Pour l'élection présidentielle, la campagne était finalement peu différente entre ce que j'ai connu en France et ici. Bien entendu, on ne voit pas de militants distribuant des tracts au marché du samedi matin. Mais les médias sont globalement disponibles pour s'informer sur la campagne. Pas de possibilité d'aller aux meetings, mais je trouve la couverture médiatique suffisante pour qui souhaite s'informer (que ce soit dans les journaux français (via Internet ou via l'achat en gare) ou dans les journaux locaux).

Et pour les législatives ? Il a été choisi d'en faire un scrutin « local », avec 11 circonscriptions. Ces 11 circonscriptions couvrent l'ensemble de la planète, ce qui n'est pas un mince exploit. Parmi ces onze, 6 sont déjà attribuées en Europe, on obtient donc des circonscriptions comme la onzième, couvrant pas moins de deux continents.

Pour la septième, celle où je vote, je dirais que sa taille est probablement dans la médiane. C'est pas le Benelux, mais pas non plus l'Amérique du Nord. Elle couvre quand même une surface pour le moins impressionnante... Je ne sais pas comment les candidats ont pu faire campagne dans les autres, mais voici mon ressenti personnel sur ce que j'ai pu voir ici.

D'abord, je pense qu'il y a deux types de candidats. Ceux qui sont certains de dépasser les 5%, et les autres. Les premiers peuvent obtenir des banques des prêts permettant de financer la campagne, les autres non. Et cela permet de se déplacer (ou pas) dans la circonscription, avec des dépenses de déplacement pouvant aller jusqu'à 15 200 euros (décret ministériel, c'est par comparaison 2800 dans le Benelux et 49 200 pour l'Asie). Pour les petits candidats, il n'y a donc aucune chance d'aller aux rencontres des électeurs, à moins de pouvoir dégager un financement personnel impressionnant. Quand on a déjà des problèmes pour payer l'impression des bulletins, faire le tour de la circonscription me semble hypothétique. C'est forcément moins le cas en France, ou le candidat à quand même moins de kilomètres à faire pour rencontrer ses électeurs. Je me dis qu'une petite réforme du code électoral pour les remboursements ne serait pas de trop, si les députés de l'étranger devaient persister (et le coup des bulletins, je ne comprends vraiment pas pourquoi l'état français ne prend pas en charge l'impression de manière nationale, c'est une goutte d'eau dans le budget des élections, mais bon...).

Pour ces petits candidats, il reste donc qu'une seule solution : Internet. Aucune chance de toucher les français expatriés à travers une interview dans le Sächsische Zeitung. Pour moi, le média de référence pour suivre la « campagne » a été le petit journal (rien à voir avec Canal+). Ils ont fait un gros effort pour lister les candidats, mener des interviews et centraliser les sites Internet disponibles. Ça m'a permis de découvrir certains candidats avant que la liste officielle ne soit publiée, et est bien plus complet que le site du ministère qui liste (au mieux) que la profession de foi.

Pour tous ceux qui ont inscrits leur adresse mail sur les listes consulaires, les candidats avaient aussi la possibilité de nous envoyer des mails. Tous ne l'ont pas (encore ?) fait. D'autres ont été bien plus actifs. J'ai été stoïque et je ne me suis désinscrit d'aucune liste, afin de ne pas rater un éventuel passage d'un candidat dans mon coin, ou ne pas rater une communication intéressante (j'ai même tout lu, c'est dire...). Voilà pour le suivi des petits candidats, je ne vois pas trop ce que eux (et moi) pouvaient faire de plus.

Pour les « gros », on peut dire que je n'aurais pas forcément beaucoup raté à ne pas lire mes mails... Le seul candidat s'étant déplacé en Saxe, et même à Dresde, a été Pierre-Yves Le Borgn'. Je me suis rendu à sa réunion publique (comme je l'aurais fait pour presque tous les autres candidats je pense, même si ça avait été à Leipzig), et on peut dire que c'était très intéressant, et une très bonne surprise (je ne m'attendais pas du tout à ça en y allant). C'était une occasion unique de discuter avec un candidat, et non pas seulement se faire une idée à travers les prospectus et programmes. De manière générale, je trouve son agenda de visites impressionnant. Il y a un vrai effort d'aller au contact des électeurs, que je salue. Son ambition est de continuer à parcourir la circonscription s'il est élu, seul moyen d'avoir un véritable contact avec de nombreux citoyens et de remonter des problèmes. C'est peut-être une promesse de campagne, mais ce qu'il a fait le rend en tout cas crédible à mes yeux.

De l'autre côté, je pense que le candidat Ronan Le Gleut ne devait pas non plus trop avoir de problèmes de financement de campagne, l'investiture UMP étant probablement une bonne caution. Son agenda s'est rempli petit à petit. Le 9 mai, il ne comptait que deux déplacements à Francfort et un à Münich (je l'avais consulté pour comparer à celui du candidat PS que je venais de rencontrer). Même aujourd'hui, il reste encore bien triste. Pas une seule ville de l'ex-RDA, par exemple. J'ai d'ailleurs manqué de recracher mon petit déjeuner quand j'ai lu son invitation :

Françaises, Français de Berlin, Brandebourg, Mecklembourg-Poméranie occidentale, Saxe, Saxe-Anhalt et de Thuringe,

je vous invite à venir me rencontrer à Berlin, ...

Nan sérieux. Ça représente plus de 100 000 km². Un voyage pour beaucoup de plusieurs centaines de kilomètres. Passe encore qu'il ne souhaite pas prendre le temps de faire le tour de petites villes de 500 000 habitants accueillant des instituts français, mais là je me suis demandé si ce n'était pas une forme d'humour que je n'arrivais pas à comprendre. Un des points forts de son programme étant le consulat mobile, je trouve ça amusant. C'est comme si un candidat creusois proposait une réunion à Paris pour discuter des déserts médicaux avec ses électeurs. Cela reste cependant cohérent avec sa proposition d'améliorer les tournées consulaires existantes, tout en restant muet sur les régions qui n'en voient jamais.

Voilà donc pour mon ressenti de la campagne, sur la forme et non pas sur le fond. Les petits candidats n'ont aucune chance de faire une vraie campagne. Ils peuvent bien entendu se rabattre sur Internet, mais cela ne touchera jamais tout le monde et jamais de la même façon qu'un contact direct. Pour les candidats quasi-certains de dépasser les 5%, mon avis est mitigé. Faire une campagne « de proximité » est possible, le candidat PS le prouve. Il est cependant regrettable qu'il soit le seul à s'être lancé dans l'aventure, ça n'aide pas le débat démocratique. Son agenda de campagne ressemble en tout à ce que j'aimerai voir dans les cinq années à venir dans l'agenda du député de la 7ième circonscription des français de l'étranger.

Pour le second tour, je vais en balade bien loin d'ici, je ne pourrai donc pas suivre la campagne (mais je compte bien voter par procuration).

vendredi 18 mai 2012

Le presque nouvel aéroport berlinois

L'Aéroport de Berlin-Brandenburg (ou BER), c'est un énorme projet pour rénover l'accès aérien à Berlin. La construction a commencé en 2006, l'objectif est de n'avoir plus qu'un seul aéroport à Berlin (et donc de fermer l'aéroport de Tegel).

Pour un habitant de Dresde, l'aéroport changera pas mal de trucs. Il est situé au sud de Berlin, juste à côté de l'autoroute pour aller à Dresde. À un peu plus d'une heure de route, c'est un véritable aéroport international qui sera à disposition (l'aéroport de Schönefeld actuel étant pratique, mais manquant un peu de destinations...). On peut même espérer une liaison plus où moins directe en train, en rêvant un peu.

Ce rêve était prévu pour le 3 juin 2012. Dans deux semaines, donc. Il s'est transformé en cauchemar il y a peu. Le 8 mai (soit moins d'un mois avant l'ouverture, il faut quand même le noter) un report a été annoncé. Pas de date précise cependant, c'était juste un « on est dans la merde ». Pourtant, des publicités étaient déjà visibles à Berlin pour promouvoir les nouvelles lignes (notamment pour Air Berlin, qui comptait beaucoup dessus). J'ai ainsi reçu un email d'easyjet qui disait globalement « pour nous ça ne change rien, car on a toujours accès à l'aéroport de Schönefeld, ne vous inquiétez pas ».

L'étendu des dégâts a été annoncé hier. L'ouverture est reportée au 13 mars, 2013... L'excuse officielle est « on pourrait ouvrir avant, mais avec l'hiver, ce ne serait pas pertinent. C'est depuis un vrai florilège de réaction. C'est une catastrophe pour pas mal de monde, avec au premier plan les länder de Berlin, du Brandebourg, et de l'état fédéral. Il va falloir décider qui va payer :

  • La prolongation des travaux
  • Les pénalités aux compagnies aériennes dont les vols étaient prévus
  • Tous les effets secondaires divers et variés (les petites entreprises devant profiter de l'aéroport, notamment. Et la Deutsche Bahn qui ne pourra pas ouvrir ses nouvelles liaisons ferroviaires, etc).

L'opposition verte à Berlin parle d'une facture d'un demi-milliard d'euros. Pour le moment, aucun bilan officiel n'existe. Il est probable que personne ne sache chiffrer les dégâts que cela va provoquer. Un bon angle d'attaque pour les pirates, qui appellent à une plus grande transparence politique.

Et pour moi, c'est emmerdant de se dire que l'aéroport prévu n'ouvrira pas... Pour tous les clients avec des vols déjà prévus, c'est probablement un renvoi vers Tegel qui va être mis en place. Pour les nouvelles destinations prévues, j'avoue que je me demande comment ils vont s'en tirer. Pour Air Berlin, qui comptait installer son gros hub sur place (un tiers des vols prévus du nouvel aéroport étaient d'Air Berlin), les temps vont également être durs.

lundi 14 mai 2012

Le Nordrhein-Westfalen a voté

Et voilà, les électeurs du NRW ont voté. Comme il s'agit quand même de la plus grosse région allemande, on peut le lire dans tous les journaux français. Concrètement, c'est tout de même plus de 13 millions d'électeurs qui étaient appelés aux urnes dimanche.

C'est presque 8 millions qui se sont déplacés, et qui ont offerts une victoire à la coalition SPD/Grünen. Et une belle débâcle pour la CDU. Plus précisément, voici les résultats :

  • SPD 39% (+4)
  • CDU 26% (-8)
  • Grüne 11% (-1)
  • FDP 8,5% (+2)
  • Piraten 7,8% (+6,3)
  • Linke 2,5% (-3,1)

Pour la CDU, c'est le plus mauvais score de son histoire dans ce Land. Certes, le Land est traditionnellement à gauche, Mais il faut quand même s'imaginer que la CDU était à presque 45% en 2005, dans cette même région. Pour la coalition fédérale au pouvoir, la bonne nouvelle est que les libéraux s'en sortent très bien. Je ne saurais expliquer pourquoi. Il y a deux mois ils étaient donnés comme morts, et voilà deux week-end de suite où ils réalisent de très bons résultats. La mauvaise nouvelle, c'est que les voix des libéraux proviennent surtout de la CDU (observer la différence entre première et seconde voix est à sujet très drôle).

Le SPD réalise un très bon score. Il est même en tête dans 99 des 128 circonscriptions, provoquant une chambre beaucoup plus grande que la précédente à coup de mandats supplémentaires/complémentaires. Il va pouvoir former une coalition stable avec les Verts, en remplacement du gouvernement minoritaire précédent. Les Verts eux n'évoluent pas énormément, une partie de leur électorat allant maintenant voir vers les pirates.

Les pirates entrent dans leur quatrième parlement régional. C'est un bon signe pour eux en vue des élections fédérales de l'an prochain. Ils ont rassemblés 600 000 voix, ce qui est bien plus que la somme des trois parlements précédents (Berlin, la Sarre, et le Schleswig-Holstein n'étant pas les régions les plus peuplées...). Une nouvelle fois, ils ont probablement remplacé Die Linke dans la catégorie « vote protestataire », et ce parti ne parvient pas à rester au dessus des 5%.

C'était, sauf surprise (coalition qui se déchire), la dernière élection de l'année. Les prochains rendez-vous électoraux en 2013 sont la Basse-Saxe, la Hesse et la Bavière. Il est amusant de constater que dans ces trois régions, les conservateurs et les libéraux sont au pouvoir. Avec les élections fédérales, l'année électorale sera compliquée pour eux, ils devront partout défendre leurs bilans.

mercredi 9 mai 2012

Élections en Schleswig-Holstein

La Grèce, la Serbie et la France n'étaient pas les seuls pays européens à voter ce dimanche. Le Schleswig-Holstein, ce petit land au nord de l'Allemagne à la frontière avec le Danemark, était aussi de la partie. La dernière élection avait pourtant eu lieu en septembre 2009, mais la cour constitutionnelle locale avait exigée un retour aux urnes suite à des batailles sur les résultats électoraux. La CDU et le FDP avaient obtenus la majorité des sièges grâce aux « mandats supplémentaires », que j'ai déjà décrit dans un autre contexte. Le problème c'est que le calcul des mandats de compensation n'était pas clair, et que la commission électorale s'est divisée sur le sujet. La CDU et le FDP ayant obtenus moins de voix que les partis d'opposition, les résultats définitifs ont été attaqués à la cour constitutionnelle, qui a exigée un nouveau vote.

Après un peu d'ordre dans le code électoral pour éviter que ce genre de choses se reproduisent, l'assemblée régionale s'est donc auto-dissolue avant l'ultimatum fixé par la cour constitutionnelle. Et les électeurs sont donc retournés (où pas, d'ailleurs) aux urnes ce dimanche.

En coalition sortante, on avait donc une alliance classique conservateurs/libéraux. En particularité régionale, le SSW est un petit parti représentant la minorité danoise. Cette minorité est protégée par les constitutions fédérales et régionales (comme les sorabes en Saxe), et le parti est notamment libéré de l'obligation d'obtenir 5% des voix pour être au parlement, ils peuvent obtenir des sièges même en étant en dessous de la limite.

À la sortie des urnes, la coalition de droite perd sa majorité (une nouvelle région à problème pour Merkel). La grande gagnante de l'élection est tout d'abord l'abstention, avec une participation à 60% contre 73 il y a deux ans et demi. En résultat détaillés, ça donne :

  • CDU : 30,8%, 22 sièges (-0,7%).
  • SPD : 30,4%, 22 sièges (+5%)
  • Grünen : 13,2%, 10 sièges (+0,8%)
  • FDP : 8,2%, 6 sièges (-6,7%)
  • Piraten : 8,2%, 6 sièges (+6,4%)
  • SSW : 4,6%, 3 sièges (+0,3%)
  • Die Linke : 2,2% (-3,8%)

La CDU stagne, un peu comme d'habitude... Le SPD reprend un peu des couleurs, mais il faut imaginer qu'ils étaient à 39% en 2005 et à 43% en 2000, ils sont encore très loin de leurs résultats historiques.

Dans les « petits » partis, les verts progressent mais sont très loin des sondages de l'an dernier, qui les faisaient pointer à plus de 20%. La faute est notamment imputée au parti Pirate, qui rentre une nouvelle fois dans un parlement régional (3/3 sur les dernières élections), et de belle façon. Une autre potentielle victime des pirates est l'extrême gauche, représentée par Die Linke, qui sort du parlement.

La surprise vient des libéraux, qui se maintiennent au parlement malgré un très net recul. Ils ont effectué un changement de chef apparemment très judicieux, leur tête de liste ayant une très bonne image auprès de la population locale. Cela ne présage en rien de la popularité réelle du FDP au niveau national, mais leur donne certainement un peu d'air.

Pour la coalition à venir, ce sera probablement un mélange SPD/Grünen/SSW. Le SPD et les Grünen avaient annoncés vouloir gouverner ensemble, mais la poussée des pirates rend une telle alliance insuffisante. Le SSW ayant un programme proche de l'aile gauche du SPD, ils se sont proposés pour entrer au gouvernement. Avec leur soutien, la coalition obtiendrait exactement la majorité des voix. Les Grünen et le SPD ont déjà acceptés leurs principales revendications en faveur de la majorité danoise, et le SSW multiplie les messages pour expliquer qu'ils sont « fiables » et ne couleront pas le gouvernement dans 2 mois (comme la majorité ne tient qu'à une voix, il va falloir une discipline parlementaire importante). Un point de friction est entre les verts et le SSW, ces derniers souhaitant développer les autoroutes vers le Danemark. Mais rien de complètement bloquant, les négociations devraient donc aboutir.

Une telle coalition serait une première en Allemagne. En effet, jamais un parti représentant des minorités et exonérés de la barre des 5% n'a participé à une coalition.

Le gouvernement pourrait également être soutenu par les pirates, même si une entrée dans les ministères est improbable. En échange d'avancée sur les thèmes de prédilections des pirates, ils pourraient voter la confiance à la coalition rouge/verte/danoise. Le chef des pirates s'est en tout cas engagé à ne pas faire dans l'opposition systématique et à soutenir les projets proches de leurs idées.

Et dimanche prochain, élection dans le NRW, normalement le dernier grand rendez-vous électoral allemand cette année.

jeudi 26 avril 2012

Weboob, ou comment se passer de navigateur Web (1/2)

Qui me fréquente un peu a déjà entendu parler d'un logiciel nommé Weboob, pour Web Out Of Browser. Il est donc naturel d'en parler un jour ou l'autre sur ce blog.

Concrètement, ce logiciel permet d'aller chercher des informations sur des sites Web sans utiliser un navigateur traditionnel. Dans un monde idéal, Weboob n'existerait pas et les données seraient facilement exportables sur tout site Web. Ce n'est cependant que rarement le cas, et Weboob a l'ambitieuse mission de pallier aux carences des sites Web. Cela le rend forcément très riche, car le Web regorge de fonctionnalités... Par une petite suite de billets (probablement deux, ou trois, selon l'humeur) je vais présenter tout ce dont je me sers au quotidien (dans un ordre historique d'utilisation), et ce qui me fait gagner un temps relativement important tous les jours.

Relevés de compte

C'est par boobank que j'ai commencé à utiliser (et contribuer à) Weboob. L'application permet d'aller chercher le solde de ses comptes, l'historique des opérations, les opérations à venir, et même d'exporter les données pour l'intégration à un logiciel de comptabilité. J'étais très demandeur de cette fonctionnalité pour les banques françaises, qui contrairement aux banques allemandes forcent la connexion à leur site bourré de publicités plutôt que de permettre un simple export par des protocoles bien connus. Concrètement, avec le clavier virtuel, le changement régulier obligatoire de mots de passe, le site plutôt lent, je passais un temps fou à suivre mes comptes sur la BNP. Alors qu'en deux clics c'était fait pour la Deutsche Bank.

J'ai donc été bluffé quand j'ai utilisé pour la première fois Weboob et le module de la BNP. En une commande dans le terminal je pouvais enfin vérifier que je n'étais pas dans le rouge. Ça m'a tellement plu que j'ai contribué pour la première fois aux alentours d'août 2010 avec quelques patchs pour la BNP.

Depuis, boobank n'a fait que s'améliorer. L'application permet notamment de faire des virements de compte à compte et l'export en .qif. C'est toujours plus long que de passer par aqbanking à la mode allemande, mais le bénéfice est plus qu'appréciable. Autre chose que j'ai pu apprécier lors de mon changement de banque, c'est l'agrégation des données de toutes les banques configurées. J'avais à ce moment là deux banques, et je pouvais suivre le solde des deux au même endroit.

En cerise sur le gâteau, un script existe pour faire des graphiques des comptes à travers munin. Complètement inutile, donc parfaitement indispensable.

En conclusion, Boobank est l'archétype de « Weboob ne devrait pas exister ». Si les banques françaises arrêtaient de se moquer de leurs clients en forçant des accès à travers leur site Web ou des applications spéciales pour Smartphone (et je ne parle même des options payantes à des prix scandaleux pour recevoir des « alertes »), Boobank disparaîtrait immédiatement. Des solutions existent, comme les banques allemandes le prouvent.

Surveillance de l'Elbe

Vivre à Dresde, c'est vivre dans une ville au niveau du fleuve bien changeant. Ce n'est heureusement pas souvent comme en 2002, mais les variations peuvent tout de même être spectaculaires. Je ne suis pas ultra fan du site officiel (notamment car il ne publie pas un réel historique des données), et j'avais donc programmé un petit module Weboob pour suivre cette évolution, et faire des jolis graphiques comme celui-ci :

elbooc_dresden-year.png

(des observateurs un peu curieux pourront détecter une anomalie en décembre, mon serveur étant en panne...).

J'ai longtemps gardé dans mon coin ce module, qui était vraiment peu configurable et écrit (trop) rapidement pour mes besoins spécifiques. J'ai cependant fini par le proposer dans Weboob, et il est présent depuis la version 0.b dans la version officielle et utilisable à travers Wetboobs. Pour savoir le niveau de l'Elbe (ou de tout autre cours d'eau en Saxe), une commande très simple est maintenant disponible :

$ wetboobs gauges Elbe

On peut aussi aller chercher l'historique d'une sonde, ou bien juste la dernière valeur connue. Bien entendu, si je l'ai fait pour la Saxe, on peut imaginer écrire le même module pour la France entière via Vigicrue. Et coupler Weboob à un petit script pour recevoir un mail en cas d'alerte de crue, c'est assez simple. Le tout en attendant que les autorités publiques allemandes et françaises commencent à publier des Données ouvertes.

La suite

Dans un autre billet... Avec notamment la récupération des articles de journaux, le téléchargement de vidéos, et bien d'autres trucs.

lundi 23 avril 2012

Voter à Parizer Platz

Pour voter à Berlin, il faut être un peu patient. Avec plus de 5000 votants, l'ambassade est relativement surchargée une grande partie de la journée (de 11h à 18h d'après mes sources). J'ai ainsi attendu une heure pour réussir à voter (et je ne compte pas le temps de voyage là-dedans...).

Les résultats sont maintenant disponibles sur le site de l'ambassade. Et j'ai fait un tableau très moche qui calcule les pourcentages (pour les couleurs, rouge clair premier, bleu second, orange troisième, vert quatrième, rouge foncé cinquième). Le moins que l'on puisse dire, c'est que les français en Allemagne ne votent pas comme les résidents en France. Comme on peut s'y attendre, le score de Marine Le Pen est anecdotique, et de manière général tous les souverainistes reculent fortement. Le score d'Eva Joly est par contre probablement l'un de ses meilleurs résultats. Elle se permet même de prendre la troisième place sur le consulat Berlinois, à seulement 2,5% de Nicolas Sarkozy (et d'après la section PS berlinoise, Eva Joly est même première sur Berlin seul).

Autre enseignement, les résultats sont également bien différents de la moyenne des français établis hors de France, qui plébiscitent Nicolas Sarkozy au premier tour.

lundi 26 mars 2012

Élections en Sarre

Et voilà la suite de la chute du gouvernement en Sarre. Il n'y avait plus trop de suspens sur le gouvernement à venir, depuis que le SPD avait exclu un gouvernement avec Die Linke et émis le souhait de former une grande coalition avec la CDU. Le SPD l'a d'ailleurs probablement payé, avec un résultat inférieur à ce qu'annonçait les sondages, les électeurs de ce parti ne se sont clairement pas mobilisés (le seul enjeu étant de quel parti serait le ministre-président de la région, le parti de la coalition ayant le plus de sièges obtenant le poste).

Il y a cependant deux sensations dans ce vote. Tout d'abord, l'entrée du parti pirate au parlement avec 7,4% des voix. Ça fait d'eux le quatrième parti politique du Land, et une seconde entrée dans un parlement régional, pas mal. Et de bon augure pour les élections en NRW à venir. Les journaux ont tendance à saluer l'arrivée de ce parti tout jeune dans le jeu politique, il a réussi très rapidement à apporter du sang neuf dans la vie politique allemande.

La seconde, c'est la claque, la débâcle, la raclée, du FDP. Avec 1,2% des voix (9,2% en 2009...) ils sortent du parlement sans aucun appel. C'est leur plus mauvais résultat de l'histoire en Allemagne de l'Ouest.

Pour les résultats complets, les verts s'en sortent de justesse avec 5,0%, exactement le minimum pour avoir des sièges. Ils paient probablement leur participation au gouvernement précédent. Die Linke reste très haut, c'est après tout le fief d'Oscar Lafontaine, l'un des fondateurs du parti.

La Sarre est en tout cas symptomatique de la politique allemande actuelle (modulo les verts, dont le mauvais résultat est très local). La CDU est le premier parti du pays, mais n'a plus personne pour gouverner avec eux. À côté, si on somme les voix « de gauche », la différence est sans appel (32 sièges ici contre 19). Je compte le Parti Pirate dans la gauche, leur programme l'étant clairement (bien qu'atypique, le libéralisme de gauche, on a pas d'équivalent en France). Pourtant, la CDU reste au pouvoir car la gauche est trop morcelée et incapable de gouverner ensemble. Aujourd'hui, l'écart idéologique est bien plus élevé entre le SPD et Die Linke (et le Parti Pirate), qu'entre le SPD et la CDU. Finalement, les deux grands partis sont d'accord sur la grande majorité des sujets. La CDU s'est tellement recentrée qu'il y a aujourd'hui deux grands partis sociaux-démocrates en Allemagne.

dimanche 18 mars 2012

Et voilà donc Gauck

Et voilà la suite de la démission du président. Merkel a très bien géré la crise, en acceptant immédiatement de discuter avec l'opposition d'un candidat commun. Les Verts et le SPD ont comme prévu poussés pour Joachim Gauck, et Merkel a avalé la couleuvre, et forcé son camp à renoncer à ce poste symbolique. C'est une belle façon de reconnaître son erreur, tout en passant très vite à autre chose. Cerise sur le gâteau, cela donne un président vraiment soutenu par l'ensemble des partis avec lequel elle pourrait être amenée à gouverner à partir de 2013.

Pour l'histoire de sa vie, d'autres que moi l'ont déjà écrit. Le plus important, c'est qu'il était un militant pour la démocratie en Allemagne de l'Est. Il s'est rendu particulièrement célèbre en gérant pendant dix ans les archives de la Stasi. Il n'est officiellement dans aucun parti politique, ce qui est la première fois à ma connaissance pour un président Allemand (la CDU a tendance à squatter le poste...).

Il y avait deux autres candidats (ce ne sont en réalité pas eux qui se déclarent. Un parti présente le candidat, il ne fait qu'accepter de l'être). Tout d'abord Beate Klarsfeld soutenue par Die Linke. Rappelons qu'elle soutient Sarkozy en France, mais que ça ne semble pas les avoir dérangés... Ça opposait en tout cas un militant acharné contre les communistes à une chasseuse de Nazis, bel exemple du poids de l'histoire en Allemagne. Elle a obtenu les voix du parti qui la soutenait, tout le monde étant bien conscient qu'il s'agissait d'une candidature de témoignage.

Le troisième, Olaf Rose, était le candidat des néo-nazis allemands. Il n'a obtenu que les trois voix de son parti (sur les 1200 délégués). J'en parle uniquement car il est conseiller municipal à Pirna. Quand on parle des néo-nazis, la Saxe n'est malheureusement jamais bien loin.

Notons aussi la forte abstention, une centaine de participants n'ont pas votés. Ils appartiennent clairement aux grands partis soutenant Gauck, même s'il est impossible de savoir exactement chez qui ce nom ne faisait pas complètement consensus (probablement à la CDU, mais ça ne reste que de la spéculation).

jeudi 15 mars 2012

Chute du gouvernement en NRW

Vous vous souvenez peut-être d'un billet pas si vieux que ça. Les dernières élections en NRW, c'était il y a 20 mois seulement. Mais les électeurs vont devoir retourner aux urnes, avant le 13 mai.

J'étais resté sur ce blog sur une probable victoire rouge-verte, avec une majorité pour gouverner. Cela a été un peu plus compliqué que ça, les rouges/verts n'atteignant que 90 sièges contre 91 pour les autres partis. Les négociations avec les différents partis ayant complètement échouées pour former un gouvernement stable, un gouvernement minoritaire avait été mis en place. C'est assez rare dans ce pays, et on trouve assez facilement des articles de journaux félicitant le bilan du gouvernement. En vingt mois, ils ont réussi à supprimer les frais d'inscription à l'université (sujet très politisé en Allemagne) en s'appuyant sur les voix de Die Linke, réformés les écoles avec la CDU, changés les règles de financement des communes avec le FDP... Le parlement avait retrouvé un rôle d'importance, loin de la caisse d'enregistrement d'un gouvernement.

Mais cette année, ils n'ont pas réussi à faire voter le budget. Pendant un temps, il était crédible que le FDP accepte de le voter après quelques concessions. Mais ils ont finalement votés contre, entraînant l'équivalent d'une motion d'une censure. C'est assez amusant d'ailleurs de voir le FDP commettre ce qui ressemble fort à un suicide politique, leurs chances de retourner aux parlements étant très minces... (leur chef a déclaré que les convictions étaient plus importantes que le nombre de sièges, soit). C'est donc la fin d'une expérience politique, qui semble pour le moment profiter aux sortants (la coalition rouge/verte est annoncée gagnante avec une majorité plus que suffisante aux prochaines élections).

Cela contribue en tout cas à repolitiser un peu cette année 2012. Un seul vote régional était prévu, en Schleswig-Holstein. Après la chute du gouvernement en Sarre (élections le 25 mars), on arrive maintenant à trois. Dont le Land le plus peuplé d'Allemagne. Les résultats seront probablement observés de près par les états-majors politiques...

J'en profite pour dire que d'après les sondages, il est crédible que les Pirates rentrent dans les trois parlements régionaux. On verra les résultats finaux, mais que ce parti commence à être sondé à part entière (et pas dans les "autres") et dépasse les 5% à chaque fois montre déjà un changement de statut pour ce très jeune parti.

lundi 27 février 2012

Du vote de l'aide à la Grèce en Allemagne

On peut lire dans les journaux français que le Bundestag a voté le plan d'aide à la Grèce. C'est vrai, mais ils oublient un petit fait à mon avis important. Derrière l'écrasante majorité (496 oui sur 591 votants) se cache une claque pour Merkel. Les membres de sa coalition n'ont été que 304 à voter la loi, pour une majorité absolue de 311 (quand il n'y a pas d'absents. Mais l'Allemagne n'est pas la France, la notion d'absentéisme parlementaire n'est pas vraiment la même chose...). Pire, il y a treize non parmi les manquants, et pas uniquement des abstentions/non-votants

Sur ce coup là, elle perd la majorité, ne la conservant que par le bon vouloir des verts et du SPD. À ma connaissance, c'est la première fois que cela se produit pour Merkel et son gouvernement.

samedi 25 février 2012

Nous, les enfants du réseau

Une fois n'est pas coutume, ce billet n'est qu'un petit lien vers les écrits d'un autre. Cet autre est Piotr Czerski, polonais d'une trentaine d'année, diplômé en informatique, qui a écrit un texte que je trouve assez sympathique. Je l'avais lu sur les journaux allemands, mais une bonne âme a eu le courage de le lire en français.

Voici donc le texte, dans la langue que vous voulez :

La phrase qui me touche le plus est probablement celle-là :

Nous ne comprenons pas pourquoi nous devons justifier d’un domicile fixe (il est absurde de devoir en avoir un) avant de pouvoir entreprendre d’autres démarches, comme si les administrations ne pouvaient pas régler ces choses sans que nous devions intervenir.

Les problèmes d'adresse, ça pourrit vraiment la vie parfois...

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