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vendredi 18 mai 2012

Le presque nouvel aéroport berlinois

L'Aéroport de Berlin-Brandenburg (ou BER), c'est un énorme projet pour rénover l'accès aérien à Berlin. La construction a commencé en 2006, l'objectif est de n'avoir plus qu'un seul aéroport à Berlin (et donc de fermer l'aéroport de Tegel).

Pour un habitant de Dresde, l'aéroport changera pas mal de trucs. Il est situé au sud de Berlin, juste à côté de l'autoroute pour aller à Dresde. À un peu plus d'une heure de route, c'est un véritable aéroport international qui sera à disposition (l'aéroport de Schönefeld actuel étant pratique, mais manquant un peu de destinations...). On peut même espérer une liaison plus où moins directe en train, en rêvant un peu.

Ce rêve était prévu pour le 3 juin 2012. Dans deux semaines, donc. Il s'est transformé en cauchemar il y a peu. Le 8 mai (soit moins d'un mois avant l'ouverture, il faut quand même le noter) un report a été annoncé. Pas de date précise cependant, c'était juste un « on est dans la merde ». Pourtant, des publicités étaient déjà visibles à Berlin pour promouvoir les nouvelles lignes (notamment pour Air Berlin, qui comptait beaucoup dessus). J'ai ainsi reçu un email d'easyjet qui disait globalement « pour nous ça ne change rien, car on a toujours accès à l'aéroport de Schönefeld, ne vous inquiétez pas ».

L'étendu des dégâts a été annoncé hier. L'ouverture est reportée au 13 mars, 2013... L'excuse officielle est « on pourrait ouvrir avant, mais avec l'hiver, ce ne serait pas pertinent. C'est depuis un vrai florilège de réaction. C'est une catastrophe pour pas mal de monde, avec au premier plan les länder de Berlin, du Brandebourg, et de l'état fédéral. Il va falloir décider qui va payer :

  • La prolongation des travaux
  • Les pénalités aux compagnies aériennes dont les vols étaient prévus
  • Tous les effets secondaires divers et variés (les petites entreprises devant profiter de l'aéroport, notamment. Et la Deutsche Bahn qui ne pourra pas ouvrir ses nouvelles liaisons ferroviaires, etc).

L'opposition verte à Berlin parle d'une facture d'un demi-milliard d'euros. Pour le moment, aucun bilan officiel n'existe. Il est probable que personne ne sache chiffrer les dégâts que cela va provoquer. Un bon angle d'attaque pour les pirates, qui appellent à une plus grande transparence politique.

Et pour moi, c'est emmerdant de se dire que l'aéroport prévu n'ouvrira pas... Pour tous les clients avec des vols déjà prévus, c'est probablement un renvoi vers Tegel qui va être mis en place. Pour les nouvelles destinations prévues, j'avoue que je me demande comment ils vont s'en tirer. Pour Air Berlin, qui comptait installer son gros hub sur place (un tiers des vols prévus du nouvel aéroport étaient d'Air Berlin), les temps vont également être durs.

lundi 14 mai 2012

Le Nordrhein-Westfalen a voté

Et voilà, les électeurs du NRW ont voté. Comme il s'agit quand même de la plus grosse région allemande, on peut le lire dans tous les journaux français. Concrètement, c'est tout de même plus de 13 millions d'électeurs qui étaient appelés aux urnes dimanche.

C'est presque 8 millions qui se sont déplacés, et qui ont offerts une victoire à la coalition SPD/Grünen. Et une belle débâcle pour la CDU. Plus précisément, voici les résultats :

  • SPD 39% (+4)
  • CDU 26% (-8)
  • Grüne 11% (-1)
  • FDP 8,5% (+2)
  • Piraten 7,8% (+6,3)
  • Linke 2,5% (-3,1)

Pour la CDU, c'est le plus mauvais score de son histoire dans ce Land. Certes, le Land est traditionnellement à gauche, Mais il faut quand même s'imaginer que la CDU était à presque 45% en 2005, dans cette même région. Pour la coalition fédérale au pouvoir, la bonne nouvelle est que les libéraux s'en sortent très bien. Je ne saurais expliquer pourquoi. Il y a deux mois ils étaient donnés comme morts, et voilà deux week-end de suite où ils réalisent de très bons résultats. La mauvaise nouvelle, c'est que les voix des libéraux proviennent surtout de la CDU (observer la différence entre première et seconde voix est à sujet très drôle).

Le SPD réalise un très bon score. Il est même en tête dans 99 des 128 circonscriptions, provoquant une chambre beaucoup plus grande que la précédente à coup de mandats supplémentaires/complémentaires. Il va pouvoir former une coalition stable avec les Verts, en remplacement du gouvernement minoritaire précédent. Les Verts eux n'évoluent pas énormément, une partie de leur électorat allant maintenant voir vers les pirates.

Les pirates entrent dans leur quatrième parlement régional. C'est un bon signe pour eux en vue des élections fédérales de l'an prochain. Ils ont rassemblés 600 000 voix, ce qui est bien plus que la somme des trois parlements précédents (Berlin, la Sarre, et le Schleswig-Holstein n'étant pas les régions les plus peuplées...). Une nouvelle fois, ils ont probablement remplacé Die Linke dans la catégorie « vote protestataire », et ce parti ne parvient pas à rester au dessus des 5%.

C'était, sauf surprise (coalition qui se déchire), la dernière élection de l'année. Les prochains rendez-vous électoraux en 2013 sont la Basse-Saxe, la Hesse et la Bavière. Il est amusant de constater que dans ces trois régions, les conservateurs et les libéraux sont au pouvoir. Avec les élections fédérales, l'année électorale sera compliquée pour eux, ils devront partout défendre leurs bilans.

mercredi 9 mai 2012

Élections en Schleswig-Holstein

La Grèce, la Serbie et la France n'étaient pas les seuls pays européens à voter ce dimanche. Le Schleswig-Holstein, ce petit land au nord de l'Allemagne à la frontière avec le Danemark, était aussi de la partie. La dernière élection avait pourtant eu lieu en septembre 2009, mais la cour constitutionnelle locale avait exigée un retour aux urnes suite à des batailles sur les résultats électoraux. La CDU et le FDP avaient obtenus la majorité des sièges grâce aux « mandats supplémentaires », que j'ai déjà décrit dans un autre contexte. Le problème c'est que le calcul des mandats de compensation n'était pas clair, et que la commission électorale s'est divisée sur le sujet. La CDU et le FDP ayant obtenus moins de voix que les partis d'opposition, les résultats définitifs ont été attaqués à la cour constitutionnelle, qui a exigée un nouveau vote.

Après un peu d'ordre dans le code électoral pour éviter que ce genre de choses se reproduisent, l'assemblée régionale s'est donc auto-dissolue avant l'ultimatum fixé par la cour constitutionnelle. Et les électeurs sont donc retournés (où pas, d'ailleurs) aux urnes ce dimanche.

En coalition sortante, on avait donc une alliance classique conservateurs/libéraux. En particularité régionale, le SSW est un petit parti représentant la minorité danoise. Cette minorité est protégée par les constitutions fédérales et régionales (comme les sorabes en Saxe), et le parti est notamment libéré de l'obligation d'obtenir 5% des voix pour être au parlement, ils peuvent obtenir des sièges même en étant en dessous de la limite.

À la sortie des urnes, la coalition de droite perd sa majorité (une nouvelle région à problème pour Merkel). La grande gagnante de l'élection est tout d'abord l'abstention, avec une participation à 60% contre 73 il y a deux ans et demi. En résultat détaillés, ça donne :

  • CDU : 30,8%, 22 sièges (-0,7%).
  • SPD : 30,4%, 22 sièges (+5%)
  • Grünen : 13,2%, 10 sièges (+0,8%)
  • FDP : 8,2%, 6 sièges (-6,7%)
  • Piraten : 8,2%, 6 sièges (+6,4%)
  • SSW : 4,6%, 3 sièges (+0,3%)
  • Die Linke : 2,2% (-3,8%)

La CDU stagne, un peu comme d'habitude... Le SPD reprend un peu des couleurs, mais il faut imaginer qu'ils étaient à 39% en 2005 et à 43% en 2000, ils sont encore très loin de leurs résultats historiques.

Dans les « petits » partis, les verts progressent mais sont très loin des sondages de l'an dernier, qui les faisaient pointer à plus de 20%. La faute est notamment imputée au parti Pirate, qui rentre une nouvelle fois dans un parlement régional (3/3 sur les dernières élections), et de belle façon. Une autre potentielle victime des pirates est l'extrême gauche, représentée par Die Linke, qui sort du parlement.

La surprise vient des libéraux, qui se maintiennent au parlement malgré un très net recul. Ils ont effectué un changement de chef apparemment très judicieux, leur tête de liste ayant une très bonne image auprès de la population locale. Cela ne présage en rien de la popularité réelle du FDP au niveau national, mais leur donne certainement un peu d'air.

Pour la coalition à venir, ce sera probablement un mélange SPD/Grünen/SSW. Le SPD et les Grünen avaient annoncés vouloir gouverner ensemble, mais la poussée des pirates rend une telle alliance insuffisante. Le SSW ayant un programme proche de l'aile gauche du SPD, ils se sont proposés pour entrer au gouvernement. Avec leur soutien, la coalition obtiendrait exactement la majorité des voix. Les Grünen et le SPD ont déjà acceptés leurs principales revendications en faveur de la majorité danoise, et le SSW multiplie les messages pour expliquer qu'ils sont « fiables » et ne couleront pas le gouvernement dans 2 mois (comme la majorité ne tient qu'à une voix, il va falloir une discipline parlementaire importante). Un point de friction est entre les verts et le SSW, ces derniers souhaitant développer les autoroutes vers le Danemark. Mais rien de complètement bloquant, les négociations devraient donc aboutir.

Une telle coalition serait une première en Allemagne. En effet, jamais un parti représentant des minorités et exonérés de la barre des 5% n'a participé à une coalition.

Le gouvernement pourrait également être soutenu par les pirates, même si une entrée dans les ministères est improbable. En échange d'avancée sur les thèmes de prédilections des pirates, ils pourraient voter la confiance à la coalition rouge/verte/danoise. Le chef des pirates s'est en tout cas engagé à ne pas faire dans l'opposition systématique et à soutenir les projets proches de leurs idées.

Et dimanche prochain, élection dans le NRW, normalement le dernier grand rendez-vous électoral allemand cette année.

jeudi 26 avril 2012

Weboob, ou comment se passer de navigateur Web (1/2)

Qui me fréquente un peu a déjà entendu parler d'un logiciel nommé Weboob, pour Web Out Of Browser. Il est donc naturel d'en parler un jour ou l'autre sur ce blog.

Concrètement, ce logiciel permet d'aller chercher des informations sur des sites Web sans utiliser un navigateur traditionnel. Dans un monde idéal, Weboob n'existerait pas et les données seraient facilement exportables sur tout site Web. Ce n'est cependant que rarement le cas, et Weboob a l'ambitieuse mission de pallier aux carences des sites Web. Cela le rend forcément très riche, car le Web regorge de fonctionnalités... Par une petite suite de billets (probablement deux, ou trois, selon l'humeur) je vais présenter tout ce dont je me sers au quotidien (dans un ordre historique d'utilisation), et ce qui me fait gagner un temps relativement important tous les jours.

Relevés de compte

C'est par boobank que j'ai commencé à utiliser (et contribuer à) Weboob. L'application permet d'aller chercher le solde de ses comptes, l'historique des opérations, les opérations à venir, et même d'exporter les données pour l'intégration à un logiciel de comptabilité. J'étais très demandeur de cette fonctionnalité pour les banques françaises, qui contrairement aux banques allemandes forcent la connexion à leur site bourré de publicités plutôt que de permettre un simple export par des protocoles bien connus. Concrètement, avec le clavier virtuel, le changement régulier obligatoire de mots de passe, le site plutôt lent, je passais un temps fou à suivre mes comptes sur la BNP. Alors qu'en deux clics c'était fait pour la Deutsche Bank.

J'ai donc été bluffé quand j'ai utilisé pour la première fois Weboob et le module de la BNP. En une commande dans le terminal je pouvais enfin vérifier que je n'étais pas dans le rouge. Ça m'a tellement plu que j'ai contribué pour la première fois aux alentours d'août 2010 avec quelques patchs pour la BNP.

Depuis, boobank n'a fait que s'améliorer. L'application permet notamment de faire des virements de compte à compte et l'export en .qif. C'est toujours plus long que de passer par aqbanking à la mode allemande, mais le bénéfice est plus qu'appréciable. Autre chose que j'ai pu apprécier lors de mon changement de banque, c'est l'agrégation des données de toutes les banques configurées. J'avais à ce moment là deux banques, et je pouvais suivre le solde des deux au même endroit.

En cerise sur le gâteau, un script existe pour faire des graphiques des comptes à travers munin. Complètement inutile, donc parfaitement indispensable.

En conclusion, Boobank est l'archétype de « Weboob ne devrait pas exister ». Si les banques françaises arrêtaient de se moquer de leurs clients en forçant des accès à travers leur site Web ou des applications spéciales pour Smartphone (et je ne parle même des options payantes à des prix scandaleux pour recevoir des « alertes »), Boobank disparaîtrait immédiatement. Des solutions existent, comme les banques allemandes le prouvent.

Surveillance de l'Elbe

Vivre à Dresde, c'est vivre dans une ville au niveau du fleuve bien changeant. Ce n'est heureusement pas souvent comme en 2002, mais les variations peuvent tout de même être spectaculaires. Je ne suis pas ultra fan du site officiel (notamment car il ne publie pas un réel historique des données), et j'avais donc programmé un petit module Weboob pour suivre cette évolution, et faire des jolis graphiques comme celui-ci :

elbooc_dresden-year.png

(des observateurs un peu curieux pourront détecter une anomalie en décembre, mon serveur étant en panne...).

J'ai longtemps gardé dans mon coin ce module, qui était vraiment peu configurable et écrit (trop) rapidement pour mes besoins spécifiques. J'ai cependant fini par le proposer dans Weboob, et il est présent depuis la version 0.b dans la version officielle et utilisable à travers Wetboobs. Pour savoir le niveau de l'Elbe (ou de tout autre cours d'eau en Saxe), une commande très simple est maintenant disponible :

$ wetboobs gauges Elbe

On peut aussi aller chercher l'historique d'une sonde, ou bien juste la dernière valeur connue. Bien entendu, si je l'ai fait pour la Saxe, on peut imaginer écrire le même module pour la France entière via Vigicrue. Et coupler Weboob à un petit script pour recevoir un mail en cas d'alerte de crue, c'est assez simple. Le tout en attendant que les autorités publiques allemandes et françaises commencent à publier des Données ouvertes.

La suite

Dans un autre billet... Avec notamment la récupération des articles de journaux, le téléchargement de vidéos, et bien d'autres trucs.

lundi 23 avril 2012

Voter à Parizer Platz

Pour voter à Berlin, il faut être un peu patient. Avec plus de 5000 votants, l'ambassade est relativement surchargée une grande partie de la journée (de 11h à 18h d'après mes sources). J'ai ainsi attendu une heure pour réussir à voter (et je ne compte pas le temps de voyage là-dedans...).

Les résultats sont maintenant disponibles sur le site de l'ambassade. Et j'ai fait un tableau très moche qui calcule les pourcentages (pour les couleurs, rouge clair premier, bleu second, orange troisième, vert quatrième, rouge foncé cinquième). Le moins que l'on puisse dire, c'est que les français en Allemagne ne votent pas comme les résidents en France. Comme on peut s'y attendre, le score de Marine Le Pen est anecdotique, et de manière général tous les souverainistes reculent fortement. Le score d'Eva Joly est par contre probablement l'un de ses meilleurs résultats. Elle se permet même de prendre la troisième place sur le consulat Berlinois, à seulement 2,5% de Nicolas Sarkozy (et d'après la section PS berlinoise, Eva Joly est même première sur Berlin seul).

Autre enseignement, les résultats sont également bien différents de la moyenne des français établis hors de France, qui plébiscitent Nicolas Sarkozy au premier tour.

lundi 26 mars 2012

Élections en Sarre

Et voilà la suite de la chute du gouvernement en Sarre. Il n'y avait plus trop de suspens sur le gouvernement à venir, depuis que le SPD avait exclu un gouvernement avec Die Linke et émis le souhait de former une grande coalition avec la CDU. Le SPD l'a d'ailleurs probablement payé, avec un résultat inférieur à ce qu'annonçait les sondages, les électeurs de ce parti ne se sont clairement pas mobilisés (le seul enjeu étant de quel parti serait le ministre-président de la région, le parti de la coalition ayant le plus de sièges obtenant le poste).

Il y a cependant deux sensations dans ce vote. Tout d'abord, l'entrée du parti pirate au parlement avec 7,4% des voix. Ça fait d'eux le quatrième parti politique du Land, et une seconde entrée dans un parlement régional, pas mal. Et de bon augure pour les élections en NRW à venir. Les journaux ont tendance à saluer l'arrivée de ce parti tout jeune dans le jeu politique, il a réussi très rapidement à apporter du sang neuf dans la vie politique allemande.

La seconde, c'est la claque, la débâcle, la raclée, du FDP. Avec 1,2% des voix (9,2% en 2009...) ils sortent du parlement sans aucun appel. C'est leur plus mauvais résultat de l'histoire en Allemagne de l'Ouest.

Pour les résultats complets, les verts s'en sortent de justesse avec 5,0%, exactement le minimum pour avoir des sièges. Ils paient probablement leur participation au gouvernement précédent. Die Linke reste très haut, c'est après tout le fief d'Oscar Lafontaine, l'un des fondateurs du parti.

La Sarre est en tout cas symptomatique de la politique allemande actuelle (modulo les verts, dont le mauvais résultat est très local). La CDU est le premier parti du pays, mais n'a plus personne pour gouverner avec eux. À côté, si on somme les voix « de gauche », la différence est sans appel (32 sièges ici contre 19). Je compte le Parti Pirate dans la gauche, leur programme l'étant clairement (bien qu'atypique, le libéralisme de gauche, on a pas d'équivalent en France). Pourtant, la CDU reste au pouvoir car la gauche est trop morcelée et incapable de gouverner ensemble. Aujourd'hui, l'écart idéologique est bien plus élevé entre le SPD et Die Linke (et le Parti Pirate), qu'entre le SPD et la CDU. Finalement, les deux grands partis sont d'accord sur la grande majorité des sujets. La CDU s'est tellement recentrée qu'il y a aujourd'hui deux grands partis sociaux-démocrates en Allemagne.

dimanche 18 mars 2012

Et voilà donc Gauck

Et voilà la suite de la démission du président. Merkel a très bien géré la crise, en acceptant immédiatement de discuter avec l'opposition d'un candidat commun. Les Verts et le SPD ont comme prévu poussés pour Joachim Gauck, et Merkel a avalé la couleuvre, et forcé son camp à renoncer à ce poste symbolique. C'est une belle façon de reconnaître son erreur, tout en passant très vite à autre chose. Cerise sur le gâteau, cela donne un président vraiment soutenu par l'ensemble des partis avec lequel elle pourrait être amenée à gouverner à partir de 2013.

Pour l'histoire de sa vie, d'autres que moi l'ont déjà écrit. Le plus important, c'est qu'il était un militant pour la démocratie en Allemagne de l'Est. Il s'est rendu particulièrement célèbre en gérant pendant dix ans les archives de la Stasi. Il n'est officiellement dans aucun parti politique, ce qui est la première fois à ma connaissance pour un président Allemand (la CDU a tendance à squatter le poste...).

Il y avait deux autres candidats (ce ne sont en réalité pas eux qui se déclarent. Un parti présente le candidat, il ne fait qu'accepter de l'être). Tout d'abord Beate Klarsfeld soutenue par Die Linke. Rappelons qu'elle soutient Sarkozy en France, mais que ça ne semble pas les avoir dérangés... Ça opposait en tout cas un militant acharné contre les communistes à une chasseuse de Nazis, bel exemple du poids de l'histoire en Allemagne. Elle a obtenu les voix du parti qui la soutenait, tout le monde étant bien conscient qu'il s'agissait d'une candidature de témoignage.

Le troisième, Olaf Rose, était le candidat des néo-nazis allemands. Il n'a obtenu que les trois voix de son parti (sur les 1200 délégués). J'en parle uniquement car il est conseiller municipal à Pirna. Quand on parle des néo-nazis, la Saxe n'est malheureusement jamais bien loin.

Notons aussi la forte abstention, une centaine de participants n'ont pas votés. Ils appartiennent clairement aux grands partis soutenant Gauck, même s'il est impossible de savoir exactement chez qui ce nom ne faisait pas complètement consensus (probablement à la CDU, mais ça ne reste que de la spéculation).

jeudi 15 mars 2012

Chute du gouvernement en NRW

Vous vous souvenez peut-être d'un billet pas si vieux que ça. Les dernières élections en NRW, c'était il y a 20 mois seulement. Mais les électeurs vont devoir retourner aux urnes, avant le 13 mai.

J'étais resté sur ce blog sur une probable victoire rouge-verte, avec une majorité pour gouverner. Cela a été un peu plus compliqué que ça, les rouges/verts n'atteignant que 90 sièges contre 91 pour les autres partis. Les négociations avec les différents partis ayant complètement échouées pour former un gouvernement stable, un gouvernement minoritaire avait été mis en place. C'est assez rare dans ce pays, et on trouve assez facilement des articles de journaux félicitant le bilan du gouvernement. En vingt mois, ils ont réussi à supprimer les frais d'inscription à l'université (sujet très politisé en Allemagne) en s'appuyant sur les voix de Die Linke, réformés les écoles avec la CDU, changés les règles de financement des communes avec le FDP... Le parlement avait retrouvé un rôle d'importance, loin de la caisse d'enregistrement d'un gouvernement.

Mais cette année, ils n'ont pas réussi à faire voter le budget. Pendant un temps, il était crédible que le FDP accepte de le voter après quelques concessions. Mais ils ont finalement votés contre, entraînant l'équivalent d'une motion d'une censure. C'est assez amusant d'ailleurs de voir le FDP commettre ce qui ressemble fort à un suicide politique, leurs chances de retourner aux parlements étant très minces... (leur chef a déclaré que les convictions étaient plus importantes que le nombre de sièges, soit). C'est donc la fin d'une expérience politique, qui semble pour le moment profiter aux sortants (la coalition rouge/verte est annoncée gagnante avec une majorité plus que suffisante aux prochaines élections).

Cela contribue en tout cas à repolitiser un peu cette année 2012. Un seul vote régional était prévu, en Schleswig-Holstein. Après la chute du gouvernement en Sarre (élections le 25 mars), on arrive maintenant à trois. Dont le Land le plus peuplé d'Allemagne. Les résultats seront probablement observés de près par les états-majors politiques...

J'en profite pour dire que d'après les sondages, il est crédible que les Pirates rentrent dans les trois parlements régionaux. On verra les résultats finaux, mais que ce parti commence à être sondé à part entière (et pas dans les "autres") et dépasse les 5% à chaque fois montre déjà un changement de statut pour ce très jeune parti.

lundi 27 février 2012

Du vote de l'aide à la Grèce en Allemagne

On peut lire dans les journaux français que le Bundestag a voté le plan d'aide à la Grèce. C'est vrai, mais ils oublient un petit fait à mon avis important. Derrière l'écrasante majorité (496 oui sur 591 votants) se cache une claque pour Merkel. Les membres de sa coalition n'ont été que 304 à voter la loi, pour une majorité absolue de 311 (quand il n'y a pas d'absents. Mais l'Allemagne n'est pas la France, la notion d'absentéisme parlementaire n'est pas vraiment la même chose...). Pire, il y a treize non parmi les manquants, et pas uniquement des abstentions/non-votants

Sur ce coup là, elle perd la majorité, ne la conservant que par le bon vouloir des verts et du SPD. À ma connaissance, c'est la première fois que cela se produit pour Merkel et son gouvernement.

samedi 25 février 2012

Nous, les enfants du réseau

Une fois n'est pas coutume, ce billet n'est qu'un petit lien vers les écrits d'un autre. Cet autre est Piotr Czerski, polonais d'une trentaine d'année, diplômé en informatique, qui a écrit un texte que je trouve assez sympathique. Je l'avais lu sur les journaux allemands, mais une bonne âme a eu le courage de le lire en français.

Voici donc le texte, dans la langue que vous voulez :

La phrase qui me touche le plus est probablement celle-là :

Nous ne comprenons pas pourquoi nous devons justifier d’un domicile fixe (il est absurde de devoir en avoir un) avant de pouvoir entreprendre d’autres démarches, comme si les administrations ne pouvaient pas régler ces choses sans que nous devions intervenir.

Les problèmes d'adresse, ça pourrit vraiment la vie parfois...

vendredi 17 février 2012

Le président a démissionné

Pour une fois, on va entendre un peu le nom (Wulff) du président allemand dans les médias français. Le président en Allemagne n'a presque aucun pouvoir. Il est élu par les députés du Bundesrat et des représentants des Länder (qui sont pour l'occasion le même nombre que les députés, et élus à la proportionnelle par les parlement régionaux). Son rôle est surtout honorifique (nommer le chancelier (même si en réalité, ce n'est pas lui qui choisit), représenter l'Allemagne à l'étranger, signer les lois..). De par ses fonctions de représentation, c'est avant tout un poste à forte connotation morale. Un bon candidat est quelqu'un d'intègre et qui fait consensus à travers les partis politiques.

Wulff était un peu la mauvaise personne au mauvais endroit pour ça... Tout d'abord, son élection a été compliquée. Lors des élections en 2010, il n'a même pas réussir à réunir son camp. Au premier tour, il lui manquait une quarantaine de voix des délégués des partis qui le soutiennent (le scrutin est à bulletin secret). Ces délégués sont pourtant des cadres des différents partis, peu soupçonnés habituellement de faire ce genre de blagues. En face de lui, Joachim Gauck était certes un très bon candidat consensuel, une partie de la droite ne l'aurait pas renié. Mais ça ne suffit pas à masquer la faiblesse de Wulff, qui bien que soutenu par Merkel, ne semblait pas être la bonne personne. Il a réussi à être élu au troisième et dernier tour, un vrai camouflet pour Merkel à l'époque.

Je ne pense pas qu'on retiendra grand chose de son court mandat, hormis probablement sa fin. Tout bascule à la fin de l'année 2011, quand il est accusé d'avoir menti en 2010 sur ses relations avec un homme d'affaire. Il prétendait ne pas avoir de relations particulières avec l'entrepreneur, alors qu'il avait obtenu un prêt de 500 000 euros pour l'achat de sa maison. En France, un tel petit mensonge ne changerait pas grand chose, en Allemagne ça a grincé des dents.

Le problème c'est que ça ne s'est pas arrêté là. Depuis, chaque semaine apporte son lot de révélations. Wulff a tout d'abord essayé d'effectuer des pressions sur la presse, en téléphonant directement aux directions. Ensuite, il aurait bénéficié de vacances gratuites offertes par différentes entrepreneurs quand il était en poste de ministre-président de basse-Saxe. Durant sa campagne de 2007, il y aurait eu un financement illégal de certaines de ses affiches de campagne. Et d'autres trucs plus ou moins importants, que j'ai probablement ratés. Pour un président allemand, on peut en tout cas dire qu'il aura réussi à s'attirer un nombre de une de journaux assez impressionnant. Probablement pas dans le bon sens...

La fin de l'histoire, c'était aujourd'hui. Un procureur de Hanovre a demandé au parlement la levée de son immunité judiciaire, afin de lancer une enquête pour trafic d'influence. Plutôt que de subir l'humiliation d'un vote du parlement (je ne pense pas qu'il soit déjà arrivé un tel vote dans l'histoire de la république Allemande), il a préféré démissionner. L'intérim est assuré par le président du Bundesrat, et le prochain président sera élu dans les 30 jours.

Le vote du prochain président sera intéressant. Il est probable que le SPD et les Verts représentent leur candidat de 2010. Depuis, ils ont récupérés des sièges dans les parlements régionaux, et l'écart gauche/droite s'est resserré. La dernière élection s'est déjà mal passé, alors que la coalition était en moins mauvais état que maintenant. Il va vraiment falloir que Merkel et son parti trouvent un très bon candidat, moins politisé que Wulff, si ils comptent obtenir la présidence. Cela permettra dans tous les cas de voir à quel point la coalition est solide, quand on passe aux bulletins secrets.

mercredi 25 janvier 2012

Chute du gouvernement régional en Sarre

La Sarre, c'est une région d'Allemagne un peu bizarre (même si je me demande s'il en existe une qui ne l'est pas). Au lendemain de la première guerre mondiale, c'est devenu un territoire tampon n'appartenant ni à l'Allemagne, ni à la France (cette dernière avait le droit de piocher dans les mines de charbon, quand même...), mais sous le mandat de la société des nations. Elle ne redeviendra en Allemagne qu'en 1935, durant la période nazie.

En 1947, rebelotte. La Sarre redevient indépendante (avec sa monnaie, ses équipes de sports aux JO, etc), sous occupation française. En 1955, cette région a failli devenir le premier territoire européen, ne dépendant d'aucun état. Un référendum en décida autrement, et elle finira par rejoindre la RFA en 1956 (c'était donc le Land le plus jeune de l'Allemagne jusqu'à la réunification).

C'est probablement la région la plus « française » d'Allemagne, et pas seulement par sa proximité géographique. Le seul coin où l'on mange des merguez, et où l'enseignement du français est obligatoire au gymnasium (collège et lycée pour les bons élèves). Une petite exception donc, d'un million d'habitant, ce qui en fait le deuxième Land le moins peuplé.

Si je vous en parle, c'est que son gouvernement est tombé récemment suite à des conflits dans la coalition au pouvoir. Il faut dire qu'ils n'avaient pas fait simple, avec un mélange de droite (CDU + FDP) et des verts. On parle de coalition jamaïcaine, c'était la première tentative d'une telle coalition en Allemagne (2). Cela n'aura tenu qu'un peu plus de deux ans, la coalition ayant craquée pour des querelles de personnes et un bazar monstre chez les FPD (c'est toujours autant de saison chez eux...). , qui n'arrivaient pas à se trouver un chef après la démission (surprise, certes) du précédent en décembre.

Des discussions ont eu lieu pour mettre en place une grande coalition CDU et SPD, mais le SPD en forme dans les sondages a semble-t-il préféré retourner aux urnes. Encore une mauvaise nouvelle pour Merkel, qui voit son parti perdre le pouvoir (1) dans une région à la suite de conflit avec ses partenaires au niveau national. Comme le risque que le FDP sortent une nouvelle fois du parlement, ça ne risque pas d'améliorer l'ambiance au gouvernement. Courage, plus qu'un an et demi à tenir...

(1) Je m'avance un peu sur ce point là, ils peuvent aussi gagner les élections. Mais s'ils ne peuvent plus gouverner avec le FDP, le seul « espoir » pour eux de rester au gouvernement est le SPD où les verts. La grande coalition, ce n'est pas forcément très vendeur durant une campagne électorale. Reste à observer le comportement des verts. Sachant qu'après Hambourg en 2011, c'est le deuxième (sur les deux tentatives) de gouvernement avec la droite qui tombe prématurément, ils n'ont peut-être pas envie de recommencer l'expérience.

(2) Les verts et le FDP ont pourtant de nombreux électeurs en commun, par leur côté « protection des libertés individuelles » et partis alternatifs aux deux grands, tout en restant des partis de gouvernement. Leurs idées sont cependant radicalement différentes sur de nombreux aspects, et il est difficile pour eux de s'entendre sur un gouvernement commun (il suffit de parler « voitures » pour que les deux partis s'engueulent je pense...).

mercredi 14 septembre 2011

Dipl.Ing.

Être en Allemagne, c'est aussi avoir le droit à ce genre de choses :

Titre ingé

Y'a pas à dire, ça pète d'avoir le titre d'ingénieur sur la porte...

mercredi 7 septembre 2011

Élections régionales en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

Ce qu'il y a de bien avec ce Land, c'est que le nom français est encore plus compliqué que l'allemand, Mecklenburg-Vorpommern.

Ce dimanche 4 septembre ont eu lieu les élections régionales dans ce Land nordique l'Allemagne. Cette région cumule malheureusement de nombreux handicaps. Il y a peu d'habitants (1,6 millions, moitié moins que Berlin par exemple), peu de perspectives économiques (Land avec le plus faible PIB par habitants d'Allemagne, et l'un des taux de chômage les plus élevé), et ça ne semble pas prêt de s'arranger. Ainsi, depuis 1990, la région a perdu 250 000 habitants (15% de la population actuelle). La capitale elle-même n'est pas épargnée, elle a perdu 6% de sa population depuis l'année 2000 (seul Rostock, plus grand ville et ville portuaire, a réussi à conserver une population stable ces dix dernières années).

C'est par contre l'une des rares régions avec l'accès à la mer. Cela permet de maintenir une activité touristique, à Rügen par exemple. C'est d'ailleurs l'un des secteurs que le Land tente de développer le plus pour conserver des emplois. Comme dans beaucoup de régions d'Allemagne, surtout à l'Est, des réformes administratives régulières tentent de centraliser les administrations pour diminuer les coûts. Ainsi, il y avait 31 Landkreisen (serait l'équivalent d'un milieu entre le canton et le département en France) à la réunification, plus six villes indépendantes. En 1994, il n'en restait plus que 14 (et toujours les six villes). Depuis hier, il ne reste que 6 Landkreisen et seuls deux villes conservent leurs indépendances administratives.

Voilà pour le contexte général, qui n'est pas très joyeux. Pour le contexte politique, cette région est loin d'être « clef ». C'est une grande coalition gauche droite qui était au pouvoir depuis 2006, et elle s'est déroulée sans conflits majeurs. Difficile d'ailleurs pour la CDU de trop taper sur le SPD, quand leur seul espoir de gouverner est avec eux. Le SPD, de son côté, a ménagé tout le monde en refusant de dire pendant la campagne avec qui il souhaitait gouverner (extrême gauche, comme de 1998 à 2006, ou avec la droite). C'est donc un climat relativement apaisé.

Ce land a cependant une petite particularité symbolique particulière : c'est dans cette région que Merkel est élue députée, et ce depuis la réunification.

Niveau résultat, c'est un peu « comme d'habitude » pour cette année. La droite recule, les libéraux disparaissent, les verts sont à la fête, et le SPD s'en sort bien :

  • SPD : 35,7% (+5,5)
  • CDU : 23,1% (-5,7)
  • Linke : 18,4% (+1,1)
  • Verts : 8,4% (+5,0)
  • NPD : 6,7% (-1,3)
  • FDP : 2,7% (-6,9, ça doit faire mal)
  • Piraten : 1,9%

Les verts dépassent les 5%, et rentrent donc au parlement. Cela leur permet d'être présents dans les 16 parlement régionaux, pour la première fois de leur histoire. Encore une victoire symbolique après leur victoire dans le Baden-Wüttemberg. Ils échouent cependant de peu (un siège, a priori) pour former une coalition avec le SPD.

Pour le FDP, c'est une véritable humiliation. Et ça ne risque pas d'arranger l'état dans le lequel le parti se trouve, avec des francs-tireurs de tous les côtés, et des surenchères à foison. À se demander s'il peut vraiment rester au pouvoir jusqu'en 2013. C'est d'ailleurs très triste de voir ce parti, anciennement pro-européen, taper sur Bruxelles toutes les deux secondes.

Le SPD peut se réjouir. Il revient de très loin, les résultats dans cette région étaient catastrophiques aux dernières élections fédérales. Ce score lui permet de mettre la pression sur ses partenaires de coalitions potentiels, Linke ou la CDU. Son chef a d'ailleurs déclaré vouloir discuter avec les deux, après publications des derniers résultats (cf plus bas). La direction fédérale du SPD s'en est d'ailleurs lavée les mains, en rappelant que les coalitions se décident dans les Länders, pas au niveau fédéral, et qu'il ne fallait pas voir dans la décision un vœu politique au niveau national.

Les résultats ne sont cependant pas complètement définitifs. Il manque une des circonscriptions, qui votera dans deux semaines car le candidat de la CDU est décédé pendant la campagne. La circonscription est a priori un fier de la droite, mais ne devrait pas vraiment influencer la globalité du scrutin.

Enfin, la mauvaise nouvelle. Même si l'extrême droite recule, son niveau reste très élevé. Localement, elle a même atteint 33% des voix sur un bureau de vote. Son implantation dans l'Est du Land semble durable et profonde, ce qui n'est pas une très bonne nouvelle pour la démocratie allemande.

Les prochaines (et dernières de l'année) élections seront à Berlin, dans maintenant une dizaine de jours. La campagne électorale est bien plus médiatisée au niveau national pour la capitale, d'autant que les jeux sont plus ouverts. Il est probable que le SPD reste chef du gouvernement, mais la question sera avec qui. Au pouvoir actuellement avec Die Linke, la marée verte pourrait le contraindre à changer d'alliance. Selon certains sondages, les pirates pourraient même dépasser les 5% et rentrer au parlement (je reste cependant très sceptique, mais on verra bien).

mercredi 27 juillet 2011

Élections des députés de l'étranger

En me renseignant sur le site de mon ambassade favorite pour des soucis administratifs (et dieu sait qu'il y en a parfois à l'étranger (et dieu sait aussi que ce site aime les liens pointant vers des erreurs 404 et des pages à contenu vide, celle-ci par exemple)), je suis tombé sur une nouvelle un peu surprenante :

Quelles sont les modalités de vote depuis l’étranger ?

Pour les élections présidentielles comme pour les législatives, vous pourrez voter en vous rendant aux urnes ou par procuration. La nouvelle loi instaure également pour les Français expatriés appelés à élire leur député, la possibilité d’utiliser le vote à distance :

Le vote électronique par internet (sous réserve de communiquer une adresse électronique aux services consulaires) ; ou par correspondance sous pli fermé.

Le décret d’application fixant les procédures pour ces modalités de vote à distance est en cours de rédaction.

Ainsi, pour la première fois, il va être possible de voter à des législatives par Internet ou par courrier. Je suis assez surpris, et j'ai quelques questions qui me restent en têtes, par exemple :

  • Pourquoi seulement les législatives ? En considérant que se déplacer au bureau de vote est un problème (et ça en est un...), pourquoi ne pas mettre en place le même système pour les présidentielles ? Les législatives seraient-elles une élection au rabais ?
  • Pourquoi ce régime spécial pour les français de l'étranger ? Soit un système de vote est sur, soit il ne l'est pas (et je considère pour ma part, qu'il ne pourra pas l'être. Il n'empêche absolument par des pressions par l'entourage au moment du vote). J'aimerai bien que les règles soient les mêmes pour toutes les circonscriptions.

Je suis assez curieux de voir ce fameux décret d'application en cours de rédaction. Que ce soit pour le vote par courrier ou pour le vote par Internet, il me semble que d'énormes questions de transparences se posent, encore plus que pour les machines à voter. Il n'y a vraiment aucune chance qu'en tant que citoyen je puisse correctement surveiller le vote à venir. Certaines démocraties vivent très bien sans, l'Allemagne depuis 1957 par exemple, avec plus de 21% des votants qui ont participé aux dernières législatives par correspondance. Mais ça mérite un vrai débat, je trouve.

lundi 20 juin 2011

Blague allemande

Je viens de faire les frais d'une nouvelle expérience allemande : la fourrière. Ma voiture était garée sur une place tout à fait légale, dans une rue qu'elle connaît bien (elle y passe 98% de son temps quand je suis à Dresde).

Sauf que, un chantier est arrivé. D'après les papiers que j'ai reçu de la fourrière, le chantier aurait été indiqué à partir du 27 mai, alors que j'y suis passé le 30 et qu'il n'y avait aucun panneau. Mais passons. Donc, ma voiture se fait emmener par la fourrière, sans que je ne sois au courant.

Pendant ce temps, je reste une dizaine de jours à l'hôpital, et ne m'aperçoit de la disparition que le 19 juin. Et récupère donc finalement ma voiture aujourd'hui. Ça fait 20 jours de fourrière. Soit, dans le détail, 129€ pour déplacement et 120€ pour hébergement du véhicule dans un garage. Tellement sympa. Je compte écrire une lettre de réclamation, sans grand espoir...

Ce qui est « amusant », c'est qu'en tant qu'étranger j'ai un régime spécial. Une amie à moi était garée exactement au même endroit et a eu le même problème. Sauf que comme la voiture est allemande, elle a été déplacée dans une autre rue avoisinante, sans fourrière, et elle n'a donc à payer que le déplacement. Pourquoi pas pour ma voiture, je n'en sais rien, mais c'est blasant.

jeudi 26 mai 2011

Élections brêmoises

Les élections pour le Land de Brême ont eu lieu ce week-end. Brême est à la fois le plus petit, le moins peuplé et le plus endetté (par habitant) des Länder. C'est aussi le seul qui n'a pas de continuité territorial (le Land est coupé en deux. La ville de Brême, et un petit morceau sur le bord de mer). C'est aussi un bastion traditionnel du SPD, voir de la gauche en général (les verts y font des très bons résultats depuis 1990 (c'est même le premier Land où ils ont atteints les 5%), le parti communiste (avant son interdiction) et Die Linke également).

Clairement, c'est une élection qui ne fait jamais plaisir à la CDU. Par chance, la taille de Brême fait que ce n'est de toute façon pas très grave pour eux.

Les résultats sont officiels depuis hier. Tout d'abord, et malheureusement, l'absence d'enjeu de cette élection a provoqué une nouvelle abstention massive, avec seulement 56% de participants. Ensuite, petit symbole, la CDU se fait reléguer en troisième position. Je pense que c'est la première fois depuis très longtemps que ça lui arrive dans un des Länder de l'ouest. Ils perdent 5% par rapport à 2007, ça fait quand même beaucoup. La somme de la coalition rouge/verte est impressionnante. Avec plus de 60% des voix, ils écrasent l'opposition et obtiennent 70% des sièges (beaucoup de partis n'atteignant pas les 5% nécessaires pour être représentés).

Et le FDP ? Il se fait éjecter, son score de 2,4% étant très loin des 5% nécessaires. C'est la troisième fois cette année qu'ils se font sortir d'un parlement régional, après les élections du 20 mars en Saxe-Anhalt et du 27 mars en Rhénanie-Palatinat. Sale temps pour les libéraux.

Je conclus sur un bon score de l'extrême droite. Les néo-nazis obtiennent 1,6%, tandis qu'un parti populiste d'extrême droite locale obtient 3,7%. Ça fait beaucoup pour une ville comme Brême.

On arrive désormais à la trêve estivale, les prochaines élections régionales seront en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (au nord-est...) et à Berlin, au mois de septembre. On entend à vrai dire surtout parler des élections de Berlin, ou les verts espèrent réussir à prendre la mairie au SPD. S'ils y parviennent, la tentation pour eux d'être vraiment candidat à la chancellerie fédérale sera encore plus grande. Le symbole serait d'autant plus grand que le SPD y gouverne avec l'extrême gauche, c'est le seul Land d'Allemagne avec une telle coalition.

En Mecklembourg-Poméranie, l'enjeu est à mon avis pour le SPD de rester devant la CDU, voir peut-être d'accrocher une coalition rouge-verte si les verts font un excellent score (c'est le seul Land ou ils ne sont pas au parlement pour l'instant). Se débarrasser de la grande coalition en place est en tout cas pour moi une nécessité.

Dans les deux cas, le FDP a intérêt à redresser la barre durant l'été. Sinon, ils risquent bien de se faire sortir de deux parlements supplémentaires. Ce ne serait pas très bon signe pour leur maintien au Bundestag...

lundi 18 avril 2011

De l'effet des mandats supplémentaires

Les allemands aiment les systèmes de votes un peu complexe, le Baden-Württemberg n'y fait pas exception. J'ai failli attraper un mal de crâne en tentant de le comprendre.

En résumé, le land est divisé en 70 circonscriptions, qui appartiennent chacun à l'une des quatre zones géographiques (Stuttgart/Karlsruhe/Freiburg/Tübingen). Ces 70 circonscriptions élisent au suffrage uninominal à un tour les 70 premiers députés.

Les 50 suivants sont élus à la proportionnelle, avec une seconde voix (l'électeur peut ainsi voter différemment pour la partie élection directe et la partie proportionnelle). On obtient donc en théorie un parlement de 120 députés. Voilà pour le principe général.

En détail, la répartition du nombre de sièges se fait au niveau du Land, à la proportionnelle. C'est à dire qu'un parti obtenant 25% des voix (du deuxième vote, la partie proportionnelle) a le droit à 30 sièges dans l'assemblée, au niveau du Land. Mais pour savoir qui est vraiment élu dans ce parti, on réparti le nombre de sièges dans les quatre zones géographiques en fonction des résultats du parti dans chacune d'entre elle. On peut imaginer ainsi que notre parti à 25% obtienne 8 sièges dans la zone de Stuggart, 8 à Karlsruhe, 7 à Freiburg et 7 à Tübingen.

Ensuite, qui est élu dans ces grandes zones géographiques ? D'abord les candidats « directs ». Si huit candidats sont arrivés en tête dans la zone de Stuggart, on prend ces huit candidats et le calcul est terminé. Si moins de candidats que ça ont été en têtes, on prend ceux qui ont obtenus les meilleurs pourcentages sur leur nom (ainsi si un candidat d'un parti a 27% dans une circonscription et un 23% dans la voisine, on prend celui à 27%).

Tout ça se passe bien si aucun parti n'a « trop » d'élus en première voix. Ça ne se fait pas de renvoyer un candidat élu directement sous le prétexte « vous n'avez pas obtenus assez de voix à la proportionnelle ». Un candidat populaire ne doit pas être écartés du fait des mauvais résultats de son parti. Du coup, tous les élus en trop sont conservés et tout simplement ajoutés à la nouvelle assemblée, en mandats supplémentaires. Et on arrive à un problème quand on a une carte qui ressemble à ça :

BW_Wahlkreise_2011.png (source : Wikipédia).

En noir, les circonscriptions gagnées en première voix par la CDU. En vert les verts, et en rouge pour le SPD.

À la proportionnelle pure, les mauvais résultats de la CDU lui permettraient d'obtenir 51 sièges. Mais elle a gagné dans 60 circonscriptions (69 aux élections précédentes), elle en obtient donc neuf de plus. Sans règle supplémentaire, ça lui aurait permis d'avoir la majorité avec le FDP et de conserver le pouvoir.

Le système de vote cependant ne s'arrête pas là, et permet d'avoir des mandats « de compensation ». Les créateurs du système de vote ont bien vus le piège, s'il est difficilement possible de virer un député élu directement, rien n'empêche de compenser cet afflux par des sièges supplémentaires pour les autres partis. C'est ce que fait le Baden-Württemberg : à chaque mandat supplémentaire, on donne un autre mandat aux autres partis (dont les sièges sont répartis à la proportionnelle).

En résumé, pour le Baden-Württemberg, on obtient ça (proportionnelle / avec mandats supplémentaires / avec mandats de compensation) :

  • CDU : 51 / 60 / 60
  • Grünen : 32 / 32 / 36
  • SPD : 30 / 30 / 35
  • FDP : 7 / 7 / 7

Cela permet une légère majorité Grünen/SPD, comme la proportionnelle pure en aurait décidée.

Le « soucis », c'est que si les mandats supplémentaires sont une constante dans les votes allemands (pour ce que j'ai pu en voir en tout cas), les mandats de compensations n'existent pas toujours ou pas toujours aussi efficace (un pour un) comme au Baden-Württemberg. Ainsi, en Schleswig-Holstein la droite a une majorité de sièges sans avoir une majorité de voix.

Au niveau fédéral, les élections pour le Buntestag ne comportent aucun mécanisme de compensation. C'est ainsi que la CDU/CSU/FDP ont une majorité de 21 voix au parlement, alors qu'ils ont obtenus 24 mandats supplémentaires. Une fois encore, ils n'auraient pas de majorité avec un mécanisme de compensation.

Ce qui me dérange pour la suite, c'est l'évolution des votes. Le système « première voix / seconde voix » fonctionne assez bien avec deux gros partis de droite et gauche, et quelques satellites. La CDU et le SPD ont ainsi obtenus tour à tour des mandats supplémentaires, et ces mandats confortaient ainsi une tendance générale. Pour obtenir des mandats supplémentaires, il faut tout de même ultra-dominer au moins un des Länder, ce qui n'est pas si simple. On obtenait ainsi en 2005 :

Germany_election_districts_2005.png(source : Wikipédia)

Grâce à sa domination au nord, le SPD obtenait 9 sièges supplémentaires. Grâce à sa domination au sud, la CDU 7.

En 2009 :

Bundestag_Wahlkreise_2009_Erststimmenmehrheit.png (source : Wikipédia).

À mon avis, on peut voir apparaître une Allemagne (au moins de l'Ouest, à l'Est les violets (Linke) resteront probablement en tête dans certaines circonscriptions) quasiment toute noire en 2013. En effet, les verts prennent de plus en plus d'importance et grignotent les voix du SPD. Sans compter Die Linke, qui disperse encore plus les voix « de gauche ». Sachant que dans de nombreuses circonscriptions, le « vainqueur » se joue à quelques pourcents, l'impact sera non négligeable. Dans une telle situation, il est très facile pour la CDU d'arriver en tête. Même si la CDU perd en voix, elle pourra ainsi se maintenir comme force de premier poids avec les mandats supplémentaires qu'elle obtiendra. Voir même gagner des députés dans certains Länder. Dans le cas d'une élection un peu serrée, il est clair que cet avantage sera décisif. Et récemment, toutes les élections du Bundestag étaient serrées...

C'est pourquoi quand je lis certains articles sur la possible survie de Merkel aux prochaines élections, je suis prêt à le croire. L'affaiblissement du SPD et la forte poussée des verts rendent une coalition Noire/Verte très probable. Tout simplement car il n'y aura pas d'autres choix (autre que la grosse coalition) pour obtenir une majorité au parlement.

mardi 29 mars 2011

Du côté du Baden-württemberg

Je voulais au départ faire un article résumant les quatre dernières élections régionales. Beaucoup de choses intéressantes se sont récemment déroulées dans la vie politique allemande, mais je vais rester raisonnable et seulement m'attaquer au plus gros morceau : le Baden-württemberg.

Les conséquences du vote dans ce Land sont telles qu'on a pu lire les résultats dans tous les grands journaux quotidiens français, ce qui est assez rare. Concrètement, la droite a perdu un fief qu'elle tenait pourtant depuis le retour de la démocratie en Allemagne (je mens un peu. De 52 en 53, c'était une grosse coalition entre gauche et droite. Un an...). Plus encore, pour la première fois le Land sera dirigé par un ministre-président vert. Enfin, le résultat de ce vote ne s'est pas construit sur une forte abstention, avec des électeurs de droites partis à la pêche. Bien au contraire. En voix, la CDU a gagné plus de 100 000 votes par rapport aux dernières élections. Insuffisant, car l'abstention a massivement reculé avec plus d'un million de votants supplémentaires. Cela a permis aux verts d'engranger 700 000 voix de plus, alors qu'ils n'en avaient que 450 000 en 2006.

Je vais tenter de faire un petit résumé des possibles raisons de ce vote.

Point de vue local

Les élections régionales allemandes sont avant tout des élections locales. Et dans les thèmes dominants, on peut clairement citer Stuttgart 21. C'est un projet ferroviaire qui est fortement critiqué par les écologistes, notamment car le tracé conduit à la destruction d'espaces verts. Le coût est également très élevé, et la population se demande s'il n'est pas possible de faire mieux pour moins cher.

Ce projet a été mis sous les projecteurs fin septembre 2010. Ce jour là, une manifestation qui tentait d'empêcher la coupe d'arbres centenaires a été violemment réprimée par la police. Les manifestants ont ainsi été aspergés de lacrymogène, nettoyés à coup de canon à eau, et légèrement secoués par les forces de l'ordre. Le genre de méthodes classiques utilisées contre les casseurs Néo-nazis ou leurs opposés d'extrème gauche. Sauf que là, c'était des familles. Avec notamment des enfants, des retraités. On était très loin d'une manifestation violente, et la réaction semblait disproportionnée. Deux manifestants ont été blessés aux yeux, dont un qui est devenu complètement aveugle.

J'étais ce jour là en voiture vers la France. Et la radio allemande passait en boucle des témoignages, des reportages sur place, etc. Tous les programmes habituels étaient bouleversés et remplacés par cette « bavure ». Plus que les manifestations, cette répression inhabituelle dans un pays comme l'Allemagne a choqué, et a propulsé ce débat au niveau national.

Semi-local

Si le Baden-württemberg est une des régions les plus industrieuses d'Allemagne, elle contient aussi quatre des 17 réacteurs nucléaires allemandes. Dont deux très anciens, qui devaient être arrêtées en 2011 et 2013 selon la loi votée par le SPD et les Verts en 2002. L'ancien ministre-président est également l'un des plus grands défenseurs de la filière nucléaire au sein de la CDU. Suite aux évènements japonais, le débat sur le nucléaire a été relancé partout en Allemagne mais a pris une résonance particulière dans ce Land.

Le comportement de Merkel n'a d'ailleurs probablement pas aidé. Elle a complètement retourné sa veste sur le sujet, en déclarant un moratoire de six mois sur la prolongation de durée de vie des centrales et en suspendant les activités des plus vielles. Elle déclarait pourtant peu auparavant que les centrales allemandes étaient les plus sûres du monde. Une telle manœuvre électoraliste s'est vue. Sur le fond, elle a été attaqué par son propre camp, notamment l'ancien chancelier Helmut Kohl qui habituellement se tait. Sur la forme, elle a vraiment merdé jusqu'au bout. Sa suspension n'est pas passé par le parlement, et était du coup probablement illégale. Pour quelqu'un qui a construit sa réputation sur une certaine rigueur, ça ressemble à quelqu'un qui gouverne à vue.

Sur le plan international

Parlons maintenant de la Lybie. Merkel n'est pas forcément directement concernée cette fois, mais bien ses alliés du FDP, les libéraux. Le chef des libéraux (Guido Westerwelle) est en effet ministre des affaires étrangères. Contrairement aux habitudes françaises, son pouvoir est grand. C'est notamment lui qui a dirigé toutes les manœuvres diplomatiques allemandes sur le sujet, notamment l'abstention allemande au conseil de sécurité de l'ONU.

Les allemands sont profondément anti-militaristes, on aurait pu s'attendre à un certain soutien populaire. Un peu comme Schröder a pu sauver sa peau en se déclarant contre la guerre en Irak peu avant les élections fédérales. Sauf que pour beaucoup, l'Allemagne a été trop loin. C'est une chose de refuser d'envoyer ses soldats, s'en est une autre de s'abstenir à l'ONU et de se retrouver dans le camp de la Russie/Chine plutôt que le côté France/USA/Angleterre. Si Sarkozy est attaqué en France pour son manque de concertations avec les autres pays d'Europe, le gouvernement Allemand subit exactement les mêmes critiques.

Pire encore, Guido Westerwelle semble parier sur un échec de la coalition. Par ses déclarations et ses postures, on croirait vraiment qu'il espère que la coalition se plante afin de pouvoir dire « je vous l'avais bien dit ». Il est accusé de tourner en ridicule la diplomatie allemande, et ne ressemble vraiment plus à un homme d'état.

Bien entendu, une campagne électorale c'est bien plus que trois sujets. Mais je pense qu'ils résument les principaux sujets de discussions, et peuvent en partie expliquer la déroute de la droite. Les sujets sont porteurs pour les verts, qui sonnent moins comme le mal « de gauche » comme le SPD. Ils étaient clairs sur la coalition qu'ils mettraient en place, mais il est probable que de nombreux déçus par les conservateurs préfèrent voir un vert à la tête du Land qu'un membre du SPD. De plus, tout n'est pas non plus un hasard. Le Baden-württemberg était déjà traditionnellement une terre verte, les scores électoraux des verts y étaient bien meilleurs que la moyenne nationale. Ils y sont bien implantés, et leur candidat pour la place de ministre-président est considéré comme un pragmatique.

La conclusion sera un petit rappel des scores des différents partis. J'espère trouver le temps de faire un petit article sur le système de vote, qui a failli provoquer une aberration démocratique dans les résultats finaux. Pour mémoire, il faut 5% pour entrer au parlement (et oui, le FDP a vraiment eu chaud aux fesses).

  • CDU : 39% (conservateurs)
  • GRÜNE : 24,2% (verts)
  • SPD : 23,1% (sociaux-démocrates)
  • FDP : 5,3% (libéraux)
  • Die Linke : 2,8% (extrême-gauche)
  • PIRATEN : 2,1% (parti pirate)
  • REP : 1,1% (extrême droite)
  • NPD : 1% (néo-nazis)

mardi 26 octobre 2010

Le RFC 2410

Dans la catégorie RFC amusant, je connaissais déjà le très classique RFC 1149, décrivant la transmission de paquets IP par des pigeons voyageurs (version anglaise, version française).

J'ai découvert aujourd'hui le RFC 2410, qui décrit l'algorithme de chiffrement "NULL". Ce chiffrement, ne fait tout simplement rien. Il est pourtant étudié de bout en bout, que ce soit par un cours historique, des vecteurs de tests pour vérifier que l'algorithme fonctionne, etc.

Je ne dis pas que c'est la lecture du siècle, mais c'est sympa pour comprendre la structure d'un RFC, sans avoir à se prendre la tête pour comprendre le contenu.

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