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mercredi 25 janvier 2012

Chute du gouvernement régional en Sarre

La Sarre, c'est une région d'Allemagne un peu bizarre (même si je me demande s'il en existe une qui ne l'est pas). Au lendemain de la première guerre mondiale, c'est devenu un territoire tampon n'appartenant ni à l'Allemagne, ni à la France (cette dernière avait le droit de piocher dans les mines de charbon, quand même...), mais sous le mandat de la société des nations. Elle ne redeviendra en Allemagne qu'en 1935, durant la période nazie.

En 1947, rebelotte. La Sarre redevient indépendante (avec sa monnaie, ses équipes de sports aux JO, etc), sous occupation française. En 1955, cette région a failli devenir le premier territoire européen, ne dépendant d'aucun état. Un référendum en décida autrement, et elle finira par rejoindre la RFA en 1956 (c'était donc le Land le plus jeune de l'Allemagne jusqu'à la réunification).

C'est probablement la région la plus « française » d'Allemagne, et pas seulement par sa proximité géographique. Le seul coin où l'on mange des merguez, et où l'enseignement du français est obligatoire au gymnasium (collège et lycée pour les bons élèves). Une petite exception donc, d'un million d'habitant, ce qui en fait le deuxième Land le moins peuplé.

Si je vous en parle, c'est que son gouvernement est tombé récemment suite à des conflits dans la coalition au pouvoir. Il faut dire qu'ils n'avaient pas fait simple, avec un mélange de droite (CDU + FDP) et des verts. On parle de coalition jamaïcaine, c'était la première tentative d'une telle coalition en Allemagne (2). Cela n'aura tenu qu'un peu plus de deux ans, la coalition ayant craquée pour des querelles de personnes et un bazar monstre chez les FPD (c'est toujours autant de saison chez eux...). , qui n'arrivaient pas à se trouver un chef après la démission (surprise, certes) du précédent en décembre.

Des discussions ont eu lieu pour mettre en place une grande coalition CDU et SPD, mais le SPD en forme dans les sondages a semble-t-il préféré retourner aux urnes. Encore une mauvaise nouvelle pour Merkel, qui voit son parti perdre le pouvoir (1) dans une région à la suite de conflit avec ses partenaires au niveau national. Comme le risque que le FDP sortent une nouvelle fois du parlement, ça ne risque pas d'améliorer l'ambiance au gouvernement. Courage, plus qu'un an et demi à tenir...

(1) Je m'avance un peu sur ce point là, ils peuvent aussi gagner les élections. Mais s'ils ne peuvent plus gouverner avec le FDP, le seul « espoir » pour eux de rester au gouvernement est le SPD où les verts. La grande coalition, ce n'est pas forcément très vendeur durant une campagne électorale. Reste à observer le comportement des verts. Sachant qu'après Hambourg en 2011, c'est le deuxième (sur les deux tentatives) de gouvernement avec la droite qui tombe prématurément, ils n'ont peut-être pas envie de recommencer l'expérience.

(2) Les verts et le FDP ont pourtant de nombreux électeurs en commun, par leur côté « protection des libertés individuelles » et partis alternatifs aux deux grands, tout en restant des partis de gouvernement. Leurs idées sont cependant radicalement différentes sur de nombreux aspects, et il est difficile pour eux de s'entendre sur un gouvernement commun (il suffit de parler « voitures » pour que les deux partis s'engueulent je pense...).

mercredi 14 septembre 2011

Dipl.Ing.

Être en Allemagne, c'est aussi avoir le droit à ce genre de choses :

Titre ingé

Y'a pas à dire, ça pète d'avoir le titre d'ingénieur sur la porte...

mercredi 7 septembre 2011

Élections régionales en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

Ce qu'il y a de bien avec ce Land, c'est que le nom français est encore plus compliqué que l'allemand, Mecklenburg-Vorpommern.

Ce dimanche 4 septembre ont eu lieu les élections régionales dans ce Land nordique l'Allemagne. Cette région cumule malheureusement de nombreux handicaps. Il y a peu d'habitants (1,6 millions, moitié moins que Berlin par exemple), peu de perspectives économiques (Land avec le plus faible PIB par habitants d'Allemagne, et l'un des taux de chômage les plus élevé), et ça ne semble pas prêt de s'arranger. Ainsi, depuis 1990, la région a perdu 250 000 habitants (15% de la population actuelle). La capitale elle-même n'est pas épargnée, elle a perdu 6% de sa population depuis l'année 2000 (seul Rostock, plus grand ville et ville portuaire, a réussi à conserver une population stable ces dix dernières années).

C'est par contre l'une des rares régions avec l'accès à la mer. Cela permet de maintenir une activité touristique, à Rügen par exemple. C'est d'ailleurs l'un des secteurs que le Land tente de développer le plus pour conserver des emplois. Comme dans beaucoup de régions d'Allemagne, surtout à l'Est, des réformes administratives régulières tentent de centraliser les administrations pour diminuer les coûts. Ainsi, il y avait 31 Landkreisen (serait l'équivalent d'un milieu entre le canton et le département en France) à la réunification, plus six villes indépendantes. En 1994, il n'en restait plus que 14 (et toujours les six villes). Depuis hier, il ne reste que 6 Landkreisen et seuls deux villes conservent leurs indépendances administratives.

Voilà pour le contexte général, qui n'est pas très joyeux. Pour le contexte politique, cette région est loin d'être « clef ». C'est une grande coalition gauche droite qui était au pouvoir depuis 2006, et elle s'est déroulée sans conflits majeurs. Difficile d'ailleurs pour la CDU de trop taper sur le SPD, quand leur seul espoir de gouverner est avec eux. Le SPD, de son côté, a ménagé tout le monde en refusant de dire pendant la campagne avec qui il souhaitait gouverner (extrême gauche, comme de 1998 à 2006, ou avec la droite). C'est donc un climat relativement apaisé.

Ce land a cependant une petite particularité symbolique particulière : c'est dans cette région que Merkel est élue députée, et ce depuis la réunification.

Niveau résultat, c'est un peu « comme d'habitude » pour cette année. La droite recule, les libéraux disparaissent, les verts sont à la fête, et le SPD s'en sort bien :

  • SPD : 35,7% (+5,5)
  • CDU : 23,1% (-5,7)
  • Linke : 18,4% (+1,1)
  • Verts : 8,4% (+5,0)
  • NPD : 6,7% (-1,3)
  • FDP : 2,7% (-6,9, ça doit faire mal)
  • Piraten : 1,9%

Les verts dépassent les 5%, et rentrent donc au parlement. Cela leur permet d'être présents dans les 16 parlement régionaux, pour la première fois de leur histoire. Encore une victoire symbolique après leur victoire dans le Baden-Wüttemberg. Ils échouent cependant de peu (un siège, a priori) pour former une coalition avec le SPD.

Pour le FDP, c'est une véritable humiliation. Et ça ne risque pas d'arranger l'état dans le lequel le parti se trouve, avec des francs-tireurs de tous les côtés, et des surenchères à foison. À se demander s'il peut vraiment rester au pouvoir jusqu'en 2013. C'est d'ailleurs très triste de voir ce parti, anciennement pro-européen, taper sur Bruxelles toutes les deux secondes.

Le SPD peut se réjouir. Il revient de très loin, les résultats dans cette région étaient catastrophiques aux dernières élections fédérales. Ce score lui permet de mettre la pression sur ses partenaires de coalitions potentiels, Linke ou la CDU. Son chef a d'ailleurs déclaré vouloir discuter avec les deux, après publications des derniers résultats (cf plus bas). La direction fédérale du SPD s'en est d'ailleurs lavée les mains, en rappelant que les coalitions se décident dans les Länders, pas au niveau fédéral, et qu'il ne fallait pas voir dans la décision un vœu politique au niveau national.

Les résultats ne sont cependant pas complètement définitifs. Il manque une des circonscriptions, qui votera dans deux semaines car le candidat de la CDU est décédé pendant la campagne. La circonscription est a priori un fier de la droite, mais ne devrait pas vraiment influencer la globalité du scrutin.

Enfin, la mauvaise nouvelle. Même si l'extrême droite recule, son niveau reste très élevé. Localement, elle a même atteint 33% des voix sur un bureau de vote. Son implantation dans l'Est du Land semble durable et profonde, ce qui n'est pas une très bonne nouvelle pour la démocratie allemande.

Les prochaines (et dernières de l'année) élections seront à Berlin, dans maintenant une dizaine de jours. La campagne électorale est bien plus médiatisée au niveau national pour la capitale, d'autant que les jeux sont plus ouverts. Il est probable que le SPD reste chef du gouvernement, mais la question sera avec qui. Au pouvoir actuellement avec Die Linke, la marée verte pourrait le contraindre à changer d'alliance. Selon certains sondages, les pirates pourraient même dépasser les 5% et rentrer au parlement (je reste cependant très sceptique, mais on verra bien).

mercredi 27 juillet 2011

Élections des députés de l'étranger

En me renseignant sur le site de mon ambassade favorite pour des soucis administratifs (et dieu sait qu'il y en a parfois à l'étranger (et dieu sait aussi que ce site aime les liens pointant vers des erreurs 404 et des pages à contenu vide, celle-ci par exemple)), je suis tombé sur une nouvelle un peu surprenante :

Quelles sont les modalités de vote depuis l’étranger ?

Pour les élections présidentielles comme pour les législatives, vous pourrez voter en vous rendant aux urnes ou par procuration. La nouvelle loi instaure également pour les Français expatriés appelés à élire leur député, la possibilité d’utiliser le vote à distance :

Le vote électronique par internet (sous réserve de communiquer une adresse électronique aux services consulaires) ; ou par correspondance sous pli fermé.

Le décret d’application fixant les procédures pour ces modalités de vote à distance est en cours de rédaction.

Ainsi, pour la première fois, il va être possible de voter à des législatives par Internet ou par courrier. Je suis assez surpris, et j'ai quelques questions qui me restent en têtes, par exemple :

  • Pourquoi seulement les législatives ? En considérant que se déplacer au bureau de vote est un problème (et ça en est un...), pourquoi ne pas mettre en place le même système pour les présidentielles ? Les législatives seraient-elles une élection au rabais ?
  • Pourquoi ce régime spécial pour les français de l'étranger ? Soit un système de vote est sur, soit il ne l'est pas (et je considère pour ma part, qu'il ne pourra pas l'être. Il n'empêche absolument par des pressions par l'entourage au moment du vote). J'aimerai bien que les règles soient les mêmes pour toutes les circonscriptions.

Je suis assez curieux de voir ce fameux décret d'application en cours de rédaction. Que ce soit pour le vote par courrier ou pour le vote par Internet, il me semble que d'énormes questions de transparences se posent, encore plus que pour les machines à voter. Il n'y a vraiment aucune chance qu'en tant que citoyen je puisse correctement surveiller le vote à venir. Certaines démocraties vivent très bien sans, l'Allemagne depuis 1957 par exemple, avec plus de 21% des votants qui ont participé aux dernières législatives par correspondance. Mais ça mérite un vrai débat, je trouve.

lundi 20 juin 2011

Blague allemande

Je viens de faire les frais d'une nouvelle expérience allemande : la fourrière. Ma voiture était garée sur une place tout à fait légale, dans une rue qu'elle connaît bien (elle y passe 98% de son temps quand je suis à Dresde).

Sauf que, un chantier est arrivé. D'après les papiers que j'ai reçu de la fourrière, le chantier aurait été indiqué à partir du 27 mai, alors que j'y suis passé le 30 et qu'il n'y avait aucun panneau. Mais passons. Donc, ma voiture se fait emmener par la fourrière, sans que je ne sois au courant.

Pendant ce temps, je reste une dizaine de jours à l'hôpital, et ne m'aperçoit de la disparition que le 19 juin. Et récupère donc finalement ma voiture aujourd'hui. Ça fait 20 jours de fourrière. Soit, dans le détail, 129€ pour déplacement et 120€ pour hébergement du véhicule dans un garage. Tellement sympa. Je compte écrire une lettre de réclamation, sans grand espoir...

Ce qui est « amusant », c'est qu'en tant qu'étranger j'ai un régime spécial. Une amie à moi était garée exactement au même endroit et a eu le même problème. Sauf que comme la voiture est allemande, elle a été déplacée dans une autre rue avoisinante, sans fourrière, et elle n'a donc à payer que le déplacement. Pourquoi pas pour ma voiture, je n'en sais rien, mais c'est blasant.

jeudi 26 mai 2011

Élections brêmoises

Les élections pour le Land de Brême ont eu lieu ce week-end. Brême est à la fois le plus petit, le moins peuplé et le plus endetté (par habitant) des Länder. C'est aussi le seul qui n'a pas de continuité territorial (le Land est coupé en deux. La ville de Brême, et un petit morceau sur le bord de mer). C'est aussi un bastion traditionnel du SPD, voir de la gauche en général (les verts y font des très bons résultats depuis 1990 (c'est même le premier Land où ils ont atteints les 5%), le parti communiste (avant son interdiction) et Die Linke également).

Clairement, c'est une élection qui ne fait jamais plaisir à la CDU. Par chance, la taille de Brême fait que ce n'est de toute façon pas très grave pour eux.

Les résultats sont officiels depuis hier. Tout d'abord, et malheureusement, l'absence d'enjeu de cette élection a provoqué une nouvelle abstention massive, avec seulement 56% de participants. Ensuite, petit symbole, la CDU se fait reléguer en troisième position. Je pense que c'est la première fois depuis très longtemps que ça lui arrive dans un des Länder de l'ouest. Ils perdent 5% par rapport à 2007, ça fait quand même beaucoup. La somme de la coalition rouge/verte est impressionnante. Avec plus de 60% des voix, ils écrasent l'opposition et obtiennent 70% des sièges (beaucoup de partis n'atteignant pas les 5% nécessaires pour être représentés).

Et le FDP ? Il se fait éjecter, son score de 2,4% étant très loin des 5% nécessaires. C'est la troisième fois cette année qu'ils se font sortir d'un parlement régional, après les élections du 20 mars en Saxe-Anhalt et du 27 mars en Rhénanie-Palatinat. Sale temps pour les libéraux.

Je conclus sur un bon score de l'extrême droite. Les néo-nazis obtiennent 1,6%, tandis qu'un parti populiste d'extrême droite locale obtient 3,7%. Ça fait beaucoup pour une ville comme Brême.

On arrive désormais à la trêve estivale, les prochaines élections régionales seront en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (au nord-est...) et à Berlin, au mois de septembre. On entend à vrai dire surtout parler des élections de Berlin, ou les verts espèrent réussir à prendre la mairie au SPD. S'ils y parviennent, la tentation pour eux d'être vraiment candidat à la chancellerie fédérale sera encore plus grande. Le symbole serait d'autant plus grand que le SPD y gouverne avec l'extrême gauche, c'est le seul Land d'Allemagne avec une telle coalition.

En Mecklembourg-Poméranie, l'enjeu est à mon avis pour le SPD de rester devant la CDU, voir peut-être d'accrocher une coalition rouge-verte si les verts font un excellent score (c'est le seul Land ou ils ne sont pas au parlement pour l'instant). Se débarrasser de la grande coalition en place est en tout cas pour moi une nécessité.

Dans les deux cas, le FDP a intérêt à redresser la barre durant l'été. Sinon, ils risquent bien de se faire sortir de deux parlements supplémentaires. Ce ne serait pas très bon signe pour leur maintien au Bundestag...

lundi 18 avril 2011

De l'effet des mandats supplémentaires

Les allemands aiment les systèmes de votes un peu complexe, le Baden-Württemberg n'y fait pas exception. J'ai failli attraper un mal de crâne en tentant de le comprendre.

En résumé, le land est divisé en 70 circonscriptions, qui appartiennent chacun à l'une des quatre zones géographiques (Stuttgart/Karlsruhe/Freiburg/Tübingen). Ces 70 circonscriptions élisent au suffrage uninominal à un tour les 70 premiers députés.

Les 50 suivants sont élus à la proportionnelle, avec une seconde voix (l'électeur peut ainsi voter différemment pour la partie élection directe et la partie proportionnelle). On obtient donc en théorie un parlement de 120 députés. Voilà pour le principe général.

En détail, la répartition du nombre de sièges se fait au niveau du Land, à la proportionnelle. C'est à dire qu'un parti obtenant 25% des voix (du deuxième vote, la partie proportionnelle) a le droit à 30 sièges dans l'assemblée, au niveau du Land. Mais pour savoir qui est vraiment élu dans ce parti, on réparti le nombre de sièges dans les quatre zones géographiques en fonction des résultats du parti dans chacune d'entre elle. On peut imaginer ainsi que notre parti à 25% obtienne 8 sièges dans la zone de Stuggart, 8 à Karlsruhe, 7 à Freiburg et 7 à Tübingen.

Ensuite, qui est élu dans ces grandes zones géographiques ? D'abord les candidats « directs ». Si huit candidats sont arrivés en tête dans la zone de Stuggart, on prend ces huit candidats et le calcul est terminé. Si moins de candidats que ça ont été en têtes, on prend ceux qui ont obtenus les meilleurs pourcentages sur leur nom (ainsi si un candidat d'un parti a 27% dans une circonscription et un 23% dans la voisine, on prend celui à 27%).

Tout ça se passe bien si aucun parti n'a « trop » d'élus en première voix. Ça ne se fait pas de renvoyer un candidat élu directement sous le prétexte « vous n'avez pas obtenus assez de voix à la proportionnelle ». Un candidat populaire ne doit pas être écartés du fait des mauvais résultats de son parti. Du coup, tous les élus en trop sont conservés et tout simplement ajoutés à la nouvelle assemblée, en mandats supplémentaires. Et on arrive à un problème quand on a une carte qui ressemble à ça :

BW_Wahlkreise_2011.png (source : Wikipédia).

En noir, les circonscriptions gagnées en première voix par la CDU. En vert les verts, et en rouge pour le SPD.

À la proportionnelle pure, les mauvais résultats de la CDU lui permettraient d'obtenir 51 sièges. Mais elle a gagné dans 60 circonscriptions (69 aux élections précédentes), elle en obtient donc neuf de plus. Sans règle supplémentaire, ça lui aurait permis d'avoir la majorité avec le FDP et de conserver le pouvoir.

Le système de vote cependant ne s'arrête pas là, et permet d'avoir des mandats « de compensation ». Les créateurs du système de vote ont bien vus le piège, s'il est difficilement possible de virer un député élu directement, rien n'empêche de compenser cet afflux par des sièges supplémentaires pour les autres partis. C'est ce que fait le Baden-Württemberg : à chaque mandat supplémentaire, on donne un autre mandat aux autres partis (dont les sièges sont répartis à la proportionnelle).

En résumé, pour le Baden-Württemberg, on obtient ça (proportionnelle / avec mandats supplémentaires / avec mandats de compensation) :

  • CDU : 51 / 60 / 60
  • Grünen : 32 / 32 / 36
  • SPD : 30 / 30 / 35
  • FDP : 7 / 7 / 7

Cela permet une légère majorité Grünen/SPD, comme la proportionnelle pure en aurait décidée.

Le « soucis », c'est que si les mandats supplémentaires sont une constante dans les votes allemands (pour ce que j'ai pu en voir en tout cas), les mandats de compensations n'existent pas toujours ou pas toujours aussi efficace (un pour un) comme au Baden-Württemberg. Ainsi, en Schleswig-Holstein la droite a une majorité de sièges sans avoir une majorité de voix.

Au niveau fédéral, les élections pour le Buntestag ne comportent aucun mécanisme de compensation. C'est ainsi que la CDU/CSU/FDP ont une majorité de 21 voix au parlement, alors qu'ils ont obtenus 24 mandats supplémentaires. Une fois encore, ils n'auraient pas de majorité avec un mécanisme de compensation.

Ce qui me dérange pour la suite, c'est l'évolution des votes. Le système « première voix / seconde voix » fonctionne assez bien avec deux gros partis de droite et gauche, et quelques satellites. La CDU et le SPD ont ainsi obtenus tour à tour des mandats supplémentaires, et ces mandats confortaient ainsi une tendance générale. Pour obtenir des mandats supplémentaires, il faut tout de même ultra-dominer au moins un des Länder, ce qui n'est pas si simple. On obtenait ainsi en 2005 :

Germany_election_districts_2005.png(source : Wikipédia)

Grâce à sa domination au nord, le SPD obtenait 9 sièges supplémentaires. Grâce à sa domination au sud, la CDU 7.

En 2009 :

Bundestag_Wahlkreise_2009_Erststimmenmehrheit.png (source : Wikipédia).

À mon avis, on peut voir apparaître une Allemagne (au moins de l'Ouest, à l'Est les violets (Linke) resteront probablement en tête dans certaines circonscriptions) quasiment toute noire en 2013. En effet, les verts prennent de plus en plus d'importance et grignotent les voix du SPD. Sans compter Die Linke, qui disperse encore plus les voix « de gauche ». Sachant que dans de nombreuses circonscriptions, le « vainqueur » se joue à quelques pourcents, l'impact sera non négligeable. Dans une telle situation, il est très facile pour la CDU d'arriver en tête. Même si la CDU perd en voix, elle pourra ainsi se maintenir comme force de premier poids avec les mandats supplémentaires qu'elle obtiendra. Voir même gagner des députés dans certains Länder. Dans le cas d'une élection un peu serrée, il est clair que cet avantage sera décisif. Et récemment, toutes les élections du Bundestag étaient serrées...

C'est pourquoi quand je lis certains articles sur la possible survie de Merkel aux prochaines élections, je suis prêt à le croire. L'affaiblissement du SPD et la forte poussée des verts rendent une coalition Noire/Verte très probable. Tout simplement car il n'y aura pas d'autres choix (autre que la grosse coalition) pour obtenir une majorité au parlement.

mardi 29 mars 2011

Du côté du Baden-württemberg

Je voulais au départ faire un article résumant les quatre dernières élections régionales. Beaucoup de choses intéressantes se sont récemment déroulées dans la vie politique allemande, mais je vais rester raisonnable et seulement m'attaquer au plus gros morceau : le Baden-württemberg.

Les conséquences du vote dans ce Land sont telles qu'on a pu lire les résultats dans tous les grands journaux quotidiens français, ce qui est assez rare. Concrètement, la droite a perdu un fief qu'elle tenait pourtant depuis le retour de la démocratie en Allemagne (je mens un peu. De 52 en 53, c'était une grosse coalition entre gauche et droite. Un an...). Plus encore, pour la première fois le Land sera dirigé par un ministre-président vert. Enfin, le résultat de ce vote ne s'est pas construit sur une forte abstention, avec des électeurs de droites partis à la pêche. Bien au contraire. En voix, la CDU a gagné plus de 100 000 votes par rapport aux dernières élections. Insuffisant, car l'abstention a massivement reculé avec plus d'un million de votants supplémentaires. Cela a permis aux verts d'engranger 700 000 voix de plus, alors qu'ils n'en avaient que 450 000 en 2006.

Je vais tenter de faire un petit résumé des possibles raisons de ce vote.

Point de vue local

Les élections régionales allemandes sont avant tout des élections locales. Et dans les thèmes dominants, on peut clairement citer Stuttgart 21. C'est un projet ferroviaire qui est fortement critiqué par les écologistes, notamment car le tracé conduit à la destruction d'espaces verts. Le coût est également très élevé, et la population se demande s'il n'est pas possible de faire mieux pour moins cher.

Ce projet a été mis sous les projecteurs fin septembre 2010. Ce jour là, une manifestation qui tentait d'empêcher la coupe d'arbres centenaires a été violemment réprimée par la police. Les manifestants ont ainsi été aspergés de lacrymogène, nettoyés à coup de canon à eau, et légèrement secoués par les forces de l'ordre. Le genre de méthodes classiques utilisées contre les casseurs Néo-nazis ou leurs opposés d'extrème gauche. Sauf que là, c'était des familles. Avec notamment des enfants, des retraités. On était très loin d'une manifestation violente, et la réaction semblait disproportionnée. Deux manifestants ont été blessés aux yeux, dont un qui est devenu complètement aveugle.

J'étais ce jour là en voiture vers la France. Et la radio allemande passait en boucle des témoignages, des reportages sur place, etc. Tous les programmes habituels étaient bouleversés et remplacés par cette « bavure ». Plus que les manifestations, cette répression inhabituelle dans un pays comme l'Allemagne a choqué, et a propulsé ce débat au niveau national.

Semi-local

Si le Baden-württemberg est une des régions les plus industrieuses d'Allemagne, elle contient aussi quatre des 17 réacteurs nucléaires allemandes. Dont deux très anciens, qui devaient être arrêtées en 2011 et 2013 selon la loi votée par le SPD et les Verts en 2002. L'ancien ministre-président est également l'un des plus grands défenseurs de la filière nucléaire au sein de la CDU. Suite aux évènements japonais, le débat sur le nucléaire a été relancé partout en Allemagne mais a pris une résonance particulière dans ce Land.

Le comportement de Merkel n'a d'ailleurs probablement pas aidé. Elle a complètement retourné sa veste sur le sujet, en déclarant un moratoire de six mois sur la prolongation de durée de vie des centrales et en suspendant les activités des plus vielles. Elle déclarait pourtant peu auparavant que les centrales allemandes étaient les plus sûres du monde. Une telle manœuvre électoraliste s'est vue. Sur le fond, elle a été attaqué par son propre camp, notamment l'ancien chancelier Helmut Kohl qui habituellement se tait. Sur la forme, elle a vraiment merdé jusqu'au bout. Sa suspension n'est pas passé par le parlement, et était du coup probablement illégale. Pour quelqu'un qui a construit sa réputation sur une certaine rigueur, ça ressemble à quelqu'un qui gouverne à vue.

Sur le plan international

Parlons maintenant de la Lybie. Merkel n'est pas forcément directement concernée cette fois, mais bien ses alliés du FDP, les libéraux. Le chef des libéraux (Guido Westerwelle) est en effet ministre des affaires étrangères. Contrairement aux habitudes françaises, son pouvoir est grand. C'est notamment lui qui a dirigé toutes les manœuvres diplomatiques allemandes sur le sujet, notamment l'abstention allemande au conseil de sécurité de l'ONU.

Les allemands sont profondément anti-militaristes, on aurait pu s'attendre à un certain soutien populaire. Un peu comme Schröder a pu sauver sa peau en se déclarant contre la guerre en Irak peu avant les élections fédérales. Sauf que pour beaucoup, l'Allemagne a été trop loin. C'est une chose de refuser d'envoyer ses soldats, s'en est une autre de s'abstenir à l'ONU et de se retrouver dans le camp de la Russie/Chine plutôt que le côté France/USA/Angleterre. Si Sarkozy est attaqué en France pour son manque de concertations avec les autres pays d'Europe, le gouvernement Allemand subit exactement les mêmes critiques.

Pire encore, Guido Westerwelle semble parier sur un échec de la coalition. Par ses déclarations et ses postures, on croirait vraiment qu'il espère que la coalition se plante afin de pouvoir dire « je vous l'avais bien dit ». Il est accusé de tourner en ridicule la diplomatie allemande, et ne ressemble vraiment plus à un homme d'état.

Bien entendu, une campagne électorale c'est bien plus que trois sujets. Mais je pense qu'ils résument les principaux sujets de discussions, et peuvent en partie expliquer la déroute de la droite. Les sujets sont porteurs pour les verts, qui sonnent moins comme le mal « de gauche » comme le SPD. Ils étaient clairs sur la coalition qu'ils mettraient en place, mais il est probable que de nombreux déçus par les conservateurs préfèrent voir un vert à la tête du Land qu'un membre du SPD. De plus, tout n'est pas non plus un hasard. Le Baden-württemberg était déjà traditionnellement une terre verte, les scores électoraux des verts y étaient bien meilleurs que la moyenne nationale. Ils y sont bien implantés, et leur candidat pour la place de ministre-président est considéré comme un pragmatique.

La conclusion sera un petit rappel des scores des différents partis. J'espère trouver le temps de faire un petit article sur le système de vote, qui a failli provoquer une aberration démocratique dans les résultats finaux. Pour mémoire, il faut 5% pour entrer au parlement (et oui, le FDP a vraiment eu chaud aux fesses).

  • CDU : 39% (conservateurs)
  • GRÜNE : 24,2% (verts)
  • SPD : 23,1% (sociaux-démocrates)
  • FDP : 5,3% (libéraux)
  • Die Linke : 2,8% (extrême-gauche)
  • PIRATEN : 2,1% (parti pirate)
  • REP : 1,1% (extrême droite)
  • NPD : 1% (néo-nazis)

mardi 26 octobre 2010

Le RFC 2410

Dans la catégorie RFC amusant, je connaissais déjà le très classique RFC 1149, décrivant la transmission de paquets IP par des pigeons voyageurs (version anglaise, version française).

J'ai découvert aujourd'hui le RFC 2410, qui décrit l'algorithme de chiffrement "NULL". Ce chiffrement, ne fait tout simplement rien. Il est pourtant étudié de bout en bout, que ce soit par un cours historique, des vecteurs de tests pour vérifier que l'algorithme fonctionne, etc.

Je ne dis pas que c'est la lecture du siècle, mais c'est sympa pour comprendre la structure d'un RFC, sans avoir à se prendre la tête pour comprendre le contenu.

jeudi 26 août 2010

De l'héritage dont on aimerait se passer

son insensibilité à l'Histoire, dont il est comme tous les Allemands un héritier, non pas un coupable mais un héritier

Alain Minc, sur France Inter.

Je me demande comment plus de 60 ans plus tard, en Union Européenne, de tels propos sont encore possibles. J'en reste sans voix.

lundi 9 août 2010

Il fait humide

La Saxe a actuellement quelques problèmes d'inondations. Le problème le plus grave est dans la région de Görlitz, à la frontière polonaise. La Neisse a en effet largement débordée suite à la rupture d'un barrage en Pologne. Le « raz de marée » poursuit tranquillement sa route vers le Brandebourg après avoir provoqué une montée des hauts de près de six mètres.

wasserstand-gorlitz.png

Source de l'image.

À Dresde, la situation est très loin d'être aussi critique, même si l'Elbe confirme une fois de plus son statut de fleuve vivant. Elle est montée de près de quatre mètres en une journée, pour atteindre le point le plus haut que j'ai connu.

Hauteur de l'Elbe

J'en ai profité pour aller faire un petit tour de nage dedans (il faut en profiter, interdiction pour les bateaux de circuler...). Le courant est cependant relativement démotivant (j'étais personnellement à peine capable de remonter le courant en nageant, je ne pense pourtant pas être très lent en nageant...).J'ai aussi fait quelques photos, on peut notamment voir le cinéma au bord de l'Elbe qui est désormais un peu submergé (et la saison du ciné vient donc de se terminer un peu prématurément...). Mon appareil n'avait malheureusement presque plus de batterie et je n'ai pas pu prendre la moitié de ce que je souhaitais (et le reste a été pris à l'objectif et non avec l'écran, ce qui limitait certains réglages).

mardi 13 juillet 2010

Comparaison France - Allemagne

Une comparaison entre la France et l'Allemagne revient très facilement dans les conversations et dans les médias. Et aussi dans la bouche de politiques français. Hier le président de la république a répété encore une fois un propos faux :

Le bouclier existe depuis plus de vingt ans en Allemagne. Je vais donc faire la même chose en France

La seule chose pouvant s'en approcher était un arrêt de la cour constitutionnelle de 1995 (donc déjà 15 ans, et pas 20...). Cet arrêt interdisait que l'impôt sur la fortune soit supérieur à 50% des revenus d'un citoyen. Cet impôt a été depuis supprimé, et cet arrêt ne sert donc plus à rien. En 2006, cette même cour a affirmé que l'impôt sur le revenu, lui, pouvait bien être supérieur à 50%, et qu'il n'existait pas de limite haute (il ne doit juste pas être « excessif »).

Cette comparaison France-Allemagne est donc complètement foireuse, et aurait plutôt tendance à argumenter en faveur de l'inverse du propos tenu par le président. Mais bon, c'est pas la première fois qu'il le dit, et malgré des articles de journaux contredisant ses propos, ça ne semble pas près de s'arrêter. C'est juste choquant qu'il ne soit pas contredit quand il sort des mensonges pareils à répétition (la première fois, on peut laisser le bénéfice du doute au journaliste de ne pas être informé sur le sujet, mais là...)

vendredi 4 juin 2010

De la météo...

Juste un chiffre : 99,4 heures. Le temps d'ensoleillement à Dresde au mois de mai de cette année. C'est moins de la moitié de la moyenne (224,7h en 2009 et 263,7h en 2008 par exemple). Il y eu 9 jours sans aucun soleil sur ce mois. C'est le record minimal du nombre d'heures depuis au moins 1976 (j'ai pas les données pour plus tôt...). Et une pluie six fois supérieure à ce que j'avais connu en mai 2008 en arrivant...

En résumé : un bon temps pourri, espérons que le mois de juin soit plus clément !

dimanche 9 mai 2010

Merkel est NRW ?

Ce dimanche 9 mai avait lieu dans le Nordrhein-Westfalen (ou NRW) les élections régionales. Cette région était gouvernée depuis 5 ans par la droite, après 40 ans de domination à gauche. C'est donc plus ou moins un « retour à la normale » qui s'est opéré aujourd'hui avec la défaite des conservateurs et libéraux.

Une fois de plus, la chute de la CDU (droite conservatrice, parti de Merkel) ne s'est pas traduite par une remontée du SPD (socialistes). Les verts sont les grands gagnants, ils doublent leur résultat précédent avec plus de 12%. Et l'extrême gauche, Die Linke, confirme son implantation partout en Allemagne en rentrant dans un parlement régional supplémentaire. Cependant, l'entrée de Die Linke ne semble pour l'instant (les résultats ne sont pas définitifs) pas empêcher une coalition « rouge verts » (SPD et vert) pour gouverner.

Ce scrutin régional a une forte influence nationale. D'abord parce qu'un allemand sur cinq habite en NRW... Ensuite parce que le NRW, c'est 6 voix (sur 69) au Bundesrat, la chambre haute allemande. Et ce n'est pas proportionnel, les partis au gouvernement emportent l'ensemble de la mise. Cela fait perdre la majorité aux conservateurs et libéraux, et le Bundesrat a le pouvoir de bloquer énormément de lois (tout ce qui touche de près ou de loin aux revenus des régions, ou à leurs domaines de compétences qui sont définies dans la loi fondamentale allemande).

Ça sent donc le sapin pour de nombreuses réformes prévues, en particulier la réforme de la fiscalité. Il faudra que le gouvernement arrive à trouver des compromis avec une partie de l'opposition. La « bonne nouvelle » c'est que contrairement à ce qu'on peut lire dans les journaux français, il ne sera pas nécessaire à la droite de se mettre d'accord avec le SPD. Les voix des verts, qui gouvernent avec la droite en Sarre et à Hambourg, suffiront (parce que oui, le Bundesrat c'est compliqué...).

Et maintenant, c'est reparti pour un an. Les prochaines élections se dérouleront en 2011, avec le renouvellement de six parlement régionaux sur les seize que compte l'Allemagne.

samedi 24 avril 2010

De retour à Dresde

C'est de l'information pas très fraîche, un peu comme du poisson de Bretagne qui arriverait en Saxe pendant qu'un nuage de cendre se promène sur l'Europe. Mais voilà, je suis de retour à Dresde depuis la toute fin mars. Après six mois de vie en collocation à Rennes pour suivre ma dernière année de formation d'ingénieur, je fais donc désormais mon stage de fin d'étude à la faculté technologique de Dresde.

Le sujet de mon stage est l'amélioration de JAP, j'en avais déjà parlé un peu dans un précédent billet. Actuellement ce logiciel fonctionne très bien et garanti une navigation anonyme sur internet. Mais il est malheureusement trop facile à censurer. L'installation de serveurs de Mix est très coûteuse, et n'est donc pas envisageable à grande échelle. Un censeur peut bloquer les IP de ces serveurs, et c'est la fin du système. C'est là qu'intervient mon stage, permettre un système anti-censure efficace (par utilisation de relais en P2P, en faisant de l'IP over Skype, et toutes les autres solutions étranges que l'on pourrait imaginer...). L'objectif est d'avoir suffisamment de solutions pour forcer la censure à bloquer l'ensemble de l'internet, ou à ne rien bloquer pour quelqu'un qui utilise le logiciel.

Au niveau des conditions de travails, c'est plutôt cool. Je fais ce que je veux sur mon ordinateur, j'ai deux grands écrans, deux adresses IP publiques rien que pour moi et aucun filtrage en flux sortants. Et plus important, au niveau humain, ça se passe très bien avec mon chef. Donc je suis très content d'avoir choisi ce stage :)

Sans parler du logement qui sera le sujet d'un prochain billet, je suis content d'en avoir terminé la semaine dernière avec tous les points administratifs. L'inscription à la faculté a été un peu laborieuse (mais bon, c'est ça d'être un étudiant en dehors d'un accord, il y a plus de papiers à fournir que pour un erasmus...). En revanche, l'inscription à la ville à été des plus simples, J'avais de toute façon oublié de me désinscrire en sortant donc ils ont juste effectué un changement d'adresse. Et maintenant que tout ça est fait, je sais que je vais être tranquille pour les six mois à venir.

vendredi 1 janvier 2010

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Quarante ans et une heure après epoch, je vous souhaite une très bonne année ! Et au passage, une bonne décennie :)

Pour ma part je suis très content de mon année 2009, et j'espère que la 2010 sera toute aussi bonne. Surtout que c'est une année ou il va me falloir rencontrer quelques décisions avec une influence importante sur le futur ;)

jeudi 31 décembre 2009

Lecture plus ou moins récente

Depuis que je suis rentré en France, je me suis accordé beaucoup plus de temps pour lire, notamment en allant régulièrement à la bibliothèque de Rennes (gratuite pour un an pour les nouveaux résidents). Tous ne m'ont pas marqués, mais voici une petite sélection des livres que j'ai bien aimé lire.

Une certaine idée de l'Europe, de George Steiner.
Il m'était prêté par un ami et j'ai beaucoup aimé. Rapide à lire, intéressant tout du long, je le recommande chaudement.

Nmap Network Scanning de Gordon “Fyodor” Lyon.
Je l'avais acheté en version allemande juste avant de rentrer. Les parties inintéressantes sont rares (Zenmap...), et j'ai en particulier apprécié le chapitre sur la détection des systèmes d'exploitations. Plus qu'un manuel d'utilisateur d'un logiciel, il est rempli de détails techniques très intéressants sur les réseaux (en particulier TCP/IP), et sur les méthodes de scan. Et puis, c'est de l'OpenSource Press...

Der Vorleser de Bernhard Schlink (Le Liseur en français).
Très agréable à lire en langue originale, et ne demande pas un vocabulaire trop spécialisé (pas comme les premières pages de Das Parfum par exemple...). J'ai trouvé certaines parties un peu longue, mais l'ensemble reste très très bon (il paraît que c'est aussi un Bestseller et qu'il y a un film, j'en avais personnellement jamais entendu parler jusqu'à ce qu'on me le mette dans les mains).

Sécurité informatique : Principes et méthode de Laurent Bloch.
Sur les conseils de guiling j'avais tout d'abord emprunté le livre à la bibliothèque de Rennes. Il n'est pas trop technique, mais plutôt « politique », passant en revu de nombreux préjugés et listant les bonnes pratiques. Le genre de choses qui manquent parfois dans un enseignement supérieur. Je l'ai tellement apprécié que je l'ai acheté d'occasion sur Amazon (à un prix plus que raisonnable, j'ai eu un peu de chance).

Les virus : théorie, pratique et applications de Eric Filiol.
Celui là je l'ai emprunté un peu par hasard et sans grande conviction à la bibliothèque. Je ne l'ai pas encore complètement fini mais il est très intéressant. Je n'avais jamais fait de virologie, ce qui explique peut-être mon enthousiasme. Je trouve en tout cas qu'il y a matière à apprendre énormément. La partie théorique mathématique du début est un peu rebutante pour un esprit mal réveillé, mais utile pour la suite. Ce que j'ai apprécié dans ce livre c'est véritablement l'approche théorique, et les exemples détaillés (exemples écrits pour Linux, ça change).
Si j'étais riche, je me l'achèterais certainement. Mais pour l'instant, les éditions Springer, ça reste vraiment trop cher pour moi... Dommage, j'ai pas vu la suite à la bibliothèque...

J'ai aussi lu Histoires de Prévert, c'est le genre de choses très pratiques à lire dans le bus ou ce genre de choses ou l'on a peu de temps. J'ai préféré Paroles (lu l'an dernier), mais il y a tout de même du très bon dans ce recueil (faut dire que Paroles contient « Le cancre » et « Barbara », c'est un peu tricher...).

Les autres livres que j'ai lus durant cette période étaient souvent décevants, certains je n'ai même pas réussi à les terminer, ce qui est tout de même très rare. Des titres à oublier donc...

mardi 8 décembre 2009

Dans le froid du béton

Après un très bon week-end à Lille, je suis rentré par un TGV avec une correspondance à Massy. Je m'en voudrais de parler du retard d'une demi-heure que le train a eu. J'ai par contre été pas mal choqué par cette gare, qui est tout sauf accueillante. En résumé :

  • seulement deux commerces, un point Relay et une location de voiture (fermée, vu l'heure)
  • aucun endroit « chaud » ou s'arrêter. Tout est ouvert au grand vent, et les colonnes chauffantes étaient en panne ou éteinte (ces jolies colonnes rouges, ou l'on peut voir les gens s'agglutiner dans les gares françaises pendant l'hiver...)
  • Des quais glauques au possible. Énormes, mais vides, construits entièrement en béton
  • Rien dans les environs, aucun espoir d'aller prendre un café au chaud dans un commerce local.

Cette gare est certainement dans la même gamme que les gares récentes pour le TGV (même si Massy n'est clairement pas récente). Des gares loin des centres, ou l'on accède en voiture, sans vie. Je pense ainsi par exemple à la gare de Lorraine TGV ou la gare de TGV Haute-Picardie (je met un lien vers Wikipédia car le nom de « gare des betteraves » m'a beaucoup plu).

Ces gares ont probablement une utilité. Même si venir en voiture pour prendre le train, c'est un peu aberrant. Mais j'essairai de ne plus y avoir à faire de correspondances, ne faire que descendre et monter dans les trains, le plus rapidement possible. Rester une demi-heure dans le froid, dans un endroit vide et glauque, y'a mieux pour terminer un week-end. Le pire c'est d'avoir froid au main en lisant son livre, il faut vraiment que je pense à m'acheter des gants. Et j'ai eu une petite pensée pour les gens du train de Strasbourg qui attendaient, le train avait deux heures de retard.

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Mon ami le pigeon, qui a trouvé un endroit au chaud ou il a le droit de se poser. Ce fut ma seule compagnie pendant 20 minutes. Il est resté tellement immobile que j'ignore s'il était bien vivant.

petiteIMG_2232.JPG Un grand quai, vide. Un bon couloir de vent, bien évidemment. Le bruit quand un train passe à côté, à pleine vitesse (et ils sont nombreux, c'est un grand point de passage), est assez sympathique.

Seule fantaisie dans ce monde totalement uniformisé, le nombre de carreaux de carrelage entre deux bandes noires n'est pas uniforme. S'il y a le plus souvent 10 carreaux, la bande ou se trouvait mon banc (pardon, pas vraiment un banc, un truc pour être assis/debout) en comportait 11. Action volontaire prédéterminée dans le cahier des charges, ou excentricité (voir erreur) lors de la réalisation ? Je n'ai pas fait le tour du quai pour regarder si en fin de compte, cette erreur était périodique.

jeudi 3 décembre 2009

Du changement des mots de passe

Aujourd'hui, pour la première fois depuis que j'ai ce code, j'arrive à taper sans erreur et sans aller le vérifier mon code pour accéder à mes comptes en ligne. Une belle victoire. Sauf que le serveur, il a dû le sentir que j'avais réussi sans tricher...

Pour des raisons de sécurité, vous devez aujourd’hui procéder à une modification de votre code secret.
Vous allez être automatiquement dirigé vers l’espace de modification de votre code secret.
Disposant alors de votre nouveau code secret, vous pourrez utiliser BNPPARIBAS.NET en toute sécurité.

Moi aussi je suis content que les « mesures de sécurité » m'obligent à trouver un nouveau moyen de ne pas le perdre, de manière « sécurisé » .

mardi 10 novembre 2009

De retour d'Espagne

Ce week-end je me suis rendu en Espagne, à Santander pour être précis, afin de rendre visite à une amie rencontrée à Dresde. La ville de Santander n'est pas vraiment jolie, mais les environs sont vraiment magnifiques. Entre les montagnes et la mer, le coin a beaucoup de charme.

Malheureusement la météo n'était pas vraiment au rendez-vous avec quatre jours de tempête. Cela nous a tout de même permis de magnifiques moments. Un arc-en-ciel au dessus de la mer qui fonce vers nous, et la grêle qui arrive quand il passe au bas de la falaise c'est vraiment très sympa :) Le tout avec des changements de luminosité et des vagues énormes sur la mer. Je n'avais pas mon appareil photo sous la main mais ça restera pour moi l'une des images de ce week-end.

Autrement nous avons été visiter des petits villages des environs dont j'ai oublié le nom. C'est très sympa, avec des églises du XIIième siècle bien conservées. Et puis bien entendu, la mer, la forêt, les dunes, les vagues, les escargots.

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Pour oublier la pluie nous avons aussi été à Bilbao, pour visiter notamment le musée Guggenheim.

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J'ai beaucoup apprécié le centre-ville ancien de Bilbao. Les ruelles entièrement piétonnes sont très agréables, avec des petits commerces un peu partout et une ambiance sympathique à la tombée de la nuit. Ça doit être très sympa d'y vivre, même si les environs immédiats sont un peu moins jolis que ce que l'on a pu voir dans la région.

Je suis rentré super content de notre (trop...) court week-end. Ça fait un bien fou, et c'est toujours amusant de croiser par hasard des Erasmus allemands actuellement à Bordeaux, qui viennent de Dresde et rendent visite un autre ami. L'Europe, c'est tout petit parfois. J'espère pouvoir y retourner en dehors d'une période de tempête, plus proche de l'été ! Par contre, c'est parfois handicapant de ne pas parler un seul mot de la langue du pays...

Autrement ici c'est ce soir le début d'un grand week-end (le pont du 11 novembre nous est offert par l'école), avec à la fin les interclubs dimanche. Ça va être sympa de refaire les interclubs, après trois ans d'arrêt (même si les temps ne sont plus au rendez-vous, le plaisir de nager reste :) ). Et puis vu les nages ou je participe, ça ne sera pas trop fatigant...

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