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mardi 13 juillet 2010

Comparaison France - Allemagne

Une comparaison entre la France et l'Allemagne revient très facilement dans les conversations et dans les médias. Et aussi dans la bouche de politiques français. Hier le président de la république a répété encore une fois un propos faux :

Le bouclier existe depuis plus de vingt ans en Allemagne. Je vais donc faire la même chose en France

La seule chose pouvant s'en approcher était un arrêt de la cour constitutionnelle de 1995 (donc déjà 15 ans, et pas 20...). Cet arrêt interdisait que l'impôt sur la fortune soit supérieur à 50% des revenus d'un citoyen. Cet impôt a été depuis supprimé, et cet arrêt ne sert donc plus à rien. En 2006, cette même cour a affirmé que l'impôt sur le revenu, lui, pouvait bien être supérieur à 50%, et qu'il n'existait pas de limite haute (il ne doit juste pas être « excessif »).

Cette comparaison France-Allemagne est donc complètement foireuse, et aurait plutôt tendance à argumenter en faveur de l'inverse du propos tenu par le président. Mais bon, c'est pas la première fois qu'il le dit, et malgré des articles de journaux contredisant ses propos, ça ne semble pas près de s'arrêter. C'est juste choquant qu'il ne soit pas contredit quand il sort des mensonges pareils à répétition (la première fois, on peut laisser le bénéfice du doute au journaliste de ne pas être informé sur le sujet, mais là...)

vendredi 4 juin 2010

De la météo...

Juste un chiffre : 99,4 heures. Le temps d'ensoleillement à Dresde au mois de mai de cette année. C'est moins de la moitié de la moyenne (224,7h en 2009 et 263,7h en 2008 par exemple). Il y eu 9 jours sans aucun soleil sur ce mois. C'est le record minimal du nombre d'heures depuis au moins 1976 (j'ai pas les données pour plus tôt...). Et une pluie six fois supérieure à ce que j'avais connu en mai 2008 en arrivant...

En résumé : un bon temps pourri, espérons que le mois de juin soit plus clément !

dimanche 9 mai 2010

Merkel est NRW ?

Ce dimanche 9 mai avait lieu dans le Nordrhein-Westfalen (ou NRW) les élections régionales. Cette région était gouvernée depuis 5 ans par la droite, après 40 ans de domination à gauche. C'est donc plus ou moins un « retour à la normale » qui s'est opéré aujourd'hui avec la défaite des conservateurs et libéraux.

Une fois de plus, la chute de la CDU (droite conservatrice, parti de Merkel) ne s'est pas traduite par une remontée du SPD (socialistes). Les verts sont les grands gagnants, ils doublent leur résultat précédent avec plus de 12%. Et l'extrême gauche, Die Linke, confirme son implantation partout en Allemagne en rentrant dans un parlement régional supplémentaire. Cependant, l'entrée de Die Linke ne semble pour l'instant (les résultats ne sont pas définitifs) pas empêcher une coalition « rouge verts » (SPD et vert) pour gouverner.

Ce scrutin régional a une forte influence nationale. D'abord parce qu'un allemand sur cinq habite en NRW... Ensuite parce que le NRW, c'est 6 voix (sur 69) au Bundesrat, la chambre haute allemande. Et ce n'est pas proportionnel, les partis au gouvernement emportent l'ensemble de la mise. Cela fait perdre la majorité aux conservateurs et libéraux, et le Bundesrat a le pouvoir de bloquer énormément de lois (tout ce qui touche de près ou de loin aux revenus des régions, ou à leurs domaines de compétences qui sont définies dans la loi fondamentale allemande).

Ça sent donc le sapin pour de nombreuses réformes prévues, en particulier la réforme de la fiscalité. Il faudra que le gouvernement arrive à trouver des compromis avec une partie de l'opposition. La « bonne nouvelle » c'est que contrairement à ce qu'on peut lire dans les journaux français, il ne sera pas nécessaire à la droite de se mettre d'accord avec le SPD. Les voix des verts, qui gouvernent avec la droite en Sarre et à Hambourg, suffiront (parce que oui, le Bundesrat c'est compliqué...).

Et maintenant, c'est reparti pour un an. Les prochaines élections se dérouleront en 2011, avec le renouvellement de six parlement régionaux sur les seize que compte l'Allemagne.

samedi 24 avril 2010

De retour à Dresde

C'est de l'information pas très fraîche, un peu comme du poisson de Bretagne qui arriverait en Saxe pendant qu'un nuage de cendre se promène sur l'Europe. Mais voilà, je suis de retour à Dresde depuis la toute fin mars. Après six mois de vie en collocation à Rennes pour suivre ma dernière année de formation d'ingénieur, je fais donc désormais mon stage de fin d'étude à la faculté technologique de Dresde.

Le sujet de mon stage est l'amélioration de JAP, j'en avais déjà parlé un peu dans un précédent billet. Actuellement ce logiciel fonctionne très bien et garanti une navigation anonyme sur internet. Mais il est malheureusement trop facile à censurer. L'installation de serveurs de Mix est très coûteuse, et n'est donc pas envisageable à grande échelle. Un censeur peut bloquer les IP de ces serveurs, et c'est la fin du système. C'est là qu'intervient mon stage, permettre un système anti-censure efficace (par utilisation de relais en P2P, en faisant de l'IP over Skype, et toutes les autres solutions étranges que l'on pourrait imaginer...). L'objectif est d'avoir suffisamment de solutions pour forcer la censure à bloquer l'ensemble de l'internet, ou à ne rien bloquer pour quelqu'un qui utilise le logiciel.

Au niveau des conditions de travails, c'est plutôt cool. Je fais ce que je veux sur mon ordinateur, j'ai deux grands écrans, deux adresses IP publiques rien que pour moi et aucun filtrage en flux sortants. Et plus important, au niveau humain, ça se passe très bien avec mon chef. Donc je suis très content d'avoir choisi ce stage :)

Sans parler du logement qui sera le sujet d'un prochain billet, je suis content d'en avoir terminé la semaine dernière avec tous les points administratifs. L'inscription à la faculté a été un peu laborieuse (mais bon, c'est ça d'être un étudiant en dehors d'un accord, il y a plus de papiers à fournir que pour un erasmus...). En revanche, l'inscription à la ville à été des plus simples, J'avais de toute façon oublié de me désinscrire en sortant donc ils ont juste effectué un changement d'adresse. Et maintenant que tout ça est fait, je sais que je vais être tranquille pour les six mois à venir.

vendredi 1 janvier 2010

1262300400

Quarante ans et une heure après epoch, je vous souhaite une très bonne année ! Et au passage, une bonne décennie :)

Pour ma part je suis très content de mon année 2009, et j'espère que la 2010 sera toute aussi bonne. Surtout que c'est une année ou il va me falloir rencontrer quelques décisions avec une influence importante sur le futur ;)

jeudi 31 décembre 2009

Lecture plus ou moins récente

Depuis que je suis rentré en France, je me suis accordé beaucoup plus de temps pour lire, notamment en allant régulièrement à la bibliothèque de Rennes (gratuite pour un an pour les nouveaux résidents). Tous ne m'ont pas marqués, mais voici une petite sélection des livres que j'ai bien aimé lire.

Une certaine idée de l'Europe, de George Steiner.
Il m'était prêté par un ami et j'ai beaucoup aimé. Rapide à lire, intéressant tout du long, je le recommande chaudement.

Nmap Network Scanning de Gordon “Fyodor” Lyon.
Je l'avais acheté en version allemande juste avant de rentrer. Les parties inintéressantes sont rares (Zenmap...), et j'ai en particulier apprécié le chapitre sur la détection des systèmes d'exploitations. Plus qu'un manuel d'utilisateur d'un logiciel, il est rempli de détails techniques très intéressants sur les réseaux (en particulier TCP/IP), et sur les méthodes de scan. Et puis, c'est de l'OpenSource Press...

Der Vorleser de Bernhard Schlink (Le Liseur en français).
Très agréable à lire en langue originale, et ne demande pas un vocabulaire trop spécialisé (pas comme les premières pages de Das Parfum par exemple...). J'ai trouvé certaines parties un peu longue, mais l'ensemble reste très très bon (il paraît que c'est aussi un Bestseller et qu'il y a un film, j'en avais personnellement jamais entendu parler jusqu'à ce qu'on me le mette dans les mains).

Sécurité informatique : Principes et méthode de Laurent Bloch.
Sur les conseils de guiling j'avais tout d'abord emprunté le livre à la bibliothèque de Rennes. Il n'est pas trop technique, mais plutôt « politique », passant en revu de nombreux préjugés et listant les bonnes pratiques. Le genre de choses qui manquent parfois dans un enseignement supérieur. Je l'ai tellement apprécié que je l'ai acheté d'occasion sur Amazon (à un prix plus que raisonnable, j'ai eu un peu de chance).

Les virus : théorie, pratique et applications de Eric Filiol.
Celui là je l'ai emprunté un peu par hasard et sans grande conviction à la bibliothèque. Je ne l'ai pas encore complètement fini mais il est très intéressant. Je n'avais jamais fait de virologie, ce qui explique peut-être mon enthousiasme. Je trouve en tout cas qu'il y a matière à apprendre énormément. La partie théorique mathématique du début est un peu rebutante pour un esprit mal réveillé, mais utile pour la suite. Ce que j'ai apprécié dans ce livre c'est véritablement l'approche théorique, et les exemples détaillés (exemples écrits pour Linux, ça change).
Si j'étais riche, je me l'achèterais certainement. Mais pour l'instant, les éditions Springer, ça reste vraiment trop cher pour moi... Dommage, j'ai pas vu la suite à la bibliothèque...

J'ai aussi lu Histoires de Prévert, c'est le genre de choses très pratiques à lire dans le bus ou ce genre de choses ou l'on a peu de temps. J'ai préféré Paroles (lu l'an dernier), mais il y a tout de même du très bon dans ce recueil (faut dire que Paroles contient « Le cancre » et « Barbara », c'est un peu tricher...).

Les autres livres que j'ai lus durant cette période étaient souvent décevants, certains je n'ai même pas réussi à les terminer, ce qui est tout de même très rare. Des titres à oublier donc...

mardi 8 décembre 2009

Dans le froid du béton

Après un très bon week-end à Lille, je suis rentré par un TGV avec une correspondance à Massy. Je m'en voudrais de parler du retard d'une demi-heure que le train a eu. J'ai par contre été pas mal choqué par cette gare, qui est tout sauf accueillante. En résumé :

  • seulement deux commerces, un point Relay et une location de voiture (fermée, vu l'heure)
  • aucun endroit « chaud » ou s'arrêter. Tout est ouvert au grand vent, et les colonnes chauffantes étaient en panne ou éteinte (ces jolies colonnes rouges, ou l'on peut voir les gens s'agglutiner dans les gares françaises pendant l'hiver...)
  • Des quais glauques au possible. Énormes, mais vides, construits entièrement en béton
  • Rien dans les environs, aucun espoir d'aller prendre un café au chaud dans un commerce local.

Cette gare est certainement dans la même gamme que les gares récentes pour le TGV (même si Massy n'est clairement pas récente). Des gares loin des centres, ou l'on accède en voiture, sans vie. Je pense ainsi par exemple à la gare de Lorraine TGV ou la gare de TGV Haute-Picardie (je met un lien vers Wikipédia car le nom de « gare des betteraves » m'a beaucoup plu).

Ces gares ont probablement une utilité. Même si venir en voiture pour prendre le train, c'est un peu aberrant. Mais j'essairai de ne plus y avoir à faire de correspondances, ne faire que descendre et monter dans les trains, le plus rapidement possible. Rester une demi-heure dans le froid, dans un endroit vide et glauque, y'a mieux pour terminer un week-end. Le pire c'est d'avoir froid au main en lisant son livre, il faut vraiment que je pense à m'acheter des gants. Et j'ai eu une petite pensée pour les gens du train de Strasbourg qui attendaient, le train avait deux heures de retard.

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Mon ami le pigeon, qui a trouvé un endroit au chaud ou il a le droit de se poser. Ce fut ma seule compagnie pendant 20 minutes. Il est resté tellement immobile que j'ignore s'il était bien vivant.

petiteIMG_2232.JPG Un grand quai, vide. Un bon couloir de vent, bien évidemment. Le bruit quand un train passe à côté, à pleine vitesse (et ils sont nombreux, c'est un grand point de passage), est assez sympathique.

Seule fantaisie dans ce monde totalement uniformisé, le nombre de carreaux de carrelage entre deux bandes noires n'est pas uniforme. S'il y a le plus souvent 10 carreaux, la bande ou se trouvait mon banc (pardon, pas vraiment un banc, un truc pour être assis/debout) en comportait 11. Action volontaire prédéterminée dans le cahier des charges, ou excentricité (voir erreur) lors de la réalisation ? Je n'ai pas fait le tour du quai pour regarder si en fin de compte, cette erreur était périodique.

jeudi 3 décembre 2009

Du changement des mots de passe

Aujourd'hui, pour la première fois depuis que j'ai ce code, j'arrive à taper sans erreur et sans aller le vérifier mon code pour accéder à mes comptes en ligne. Une belle victoire. Sauf que le serveur, il a dû le sentir que j'avais réussi sans tricher...

Pour des raisons de sécurité, vous devez aujourd’hui procéder à une modification de votre code secret.
Vous allez être automatiquement dirigé vers l’espace de modification de votre code secret.
Disposant alors de votre nouveau code secret, vous pourrez utiliser BNPPARIBAS.NET en toute sécurité.

Moi aussi je suis content que les « mesures de sécurité » m'obligent à trouver un nouveau moyen de ne pas le perdre, de manière « sécurisé » .

mardi 10 novembre 2009

De retour d'Espagne

Ce week-end je me suis rendu en Espagne, à Santander pour être précis, afin de rendre visite à une amie rencontrée à Dresde. La ville de Santander n'est pas vraiment jolie, mais les environs sont vraiment magnifiques. Entre les montagnes et la mer, le coin a beaucoup de charme.

Malheureusement la météo n'était pas vraiment au rendez-vous avec quatre jours de tempête. Cela nous a tout de même permis de magnifiques moments. Un arc-en-ciel au dessus de la mer qui fonce vers nous, et la grêle qui arrive quand il passe au bas de la falaise c'est vraiment très sympa :) Le tout avec des changements de luminosité et des vagues énormes sur la mer. Je n'avais pas mon appareil photo sous la main mais ça restera pour moi l'une des images de ce week-end.

Autrement nous avons été visiter des petits villages des environs dont j'ai oublié le nom. C'est très sympa, avec des églises du XIIième siècle bien conservées. Et puis bien entendu, la mer, la forêt, les dunes, les vagues, les escargots.

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Pour oublier la pluie nous avons aussi été à Bilbao, pour visiter notamment le musée Guggenheim.

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J'ai beaucoup apprécié le centre-ville ancien de Bilbao. Les ruelles entièrement piétonnes sont très agréables, avec des petits commerces un peu partout et une ambiance sympathique à la tombée de la nuit. Ça doit être très sympa d'y vivre, même si les environs immédiats sont un peu moins jolis que ce que l'on a pu voir dans la région.

Je suis rentré super content de notre (trop...) court week-end. Ça fait un bien fou, et c'est toujours amusant de croiser par hasard des Erasmus allemands actuellement à Bordeaux, qui viennent de Dresde et rendent visite un autre ami. L'Europe, c'est tout petit parfois. J'espère pouvoir y retourner en dehors d'une période de tempête, plus proche de l'été ! Par contre, c'est parfois handicapant de ne pas parler un seul mot de la langue du pays...

Autrement ici c'est ce soir le début d'un grand week-end (le pont du 11 novembre nous est offert par l'école), avec à la fin les interclubs dimanche. Ça va être sympa de refaire les interclubs, après trois ans d'arrêt (même si les temps ne sont plus au rendez-vous, le plaisir de nager reste :) ). Et puis vu les nages ou je participe, ça ne sera pas trop fatigant...

dimanche 27 septembre 2009

Plouf plouf le SPD

La soirée électorale en Allemagne commence à être bien avancée et cette fois-ci pas de surprise ni de suspens comme les deux premières élections (il y a 8 ans le candidat de droite se déclarait vainqueur vers 20h avant d'être finalement vaincu, en 2005 la grande inconnue était le nombre de sièges exacts de la CDU/CSU et du SPD pour savoir le plus grand groupe à l'assemblée, à qui reviendrait la chancellerie (la CDU de Merkel avait finalement gagné, d'un siège, entraînement la retraite de Gerard Schröder). En bref, le SPD s'est effondré et la droite revient complètement seul au pouvoir avec une alliance des libéraux et des conservateurs.

La CDU n'a pourtant pas de quoi pavoiser, perdant elle aussi des voix. Elle gagnera cependant des sièges mécaniquement, du fait du système allemand à deux voix par électeur. Une voix pour un candidat de circonscription élu au suffrage uninominal à un tour, la seconde pour une liste à la proportionnelle. La première moitié des candidats est donc habituellement soit SPD, soit CDU, aucun autre parti ne pouvant prétendre à être premier sur une circonscription. La débâcle du SPD fait passer en tête la CDU à de nombreux endroits (exemple à Leipzig, bastion de gauche, avec 65% des voix SPD+Linke+Verts. La CDU gagne, première avec 28% des voix...), voir même à Die Linke dans l'Est.

Pour les deux « grands » partis, c'est la suite d'une chute qui semble sans fin, alors qu'ils avaient environ 80% des voix il y a 10 ans à eux deux, ils en rassemblent moins de 60% désormais.

Ces élections étaient l'occasion pour la presse française de parler énormément d'Allemagne (et on en reparlera certainement avec la chute du mur). J'ai vu beaucoup de sottises, d'informations fausses, mais aussi quelques articles qui méritent à mon avis qu'on y jette un œil. Le premier sur la loi Hartz IV, symbole de la droitisation du SPD qui le paie certainement encore aujourd'hui. Le second sur la Saxe, et surtout les libéraux en fait. Le Zastrow dont il est question en fin d'article était candidat dans ma circonscription aux municipales puis régionales à Dresde quand j'y étais encore. Enfin, une courte introduction au Piraten Partei (qui n'entrera pas au parlement cette fois-ci, avec 2% des voix. Ils sont cependant le plus gros des partis non représentés au parlement).

Ce qui me semble inquiétant c'est la diminution de la participation, qui tombe à 71%, perdant 6% (et battant le record d'abstention de 2005...). Avantage par rapport à la France, on est automatiquement inscrit sur les listes électorales, ce chiffre représente donc l'ensemble des votants potentiels. Mais tout de même, cette chute n'est pas belle à voir. Espérons que la fin de la grande coalition redonne un peu de vie à tout ça.

samedi 26 septembre 2009

Changement de ville

Et voilà, il a bien fallu en partir un jour. Après un an et demi à Dresde, je suis revenu en France, à Rennes pour être précis. J'y emménage pour ma troisième année d'ingénieur, en collocation (s'il fallait bien importer un truc d'Allemagne, c'était ça...), dans le centre de la ville.

Je ne dirais pas tout ce qui me manque déjà ; ma vie à Dresde pendant ces trois semestres était bien remplie, intéressante sur bien des points, c'est une expérience que je ne suis pas prêt d'oublier. En revanche, quelques points positifs (il faut bien en trouver...) de ce retour en France :

  • Y'a plein de crêpes (bonnes) à manger, sans être obligé de les faire soit même
  • Les serveurs dans les bars comprennent quand je dis « bloody mary » (en Allemagne ça ne fonctionne jamais du premier coup, et ils trouvent ça vraiment très drôle (surtout que c'est le cocktail que je bois le plus souvent))
  • On peut acheter une bouteille d'eau avec une carte bleue, et juste une bouteille d'eau (du coup, je n'ai plus rien dans mon portefeuille en argent liquide)
  • Le cidre existe (ça va un peu avec les crêpes en fait...)
  • Les cordons-bleus sont de retour
  • L'eau dans les restos est gratuite et facile à obtenir
  • On ne paie pas la piscine à l'heure...

C'est un peu « estomac ciblé », mais je n'ai pas encore eu le temps de vraiment atterrir pour remarquer le reste.

Dans les nouveautés intéressantes je reprend activement la natation, avec cinq entraînement prévus par semaine. Dans les autres nouveautés, j'ai ouvert une catégorie Bretagne et en particulier Rennes sur ce blog. Il n'est plus très actif depuis un moment, mais c'est pas une raison. J'aurais plein de choses à dire sur Dresde encore, mais je ne pense pas le faire ici, je n'ai jamais réussi à écrire des choses sur des sujets « vieux ».

Mes premières impressions sur Rennes sont relativement positives. La ville est relativement jolie, la vie active, il en ressort une certaine qualité de vie. Et en plus, je profite du soleil depuis que je suis arrivé. Du fait de la piscine j'ai rarement encore beaucoup de forces pour me promener, mais voici déjà quelques photos :

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Le centre est surtout piéton ou vélo, à la rigueur bus, et les prix de stationnement sont hautement dissuasifs. Ça tombe bien, j'ai un vélo tout beau, tout remis à neuf !

Ah oui, et demain c'est les élections législatives en Allemagne.

lundi 31 août 2009

Élections régionales

Je lis régulièrement la presse française pour lire les articles qu'ils peuvent écrire sur l'Allemagne. On y trouve régulièrement des erreurs (un article du figaro qui confondait l'ancien maire et la nouvelle maire, élue depuis plus d'un an, il lui aurait suffit d'aller faire un tour sur Wikipédia vérifier son information au journaliste...), mais parfois des vraies perles. On peut lire aujourd'hui dans Le Monde (en parlant des élections de dimanche et de Die Linke) :

En Thuringe et en Saxe, deux Länder de l'ex-RDA, son parti s'est imposé comme deuxième force politique.

Une partie de l'information n'est pas fausse, Die Linke est bien la seconde force politique dans ces régions. Mais « s'imposer », c'est assez choquant. Ça semble neuf, comme la suite de l'article l'explique en Sarre. Pourtant, comme on peut le voir ici, le PDS, puis Die Linke, on fait jeu égal dès 1994 avec le SPD, et dès 1999 étaient bien devant le SPD, en Saxe. Même genre d'idée en Thüringe, le PDS est devant le SPD depuis 1999. Ça fait juste dix ans que Die Linke s'impose comme la seconde force politique dans ces régions...

samedi 22 août 2009

Nouvelles en vrac

Le temps passe, et mine de rien, Dresde cela sent énormément la fin. J'ai cependant encore l'occasion de découvrir énormément de choses. Depuis le mois de juin, je me suis rendu quatre fois en Suisse Saxonne pour y faire des randonnées et dormir à la belle étoile (enfin pas exactement, plutôt dans une des grottes que l'on peut trouver facilement sur place). C'est fortement dépaysant, et permet de faire des week-end à une demi-heure de train.

Au jour le jour, la découverte des nombreux lacs qui existent à l'intérieur même de la ville de Dresde n'est pas désagréable. Rejoindre la campagne et se baigner dans un lac en utilisant uniquement le tramway, c'est un plus non négligeable (et encore, je pourrais y aller en vélo aussi...).Et puis c'est moins cher que la piscine et ouvert en permanence :) Pas de murs pour tourner à chaque longueur, mais on a vu pire comme désavantages.

D'un point de vue « vie locale », c'est reparti depuis le début du mois pour les campagnes électorales. Après la courte pause à la suite des élections européennes et municipales, la semaine prochaine c'est au tour du parlement de Saxe de se renouveler, le tout à moins d'un mois des élections fédérales. La campagne régionale me semble bien plus active que ce que j'ai pu voir pour l'instant et pourrait conduire à une modification importante de la composition du parlement, avec une grosse poussée des libéraux (qui gagnent de ma part le titre de la campagne la plus ennuyeuse, avec les mêmes slogans et pancartes quelles que soient les élections...) et une remontée du SPD (parti socialiste allemand), même si ce pour dernier vu le score de la législature précédente ça ne devrait pas être trop dur (avec 9,8% des voix seulement). Petit espoir également de voir le NDP (parti néo-nazi) sortir du parlement s'ils ne dépassent pas les 5%. La campagne du NPD est d'ailleurs assez violente, et les contre-campagne qui vont avec aussi. Comme la publicité politique est autorisée en Allemagne, cela permet de voir ce genre de choses dans les rues :

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Le texte sur la pancarte c'est « Va voter, avant qu'ils ne l'interdisent ».

Dans tous les cas je suis assez curieux de savoir les résultats, même si cette fois je n'aurais pas le droit de participer au scrutin. Le Parti Pirate présente lui aussi une liste pour la première fois en Saxe, et est déjà un peu plus visible que lors des élections européennes.

J'ai pu également commencer, après trois semestres, quelques points négatifs sur les allemands du coin :

  • J'ai rien contre les chiens (ils en ont beaucoup), mais en laisse dans les endroits « publics » comme sur les bords de l'Elbe, ça ne serait pas plus mal.
  • Le cliché de l'allemand de l'est qui se met un peu facilement tout nu n'est pas faux, que ce soit dans les vestiaires des piscines ou sur les bords des lacs.
  • Le téléphone portable n'est malheureusement pas interdit à l'intérieur des trains, contrairement à la France ou il est demandé de téléphoner sur les plates-formes.
  • La ponctualité de la Deutsche Bahn n'a pas grand chose à envier à ce que l'on peut connaître parfois en France.
  • Le centre d'information touristique officiel de la ville de Dresde qui n'accepte que le liquide, même pas les cartes bleues allemandes, ça fait rêver.


Ça reste des petites choses pas bien graves :)

mardi 28 juillet 2009

Adieux combinaisons !

C'est une jolie victoire pour énormément de monde, la FINA vient d'interdire les combinaisons pour les compétitions de natation. La fin d'années de polémiques, d'abord locales lors de l'apparition des premières puis à grande échelle depuis environ un an (qui n'a pas lu un article dans les journaux sur les combinaisons « aussi technologiques que des voitures de F1 » ?).

Il reste beaucoup d'interrogations, la date exacte d'interdiction notamment. Que va-t-on faire également de tous les records battus récemment ? Il est probable qu'ils deviennent indécrochables pour de nombreuses années à venir, restant encore plus longtemps que les records des allemands de l'Est dans les années 80.

Économiquement également la reconversion risque d'être dur, à tel point que la FINA semble prête à accorder un délais aux distributeurs, le temps qu'ils réapprennent à confectionner des maillots de bains...

APPLICATION – Considering the time needed for manufacturers to produce their swimsuits, the submission dates and the implementation of the rules are applicable from 2010 only in Swimming competitions.

Pour ma part, cette décision me réjouit énormément, les bords des piscines vont redevenir fréquentables, et l'on va pouvoir commencer à discuter des choses intéressantes qui constituent ce sport.

vendredi 3 juillet 2009

flo++ (bis)

C'est fou comment parfois une simple photo peut résumer bien des choses.

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Et en plus, j'ai eu des cadeaux !

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Un grand grand merci c'était beaucoup trop bien. :)

mardi 30 juin 2009

Un peu d'actualité

Vous l'avez peut-être lu dans les journaux français, les bords de l'Elbe Dresdois et des alentours, qui étaient classés au patrimoine de l'UNESCO depuis 2004, ne le sont plus. La faute à la construction d'un pont, dans l'un des endroits naturels qui était les plus beaux de Dresde. J'ai tendance à penser que la majorité des Dresdois voulait ce pont (deux tiers des votants ont été « pour » lors d'un référendum local, et depuis confirmation à plusieurs reprises de l'équipe communale en place), et que c'est bien fait pour eux. Reste qu'à mon avis, cela ne changera pas grand chose à la vie Dresdoise (un peu de publicité et d'argent en moins, mais bon...).

Au delà du déclassement, j'ai depuis longtemps un petit coup de déprime quand je passe à côté des travaux en cours. Clairement, c'était mieux avant. J'espère que l'UNESCO restera ferme sur sa décision en refusant de reclasser « juste une partie » des bords de l'Elbe comme le souhaite la maire actuelle. Ils prévoient en effet de refaire acte de candidature (le beurre et l'argent du beurre, en somme, jusqu'à la prochaine destruction).

Juste quelques photos qui datent du début de l'automne, je n'ai pas eu envie de rephotographier ce coin depuis (il y a maintenant des grues tout ça...).

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Le début des travaux dans toute sa splendeur.

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Juste à côté, la photo a été prise du même endroit.

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Un peu plus loin vers la ville (oui le pont n'est pas vraiment « au centre » de la ville, même si la notion de centre est un peu biaisé dans cette ville).

lundi 8 juin 2009

Qui perd gagne

Curieuse ambiance en Allemagne ou la CDU, qui a perdu presque 6% de voix depuis 2004, crie partout victoire. La faute au SPD (ou aux votants, au choix :) ), qui à l'instar de son frère le parti socialiste s'effondre encore un peu plus. Cependant contrairement au parti socialiste, 2004 avait déjà été une année terrible, 2009 est pire, mais à peine. Le grand survivant du scrutin est la CSU, parti de droite bavaroise qui parvient à enrayer sa chute récente et à rester au parlement européen (faire 5% au niveau national lorsqu'on ne se présente qu'à un seul Land, ce n'est pas simple. Ils ont réussis à obtenir 7%, en baisse, mais ça suffit). Les Verts se maintiennent avec 12% des voix, pendant que les libéraux doublent presque leur score, en passant de 6% à 11%. Du côté de l'extrème gauche, Die Linke recule un peu en Allemagne de l'Est mais progresse en Allemagne de l'Ouest ou ils s'implantent scrutins après scrutins depuis quelques années. Au total, ils grignotent un grand pourcent en passant de 6 à 7,5%.

À Dresde en particulier la droite (FDP+CDU) progresse. À noter le parti pirate, qui s'il n'arrive pas à avoir un député comme en Suède, fait 2%, pour une première élection (bon ok à Dresde, mais 1,1% sur la Saxe, pas trouvé en Allemagne en général).

Pour les municipales Dresdoises, il a fallu attendre un peu plus longtemps vu qu'ils ont dépouillés les européennes en premier... L'extrême gauche recule violemment (il faut dire que à la précédente mandature, le groupe s'était scindé en deux, entre les « durs » néo-communiste qui refusaient de rejoindre Die Linke et les autres). Le NPD (extrème-droite néo-nazi) obtient deux sièges. Les verts font des scores ultra locaux impressionnants, avec entre 40% et 50% dans la Neustadt (quartier de la nuit le soir à Dresde). Je voulais faire un tableau pour résumer tout ça, mais le site de la ville le fait mieux que moi. Pour le résultat des européennes donné plus haut, je suis dans le bureau de vote 82300, ça fait déjà plein de listes que je n'ai pas pu voter étant donné quelles ont zéro voix... (mais c'est assez chiant à lire il faut bien l'avouer).

Et aussi, je n'ai pas trouvé les résultats parisiens, mais à Berlin les Verts manquent de peu la première place, à moins d'un pourcent de la CDU (bon cette première place serait purement symbolique, l'Allemagne est vraiment proportionnelle (bon ok c'est pas vrai faut faire 5%) pas comme en France qui a un système de scrutin construit pour écraser les petits partis). D'ailleurs c'est facile de savoir le nombre de députés en Allemagne, ils ont 100 sièges, donc un ordre de grandeur est facile à trouver rapidement... Il faut juste en rajouter quelques uns du fait des voix « perdues » des petits partis qui n'atteignent pas les 5%, mais ça ne change pas fondamentalement les choses.

dimanche 7 juin 2009

(Europa|Stadtrat)wahl

En ce 7 juin 2009 ensoleillé, j'ai été voter à l'école à côté de chez moi pour le conseil municipal et les européennes à Dresde. Vous vous souvenez peut-être de ma surprise l'an dernier pour ma première convocation l'an dernier. L'an dernier c'était l'exécutif communal (le poste de maire) qui était élu au suffrage direct à deux tours (tout le monde pouvait se maintenir pour le second tour, même à 0,5% des voix, c'est juste qu'au second le premier gagne, au premier il faut obtenir plus de 50%). Cette année c'est bel et bien le conseil municipal, avec le droit de vote pour les européens. L'accueil au bureau est très sympathique, j'avais peur de ne pas pouvoir voter pour les européennes vu que ce n'était pas inscrit sur ma convocation (on recevait les convocations avant la date limite de demande de vote en Allemagne... (ce n'est pas automatique pour les européennes contrairement au municipal pour éviter un double vote de chaque côté des frontières)), mais une simple vérification a suffit, ils avaient déjà rencontré le problème dans la journée.

Le vote en Allemagne est assez différent du vote français. Là ou les français utilisent un bulletin par candidat et une enveloppe, les allemands utilisent un unique énorme papier/bulletin. Dans l'isoloir est disposé un stylo et l'on doit cocher son choix. Pour les européennes c'était « presque » simple, seulement 31 listes, et une seule voix donc une seule case à cocher. Le parti pirate présentait l'une de ces listes, ainsi que quelques noms de listes qui m'ont surpris (une liste bavaroise notamment... Ou « Die Frauen », ce genre de choses). Pas de panachage de liste (réordonner selon sa préférence les listes, possible en Bavière par exemple). Pour les municipales c'était un poil plus complexe, car chaque votant a trois voix, qu'il répartit à son convenance. Je pouvais soit voter trois fois pour le même, soit répartir entre deux ou trois. C'est assez amusant comme concept et permet de nuancer lorsqu'on est pas certain de son vote.

J'étais enfin convoqué pour l'assemblée des étrangers à Dresde, mais je ne m'y suis pas rendu car d'une part ce n'était pas le même bureau de vote (et il était pas proche), et de plus je trouvais étrange de voter pour les municipales à la fois comme quelqu'un de local et comme un étranger (les européennes ont une double voix du coup, même si l'assemblée des étrangers n'a pas beaucoup de pouvoir son rôle est justement de représenter ceux qui n'ont autrement pas le droit de vote...).

Y'a plus qu'à attendre les résultats...

Ajout : et au passage, je signale que les machines à voter électronique ont été déclarées non constitutionnelles en Allemagne, aucune trace de ses aberrations par ici.

Mais arrête de m'interrompre un peu !

Le noyau 2.6.30 n'est pas encore sorti en version finale mais c'est déjà trop la fête. J'ai testé le noyau 2.6.30-rc8 mis en paquet par un développeur Debian pour l'architecture ARM (oui faut le faire à la main car ARM n'est pas compilé par défaut sur le dépôt experimental des noyaux Debian...). Et le moins que l'on puisse dire c'est que les résultats sont impressionnants. Je me plaignais depuis longtemps du débit avec les disques durs, et je fais donc les tests à chaque installation d'un nouveau noyau (à tout autre logiciel égal, le serveur étant laissé en Debian Lenny depuis sa sortie).

Résultats avant le changement de noyau :

(en raid5) Timing buffered disk reads:   46 MB in  3.00 seconds =  15.31 MB/sec
(en raid10) Timing buffered disk reads:   36 MB in  3.08 seconds =  11.68 MB/sec

Résultats après le changement de noyau :

(en raid5) Timing buffered disk reads:  110 MB in  3.04 seconds =  36.14 MB/sec
(en raid10)  Timing buffered disk reads:   96 MB in  3.01 seconds =  31.86 MB/sec

Plus du double, ça fait beaucoup de différence. Comme hier soir c'était également « jour de vérification du raid » (premier samedi du mois quoi...) j'ai pu sentir la différence. Si par exemple au mois d'avril les logs indiquaient :

 
Apr  5 18:51:31 floolf kernel: md: md2: data-check done. 

Aujourd'hui j'ai eu le droit avant le réveil à ceci :

 
Jun  7 09:15:18 floolf kernel: md: md2: data-check done. 

Dans les deux cas même heure de départ vers 1h du matin :)

L'explication de cette énorme amélioration se trouve en surveillant les interruptions. Sur les noyaux précédents j'obtenais des graphiques avec munin de plus de 1500 interruptions par seconde lors de la reconstruction du raid. Désormais ça plafonne à 150, réduisant énormément la part du processeur utilisée pour les traiter. Dix fois moins d'interruptions pour un travail supérieur, je ne dis pas non. Reste à savoir ce qui coinçait exactement et pourquoi cette optimisation possible n'avait pas été repérée avant... En attendant je remercie mille fois la qualité de l'équipe Debian en ARM et les développeurs du noyau.

mercredi 20 mai 2009

L'anonymat n'est pas un crime

Non ce titre un peu racoleur n'a pas de rapports avec l'évolution législative récente et à venir française concernant les télécommunications. Ça en est loin, mais c'est plus ou moins le fond d'un des cours que je suis à la faculté de Dresde, dont le thème est la protection des données personnelles et de la vie privée en générale. Vaste sujet en Allemagne, ou des scandales à répétitions n'en finissent plus d'apparaître.

L'ensemble des enseignants de ce cours sont forcément très engagés sur le sujet, mais également reconnus dans toute l'Allemagne pour leurs connaissances. Le cours de ce mardi commençait par des évidences toujours bonnes à rappeler sur la facilité de fichage grandissante. Deux exemples grands publics, la télévision et les journaux. Si la diffusion « à l'ancienne » par satellite ou hertzienne ne permet pas de savoir qui regarde quoi (et conduit à des instituts de sondages plus ou moins fiables, dont l'excellent film Free Rainer traite un peu), la télévision par IP permet très facilement d'établir un profil d'utilisateur et des émissions favorites, tout comme la télévision à la demande quel qu'en soit le genre. De la même façon, un acheteur de journaux en kiosque fournira bien moins d'informations sur ces goûts qu'un utilisateur de journaux sur Internet. Et ainsi de suite...

La suite était un peu plus technique avec la présentation du logiciel JAP, projet de recherche de la TU-Dresden. À la base c'était une preuve de la faisabilité de l'anonymisation des communications, désormais on peut je pense le considérer comme un logiciel complet. Contrairement à Tor ou l'utilisateur ne sait pas le chemin de ses paquets, JAP est plutôt déterministe, et il faut faire confiance aux serveurs intermédiaires qui s'ils s'associent peuvent bien évidemment retrouver qui fait quoi.

La partie la plus intéressante était pour moi la question du droit. Ils sont très pointus sur le sujet, et la loi allemande actuelle (bien qu'évoluant régulièrement...)leur permet en toute légalité de fournir le service sans conserver les données, hormis ce qui est explicitement mentionné. La bonne nouvelle c'est ça :

According to §113a Section 8 of the German Telecommunications Act it is forbidden to log any information about destinations and requested Internet pages. Therefore neither IP-addresses of contacted servers nor requested URLs will be logged.

Ils ont dans le passé déjà reçu des injonctions de la police leurs demandant des informations pour retracer les agissement de certains utilisateurs, jamais avec succès. Le logiciel est multiplateforme et devrait marcher sans trop de soucis un peu partout. Bien entendu, si comme Tor il permet un certain dégré d'anonymat, il ne protège en rien de l'utilisation des données volontairement publiées sur l'internet, et ne garanti aucune sécurité en dehors de la « zone de Mix ». Et en cas d'utilisation de protocoles en clairs, il suffit de se mettre en sortie du système pour attraper les mots de passe.

Mais ça c'est le sujet des cours de cryptographie. :)

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